Nos dernières chroniques...

Nos dernières chroniques...


Affichage des articles dont le libellé est Suicide. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Suicide. Afficher tous les articles

jeudi 10 décembre 2015

Chronique : J'étais là de Gayle Forman


J’étais là de Gayle Forman.
(Genre : Jeunesse, Contemporain).

Editions : Hachette
Prix : 17€ (Partenariat)
Année de parution française : 2015
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : I Was Here.

  Résumé : Quand j’ai appris la mort de Meg, j’ai cru qu’elle me faisait une blague. Une de celles dont elle avait le secret. Elle avait tout prévu : la méthode, le lieu, ce qu’il faudrait faire de ses biens. Et même ce fichu mail, envoyé en différé, annonçant qu’elle en finissait avec la vie. Ensuite, il a fallu affronter la pitié des habitants de Plouc-la-ville. Faire face aux questions que je lisais sur tous les visages. Oui, Meg était ma meilleure amie. Non, je n’étais pas au courant. Pourquoi ne m’avait-elle rien dit ? Elle avait eu besoin de moi, et je n’avais pas été à la hauteur. Pourtant, j’étais là.


  Gayle Forman est notamment connue pour son livre « Si je reste » adapté au cinéma en 2014. Personnellement, j’avais plus aimé le film que le livre. Cependant, je voulais donner une seconde chance à l’auteure. Surtout que le sujet traité ici a attisé ma curiosité. Un thème sensible et dur mais dont les retours en VO et VF étaient bons. Du coup j’ai voulu tenter cette histoire. Surtout avec la couverture que je trouve magnifique. Au final j’ai vraiment passé un excellent moment malgré le sujet dur. Je ne regrette pas d’avoir retenté ma chance avec Gayle Forman.

  Autant vous dire que dès le début, on rentre dans le vif du sujet. On est direct confronté au mail laissé par Meg, la meilleure amie de Cody. Un mail qui explique qu’elle en a fini avec la vie, que ce n’est pas la faute de ses parents, ni celle de ses amis. Qu’elle n’en pouvait tout simplement plus. Grâce à la narratrice Cody, on se rend compte que l’envoie de ses mails était programmé. Que Meg avait tout prévu. Pourtant, on sent que quelque chose cloche, qu’il y a possiblement un hic. Du coup on se prend dans l’histoire et on cherche, tout comme Cody le fait.

  Cody est une jeune fille que j’ai beaucoup appréciée. Au fil de l’histoire on va se rendre compte de son évolution psychologique. Je trouve qu’elle va mûrir et grandir, jusqu’à comprendre les points essentiels de sa relation avec Meg. Cody est rongée par la culpabilité et ça se comprend, qui ne le serait pas. Avec ses petits bras, elle va mener sa propre enquête sur la mort de Meg. On sent la fille déterminée, courageuse d’apprendre la vérité, mais aussi fragile et délicate. Tous les chamboulements par rapport à sa vie et à sa famille vont être incroyables. Il y a des déclics qui vont forger la femme qui sommeille en elle. Les parents de Meg m’ont terriblement émus, jusqu’à en avoir les larmes aux yeux. D’une part dans la relation qu’ils entretiennent avec leur fille mais aussi avec Cody. Je vous laisse découvrir ça par vous-même. Le frère de Meg est aussi touchant, il a 10 ans, sait qu’on ne lui dit pas tout… mais c’est lui qui va mettre Cody sur la piste. Les gamins sont futés ! Il y a bien sur d’autres personnages, tous aussi importants dans l’histoire. Je trouve que chacun apporte quelque chose au récit, le complète dans sa manière de voir Meg.

  Le rythme est bon. Le fait qu’on se pose énormément de questions sur le pourquoi du comment du suicide, on engloutit les pages. On est curieux, même si ça peut paraître vicieux, de savoir LA raison. De plus Cody ne va cesser de bouger dans l’histoire, de faire des choses en cachète, d’enquêter. Les chapitres ne sont pas très longs et il y a beaucoup de dialogues : ça apporte une belle fluidité à l’intrigue. Ce que j’ai aussi apprécié c’est que plus on avance dans l’intrigue et plus on a l’impression de franchir un palier. Jusqu’à la révélation qui va tout changer.

  Le thème du suicide est je trouve très bien abordé. Ça ne tombe pas dans le drama et il n’est pas caricaturé. Gayle Forman développe les différentes étapes de reconstruction des victimes collatérales du drame : l’incompréhension, le trouble, la culpabilité et le deuil. Dans son roman l’amitié et ses complexités sont au cœur du récit. Quand on croit connaître quelqu’un sur le bout des doigts alors qu’en fait, on connaît juste 1/3 de sa vie. On ne cesse de se remettre en question et il est difficile d’accepter des choses qu’on croyait impensable. Mais Gayle Forman va au-delà du suicide, elle met en garde sur certaines pratiques, d’internet et de ses vicissitudes. On sent qu’elle a compris beaucoup de choses avant d’écrire et en écrivant son roman, chapeau !

  Son style est simple et efficace pour ce genre d’histoire. Cependant je m’accroche à dire que sa plume ne m’a pas plus émue que ça. C’est pourtant dommage puisque l’histoire est triste et profonde. Il n’y a qu’à la fin que j’ai failli verser ma larme. Alors peut-être que j’attendais plus de sentiments forts, je ne sais pas. Mais je n’ai pas été transporté par ce que ressentait Meg, en tout cas pas à chaque fois. La fin m’a plu par sa révélation et par son côté positif. Je trouve qu’on ressort changé en lisant ce roman. Qu’on en ressort moins bête qu’au départ. Je ne peux que vous inciter à lire « J’étais là », je ne regrette pas de l’avoir lu.

Ma note : 8/10.

Merci à Cécile et aux éditions Hachette pour ce partenariat !

mardi 22 septembre 2015

Chronique : Tous nos jours parfaits de Jennifer Niven


Tous nos jours parfaits de Jennifer Niven. (Genre : Jeunesse).

Editions : Gallimard Jeunesse
Prix : 17,50€ (Partenariat)
Année de parution française : 2015 (Sortie le 17 septembre)
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : All the bright places.

  Résumé : Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la « bête curieuse » de l’école. Il oscille entre les périodes d’accablement, dominées par des idées morbides et les phases « d’éveil » où il déborde d’énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s’est isolée et s’est laissée submerger par la culpabilité. Pour Violet et Finch, c’est le début d’une histoire d’amour bouleversante : l’histoire d’une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.


  « Tous nos jours parfaits » est un roman qui se rapproche du coup de cœur. Je ne pourrais pas vous mentir en vous disant que je n’ai pas apprécié le livre alors que c’est totalement le contraire. Pourtant, sa comparaison avec « Nos étoiles contraires » a vite fait de me refroidir. Lorsque je me suis lancé dans la lecture, je me suis rendu compte dès le début qu’il n’allait en rien pouvoir être comparé à l’œuvre de John Green. Le roman de Jennifer Niven est unique dans le traitement d’un sujet sensible : le suicide. La couverture est magnifique, je me serai sans hésiter retourner dessus en librairie. Et le résumé… je ne l’avais pas lu, pour avoir de la surprise lors de la lecture. J’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, un très bon bouquin !

  Dès le départ j’ai su que j’allais adorer. L’auteure nous place directement là où ça fait mal, n’hésite pas à mettre Violet et Finch dans une situation cocasse. Un saut et ça en est fini pour eux. Pour ceux qui ne se connaissent pas encore mais qui se retrouvent pourtant en haut de ce clocher au même moment. La vie est parfois faite de hasard et de conséquences. Ce qui est sûr, c’est que la rencontre entre Violet et Finch va amener des conséquences pour l’un et pour l’autre. L’auteure pose ses bases, nous présente ses personnages, leurs environnements, leurs vies et leurs problèmes. Avoir une vision d’ensemble est important dans ce roman pour bien comprendre les enjeux. Jennifer Niven a réussi à le faire, d’une manière aussi simple qu’efficace.

  Les personnages sont vraiment le cœur du récit. Ce sont eux qui le portent, qui le soulèvent pour l’exploiter et le rendre plus beau. D’un côté on a Violet, la jeune fille qui était avant populaire et aimée de tous. Depuis l’accident de voiture de sa sœur, elle voit la vie comme un long tunnel où il est difficile de sortir. Sa sœur était tout pour elle et l’avoir perdu l’a mise plus bas que terre. Puis il y a Finch, ce mec déluré, un peu timbré par ce qu’il entreprend. Quand on connaît son histoire, sa famille, son père… on comprend pourquoi il y a cette ambivalence chez lui. Pourquoi il peut-être aussi bien solaire que ténèbres. Pourquoi il cache son côté suicidaire. Finch est un garçon sensible et altruiste qu’il peut parfois cacher derrière son côté bizarre. Ce mec m’a parfois fait pouffer de rire et m’a parfois fait peur. J’aurai adoré avoir un ami comme Finch. Violet à son contact va évoluer au fil de l’histoire et se rendre compte que peut-être… d’une certaine manière, la vie vaut la peine d’être vécue. Entre eux, ce duo, ce couple est complémentaire. Chacun va apprendre de l’autre, chacun va tirer des enseignements de l’autre. Une complémentarité qui met en avant une relation humaine avant d’être une relation amoureuse.

  Le rythme est vraiment bon. Vous lisez, vous lisez et vous lisez encore sans butter sur aucun mot. Sans comprendre pourquoi les phrases coulent de source. C’est comme si cette histoire était faite pour moi, comme si elle me happait de l’intérieur. Je peux vous dire qu’il y a des passages où mon petit cœur a failli s’arrêter tellement j’avais mal. Les chapitres ne sont pas très longs, l’auteure alterne entre le point de vue de Finch et celui de Violet. On les comprend donc chacun de leur côté. Et on aimerait les aider chacun de leur côté. Le thème développé par Jennifer Niven est dur. Parler du suicide dans un livre est difficile, mais sachant que l’auteure a pu vivre ce qu’a vécu Violet. On sait qu’elle est faite pour raconter son histoire. On sait qu’on peut se fier aux sentiments qu’elle décrit et au ressenti qu’elle a pu éprouver. Le traitement de ce thème a été fait avec brio, sans chichi, sans superflu. Ça va droit au but, c’est efficace et ça fait réfléchir. C’est un des meilleurs romans sur ce thème que j’ai pu lire.

  Le style de Jennifer Niven est juste magnifique. Une fluidité incroyable. Les situations choisies permettent de mettre en scène les mots et elle a su les choisir avec une grande délicatesse. Je ne regrette pas d’avoir pu lire sa prose, d’avoir été au plus près de ses personnages. Et du même fait, de ce qu’elle a pu vivre. La fin est juste… je ne saurai qualifier la fin sans vous spoiler. Mais une chose est sûre, Finch a pensé à tout. Et quand je vous disais que ce gars-là est complètement altruiste, je pense que j’avais raison. Le petit bémol qui ne fait pas du livre un coup de cœur, quelques longueurs vers le milieu du roman. J’ai trouvé qu’on ralentissait un peu. Mais franchement à part ça, lisez ce roman, plongez vous dans les vies si tourmentés de Violet et Finch. Vous n’allez pas être déçus.

Ma note : 8,5/10.

Merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour ce partenariat !

mardi 9 juin 2015

Chronique : Le vide de nos coeurs de Jasmine Warga


Le vide de nos cœurs de Jasmine Warga. (Genre : Jeunesse).

Editions : Hugo & Cie
Prix : 17€ (Partenariat)
Année de parution française : 2015
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : My heart and other black holes.

  .Résumé : Aysel a pris sa décision : elle doit disparaître. Depuis que son père a provoqué l’accident fatal qui a marqué sa petite ville à jamais, la vie est devenue trop difficile à supporter. Cependant, elle n’est pas sûre d’avoir le courage d’y arriver seule. C’est alors qu’elle découvre Smooth Passages, un site qui lui permettra de trouver un compagnon pour oser sauter le pas. Elle choisit FrozenRobot, alias Roman, lui aussi victime d’une tragédie familiale.


  .La maison d’édition Hugo et Cie se lance avec « Le vide de nos cœurs » dans une nouvelle collection prénommé « New Way ». Des livres d’un nouveau genre qui abordent des thèmes difficiles. Le roman de Jasmine Warga a des chroniques élogieuses sur la blogo. Je devais donc me faire mon propre avis sur la question. La couverture reflète bien l’histoire même si elle peut ne pas attirer l’œil. Je n’avais en tête que le thème principal du roman. Ce récit ne m’a pas emporté comme je l’aurai voulu… sympa mais sans plus.

  .Pourtant le début commençait bien. L’auteure nous plante le décor de la vie d’Aysel, de son envie de se suicider à cause de ce que son père a fait. On est de suite plongé dans la recherche du partenaire de suicide. Et très vite nos personnages principaux vont se rencontrer. Pourtant, il y a un je ne sais quoi qui ne m’a pas permis de rentrer entièrement dans l’histoire. Je ne saurai dire pourquoi. Peut-être que j’en attendais plus ? Ou que je m’attendais à autre chose ? Possible…

  .Parce que déjà quand on vous dit que le personnage féminin s’appelle Aysel, j’ai de suite pensé à Hazel dans « Nos étoiles contraires ». Ca ne s’écrit pas de la même manière, mais le prononcé oui. En fait, je pense que c’est principalement à cause d’Aysel que je n’ai pas accroché à l’histoire. Je ne l’ai pas trouvé à la hauteur de l’enjeu. Son caractère ne m’a pas vraiment plus et je l’ai trouvé gamine. Par moment, j’appréciais ses réflexions. A d’autres occasions elle était égoïste et ne pensais pas à sa famille. Elle ne pense qu’à son objectif sans se remettre en question une seule fois, avant l’évènement qui me la rendra plus attachante. Quant à Roman, je l’ai beaucoup plus aimé qu’Aysel. D’une part parce qu’on ne sait pas de suite le pourquoi de l’envie du suicide. Et puis ce bonhomme est plus droit, carré et moins gamin qu’Aysel. Je tenais à dire que les mamans des deux gosses m’ont beaucoup ému… je craque toujours pour les parents dans les romans.

  .Le rythme est assez bon. Les chapitres ne sont pas très longs dans le roman. Les événements s’enchainent bien et l’auteure sait où elle va. Cependant, il y a deux ou trois choses que j’aurai amenées différemment. Notamment sur le « secret » qu’Aysel cache à Roman. Ou sur l’évolution de leur relation. Pour amener plus de fluidité et plus de rythme, j’aurai accéléré certains évènements. Ou ralenti d’autres à l’inverse. Vous savez quoi, ce qui m’a le plus gêné c’est que pendant ma lecture, je n’arrêtais pas de me dire : « l’auteure aurait dû écrire du point de vue de Roman ». Et je suis sur que le roman aurait été davantage touchant et prenant. Son point de vue aurait été essentiel.

  .Le thème traité est vraiment difficile et je trouve que Jasmine Warga l’a bien traité. De la dépression au suicide, il n’y a qu’un pas. Et l’auteure retrace bien ce phénomène à travers ses personnages. Dans un sens c’est ce qui les rend plus réels à nos yeux. Ils ont de bonnes réflexions sur le sujet du suicide et l’aborder à deux a été une bonne idée. L’amour, l’espoir, la reconstruction sont aussi des thèmes abordés de manière intelligente. Et les cent dernières pages sont celles qui m’ont le plus plu. Le plus tenu en haleine tellement j’avais hâte que tout explose.

  .L’écriture de l’auteure est simple. Mais elle permet une fluidité du récit indéniable. Après, j’aurai aimé ressentir davantage de choses en lisant. Moi qui pensais pleurer avec ce roman, ça n’a pas été le cas. Je regrette par contre les nombreuses coquilles présentes dans le bouquin… c’est dommage. Vous savez ce que j’ai apprécié aussi, c’est le thème des sciences. Thème qui va de paire avec le sujet du bouquin. Et l’auteure étant experte de la physique, ça se voit et c’est agréable. La fin elle m’a plu, emprunte d’une touche d’espoir et de renouveau. N’oubliez pas que mon avis est personnel et qu’il n’engage que moi. Si vous voulez tenter ce livre, n’hésitez pas. Nombreuses sont les blogueuses à avoir aimé « Le vide de nos cœurs ».

.Ma note : 6,5/10.

Merci à Youboox et aux éditions Hugo & Cie pour ce partenariat !