Nos dernières chroniques...

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dimanche 9 avril 2017

Chronique : À tort ou à raison d'Alix Nichols


À tort ou à raison d’Alix Nichols.
(Genre : Romance, Contemporain).

Editions : Autoédité
Prix : 3,99€ (ebook)
Date de parution française : 2 mars 2017
Année de parution originale : 2014
Titre version originale : La Boheme, Book 4 : Under My Skin.

  Résumé : Quand Jeanne, la fougueuse barmaid, et Mathieu, l’ancien crapaud devenu prince charmant, se croisent dans une fête de fiançailles, un baptême et un mariage, ils ne peuvent s’empêcher de se toucher des yeux… et des mains. Mais Mathieu est un politicien plein d’ambition, en couple avec une femme exquise, et il sait exactement ce qu’il veut avoir fait de sa vie d’ici cinq ans. Tomber à nouveau amoureux de Jeanne ne fait pas partie de ses projets.


  Avant de démarrer cette chronique, je tiens à remercier Alix Nichols. Tout d’abord de m’avoir proposé son livre et ensuite, pour la confiance qu’elle m’accorde à chaque fois (ah oui, et pour sa patience aussi !) Je dois dire que ce tome si m’a davantage plu que Un rêve inattendu. Plus court et donc plus rythmé. La couverture est aussi sympathique. Le résumé m’a aussi tenté parce que je savais que j’allais retrouver des personnages déjà vu. Au final, même s’il y a quelques défauts, j’ai passé un agréable moment de lecture.

  Ce que j’ai apprécié c’est que l’auteur rentre directement dans le vif du sujet. On fait la rencontre de Jeanne, cette serveuse avec un fort tempérament. Et Mathieu de l’autre côté, qui a bien changé depuis l’histoire de Un rêve inattendu. Au début, Jeanne ne reconnaît pas Mathieu, qui l’attire soit dit en passant. Et Mathieu… devenu beau gosse, a toujours aimé Jeanne. Les deux vont se parler, échanger, sentir une attraction. Mais le souci, c’est que Mathieu est en couple. J’ai donc eu envie de voir comment ces deux là allaient s’en tirer.

  J’ai beaucoup aimé les personnages. Jeanne ne m’attirait pas plus que ça dans le roman précédent. Pourtant ici, j’y ai découvert une fille sensible, qui se cache sous une carapace. Elle a un tempérament de feu (et on l’aime pour ça), je dois dire que j’ai aimé sa franchise et sa droiture. Elle sait ce qu’elle veut (ou pas), et c’est appréciable. Je l’ai davantage apprécié et la rebelle que je connaissais s’est envolée, pour se transformer en femme. Quant à Mathieu, je n’ai pas compris ses choix même s’il est fortement attiré par Jeanne. Se savoir en couple et… Bon ok, je sais que c’est le jeu, mais il faut d’abord apprendre à le connaître dans son intégralité pour ensuite savoir. Et là, je me suis dit qu’il ne pouvait pas faire autrement. C’est en tout cas un homme plein de charme qui va se révéler au fil de l’histoire.

  Le rythme est totalement meilleur au précédent livre. Les chapitres correspondent à un mois de l’année. Du coup, on voit l’avancée des personnages dans un long laps de temps : très appréciable. Et les chapitres ne sont pas très longs, ce qui apporte de la fluidité au récit. Il y a en même temps plusieurs petites intrigues qui apportent du dynamisme. Franchement je ne me suis pas ennuyé, il n’y a pas de petites longueurs, ce que j’avais reproché dans Un rêve inattendu.

  L’auteur aborde ses sujets d’une belle manière : avec délicatesse et franchise. Elle nous parle d’amour, de couple en général, de travail, d’immigration, de femmes battues. Bref tout un panel de thèmes qui peut nous faire réfléchir et avancer dans notre propre vie. Peut-être certaines choses auraient dû être un peu plus développées. Des scènes un peu plus mis en valeur par le temps et les réflexions des personnages. Ce n’est qu’un ressenti personnel. L’histoire aurait gagné en sensibilité.

  Ce qui me peine encore une fois, c’est que je n’ai pas été emporté par la plume de l’auteur. J’ai ressenti deux-trois petites choses par-ci, par-là, mais sans plus. C’est dommage parce que j’aurais voulu être plus emporté que ça. Bon et ce final… quelle frustration totale. Je lisais la dernière scène (en fait sans le savoir) et bim, c’était fini ! J’aurais apprécié un petit épilogue 2 ans plus tard. Ça aurait apporté un peu de fraîcheur et les cœurs sensibles l’auraient savouré. Même si le roman est court, Alix Nichols sait raconter des histoires avec un certain talent. Je vous recommande cette lecture. Avec le printemps qui revient, c’est le genre de récit qui fait du bien !

Ma note : 7,5/10.

Merci à Alix Nichols pour ce partenariat !

samedi 8 avril 2017

Chronique : L'organisation - Tome 1 : Piégée de Lindsey T.


L'organisation - Tome 1 : Piégée de Lindsey T.
(Genre : Romance)

Editons BMR
Prix : 9,99€ (ebook)
Date de parution originale : 24 mars 2017

  Résumé : Elle est blessée, seule. Il est fort et promet de la protéger. Mais qui est-il vraiment ?
Laissée pour morte lors d'un braquage dans la banque où elle travaille, Lori s'en sort miraculeusement. À l'hôpital, elle découvre à son chevet Ryan, chargé de sa protection. Elle accepte de le suivre dans un chalet isolé où elle doit se cacher avec lui et son collègue Marco. Sur place, malgré l'arrogance de Ryan, elle succombe à son charme, mais découvre qu'il faisait partie des braqueurs. Terrifiée, elle parvient à s'enfuir. Deux mois plus tard, elle vit cachée en ville lorsqu'elle est victime d'une nouvelle attaque. Elle n'a la vie sauve que grâce à l'intervention de Ryan. Bouleversée, Lori doit s'en remettre à cet homme à l'identité trouble. Ryan lui avoue alors qu'il fait partie d'une agence secrète, l'Organisation, œuvrant dans l'ombre pour le gouvernement.


  Pour commencer, je remercie les Éditions Hachette pour l’envoi de cet ebook. En lisant le résumé sur NetGalley, j’ai eu très envie de découvrir cette romance. Une histoire d’amour compliquée avec une intrigue qui laisse présager un suspense tendu. Il ne m’en fallait pas plus !

  Dès le premier chapitre, l’auteur rentre dans le vif du sujet. Quand quatre hommes masqués et armés débarquent dans la banque où elle travaille, Lori a juste le temps de se glisser derrière la première porte qui se trouve devant elle. Malheureusement, c’est dans cette pièce que se trouve ce que convoitent les braqueurs. Alors que les malfaiteurs sont sur le point de quitter les lieux, son téléphone choisit ce moment pour émettre le bip d’avertissement : batterie faible… Et les ennuis commencent ! En à peine un chapitre, Lindsey T. arrive à nous accrocher et installe le climat dans lequel notre héroïne va devoir évoluer.

  Lori est une jeune femme accomplie. Elle n’a que 25 ans, mais elle a déjà vécu son lot de drames qui l’a fait mûrir plus vite. Elle est indépendante et solitaire, ne comptant que sur elle-même. Je l’ai beaucoup aimé, elle sait ce qu’elle veut, c’est une vraie battante. J’ai aimé la voir complétement déstabilisée à son réveil à l’hôpital. Quand elle découvre que Ryan est là pour la protéger, mais qu’elle est subjuguée par tout ce qu’il dégage. Et je dois dire que comme Lori, j’ai été intriguée par Ryan. Avec son regard perçant et sa stature rassurante, je pense qu’il aurait pu me séduire moi aussi ^^. Malgré tout, j’ai été surprise par la rapidité avec laquelle Lori tombe dans les bras de son protecteur. Finalement cette réaction, cette urgence, s’explique par le traumatisme qu’elle vient de subir et son besoin de se sentir vivante.

  Comme je le supposais, l’auteur nous entraîne dans une histoire riche en actions et en rebondissements. Ce premier tome est un vrai page-turner. La romance est présente, mais à juste dose. Au début, je pensais avoir du mal à m'attacher à Lori ou Ryan : Lyndsay T. choisit une narration à la troisième personne. Cependant le point de vue alterné de nos personnages permet de mieux les cerner et d’éprouver ce qu’ils ressentent. Elle réussit l’exercice grâce à sa plume fluide et captivante. Elle arrive brillamment à transmettre au lecteur les émotions, les doutes et les réflexions de ces personnages.

  J’ai également beaucoup aimé deux personnages qui font leur apparition vers le milieu du roman. La pétillante Mia et son acolyte Jack. Lindsey T. les présente en révélant juste assez de leur personnalité pour que le lecteur veuille mieux les connaitre. Ils seront les prochains héros de L’organisation avec le tome 2 : Traquée. Je le lirai d’ailleurs avec plaisir en espérant retrouver un peu Lori et Ryan.

Ma note : 7,5/10

Merci à NetGalley et aux éditions BMR pour ce partenariat !

mercredi 5 avril 2017

Chronique : Caraval - Tome 1 de Stephanie Garber


Caraval – Tome 1 de Stephanie Garber.
(Genre : Fantastique, YA).

Editions : Bayard
Prix : 17,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 8 février 2017
Année de parution originale : 2016
Titre version originale : Caraval, Book 1.

  Résumé : Scarlett et sa petite sœur Donatella n’ont jamais quitté l’île où leur père, un homme cruel et tyrannique, les retient captives. À 17 ans, alors qu’elle est sur le point d’être mariée à un inconnu, Scarlett reçoit une lettre de Légende, le maître du jeu Caraval. Cette année, Caraval aura lieu sur l’île des Songes, et Scarlett est invitée ! Depuis toute petite, elle rêve d’assister à ce jeu légendaire et fabuleux… Aidées par Julian, un mystérieux marin, les deux sœurs s’enfuient. Mais à leur arrivée sur l’île des Songes, Donatella est kidnappée par Légende. Scarlett entre alors dans Caraval avec Julian. Si elle ne retrouve pas sa sœur avant que les cinq nuits du jeu soient écoulées, celle-ci disparaîtra pour toujours…


  Caraval avait tout pour me plaire : un résumé attrayant et mystérieux, une couverture ultra magnifique (passons le pléonasme) et des retours sensationnels ! Surtout que la communication autour de ce bouquin n’a pas manqué. J’ai donc écouté ma curiosité et me suis laissé tenter. Au final, même si j’ai passé un bon moment, je ressors un peu déçu de ma lecture. Je vous explique pourquoi de suite !

  Le début m’a semblé prometteur. Stephanie Garber plante le décor de son histoire. Nous présente Scarlett et Donatella, tout comme leur contexte familial et leur environnement. On se rend très vite compte qu’accéder à Caraval (que ce soit en tant que spectateur ou joueur) est très difficile. De plus, on est très vite mis en situation puisque les deux sœurs vont se retrouver sur l’île des Songes au bout d’une cinquantaine de pages. Du coup, j’ai été curieux de voir comment ce jeu pouvait être mis en scène. Et c’est à ce moment là que j’ai été un peu déçu.

  J’ai beaucoup apprécié Scarlett au départ. Sa vie de famille n’est pas des plus simples avec son père qui la bat lorsque sa sœur fait des bêtises, et inversement. Elle est promise à un Duc avec lequel elle entretient un échange épistolaire sans l’avoir vu. Sa naïveté m’a beaucoup touché tout comme son innocence. Son caractère un peu buté, arrêté dans ses idées, ne m’a pas déplu. Pourtant, Scarlett est une jeune femme sans surprise. On devine à l’avance ce qu’elle va éprouver comme sentiment. Et sa naïveté au départ touchante m’a paru agaçante au fil des pages. Elle évolue certes, mais sa remise en question ne se fait pas assez rapidement. J’ai complètement été berné par Julian et par le rôle qu’il joue dans l’histoire. Même si je faisais confiance à Scarlett sur ce qu’elle ressentait pour lui… je n’arrivais pas totalement à le cerner. Bref de bons personnages mais qui auraient mérité plus de profondeur et d’être moins centrés sur eux-mêmes.

  Le rythme de l’histoire est en lui-même bon. Les chapitres ne sont pas très longs et amènent de la fluidité au récit. Le point de vue interne de Scarlett est bien maîtrisé et les petites lettres apportent une touche d’originalité au roman. Ce que je n’ai pas aimé, c’est l’agencement de l’histoire, des énigmes et des choses qui restent trop mystérieuses. J’ai trouvé que les 5 jours passés à Caraval étaient étirés en longueur. Il y a des passages qui n’apportent rien à l’histoire et d’autres qu’on aimerait voir plus développés. Je reste encore perplexe sur des points.

  L’univers aurait pu être top s’il avait été encore plus approfondi. On me vend de la magie, un jeu où il faut se méfier des apparences et où un compte à rebours est lancé. J’aurais aimé que tout soit plus développé. Je n’ai pas eu ma dose de magie… ou alors j’ai été bien trop terre à terre pendant ma lecture. Je me suis méfié des apparences mais à force de se méfier de tout et de tout le monde, on devient assez parano. Il aurait fallu une personne franche dans l’histoire, du côté des acteurs de Caraval. Et cette notion de compte à rebours pour retrouver Donatella, n’y était pas vraiment. Oui on sent les jours défilés mais j’ai eu l’impression que les énigmes ne pouvaient être trouvées que par Scarlett, et pas par le lecteur. En fait je m’attendais clairement à lire un autre scénario. C’est peut-être pour ça que j’ai été un peu déçu.

  Enfin, l’écriture de l’auteur est intéressante mais il y a beaucoup trop de fioritures. C’est guindé en description et franchement, il y a des fois où j’en avais marre qu’elle me décrive les robes et les costumes des personnages. Bon sang, je voulais de l’action ! Mais je reconnais qu’elle possède une belle plume. Et puis cette fin m’a quand même surpris (dans le bon sens du terme). Je ne sais pas si je lirai la suite. Je suis curieux mais seul le temps me le dira… En tout cas, vous devez vous faire votre propre avis sur ce livre. Le mien n’engage que moi !

Ma note : 7/10.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat !

lundi 3 avril 2017

Chronique : J'ai avalé un arc-en-ciel d'Erwan Ji


J’ai avalé un arc-en-ciel d’Erwan Ji.
(Genre : Jeunesse, Contemporain).

Editions : Nathan
Prix : 16,95€ (Partenariat)
Date de parution originale : 2 mars 2017

  Résumé : Je m’appelle Capucine, mais on m’appelle Puce. J’ai dix-sept ans, la peau mate et un accent de Montpellier. Enfin, l’accent, c’est quand je parle français. Je vis aux États-Unis depuis que j’ai trois ans. Cette année, il m’est arrivé un truc phénoménal. Retournement de vie, frisson géant, secousse cosmique... Vous appelez ça comme vous voulez, mais la vérité...c'est que j'ai avalé un arc-en-ciel.


  C’est parti pour mon premier avis en tant que chroniqueuse chez Enjoy Books ! J’espère que mes avis vous donneront envie de découvrir de nouvelles lectures. Quand Mathieu m’a proposé celle-ci, j’ai trouvé le résumé si mystérieux que j’ai de suite eu envie de le lire. C’est d’ailleurs dommage que la couverture en révèle plus que la quatrième. Quoi qu’il en soit, j’ai passé un bon moment en compagnie de Capucine.

  Capucine, alias Puce, est une jeune fille de 17 ans. À la veille de sa dernière rentrée scolaire dans son college prep (une école privée qui prépare aux universités), elle se lance dans la tenue d’un blog. Capucine est franco-américaine, expatriée aux États-Unis depuis ses 3 ans. Elle décide donc d’écrire en français, afin de pouvoir parler librement de sa vie et de ses camarades.

« Écrire mon blog, c’est comme parler à des amis. Mais parfois, on n’a pas envie de parler à ses amis, on a juste envie d’un peu de silence. »

  Au fil des articles qu’elle publie, Puce nous livre son quotidien. Comme elle pourrait le faire dans un journal intime. Pourtant elle s’adresse directement à nous, ses lecteurs. Elle nous dévoile non seulement ses états d’âme, mais également des anecdotes sur les coutumes des lycées américains. J’ai adoré suivre Capucine et tous ses camarades dans cette dernière année de lycée. Nous la voyons changer petit à petit, se poser des questions sur elle et le monde qui l’entoure. Nous ressentons son évolution à travers la façon dont elle s’exprime. Et chose surprenante, je me suis attachée autant à Puce qu’à ses amis.

  Ce roman est à l’image de son héroïne : frais et pétillant. Un livre « feel-good » qui tire son épingle du jeu. Même si sa fin est prévisible, l’histoire de Capucine est touchante et réaliste. En effet, si nous y rencontrons des sujets mainte fois abordés (l’amitié, l’adolescence, les premiers amours ou encore, la sexualité et la recherche de soi), l’auteur réussit à le faire de manière très originale et subtile. J’ai beaucoup aimé découvrir les rituels qui rythmaient la vie de ces lycéens. J’avoue, je les ai même enviés. Je me serais tellement amusée dans certains rites imposés par ce College prep. Une façon très ludique de prendre conscience de la cohésion de groupe et d’apprendre des autres autant que de soi.

  La plume de l’auteur est fraiche et moderne. Il nous raconte avec tolérance et délicatesse une histoire, sans jugement, très émouvante et d’une étonnante justesse. Un premier roman bien travaillé et abouti qui traite d’un sujet encore trop tabou et mal perçu en France. Je lirai avec plaisir les prochains livres d’Erwan.

Ma note : 8.5/10

Merci à Samia et aux éditions Nathan pour ce partenariat !

mercredi 29 mars 2017

Chronique : J'ai toujours cette musique dans la tête d'Agnès Martin-Lugand


J’ai toujours cette musique dans la tête d’Agnès Martin-Lugand.
(Genre : Contemporain).

Editions : Michel Lafon
Prix : 18,95€ (Partenariat)
Date de parution originale : 16 mars 2017

  Résumé : Yanis et Véra ont la petite quarantaine et tout pour être heureux. Ils s’aiment comme au premier jour et sont les parents de trois magnifiques enfants. Seulement voilà, Yanis, talentueux autodidacte dans le bâtiment, vit de plus en plus mal sa collaboration avec Luc, le frère architecte de Véra, qui est aussi pragmatique et prudent que lui est créatif et entreprenant. La rupture est consommée lorsque Luc refuse LE chantier que Yanis attendait. Poussé par sa femme et financé par Tristan, un client providentiel qui ne jure que par lui, Yanis se lance à son compte, enfin…


  LIVRE COUP DE CŒUR ! Comme chaque année depuis 3 ans, j’attends le roman d’Agnès Martin-Lugand avec une grande impatience. La majorité ont été des coups de cœur et celui-ci ne fait pas exception à la règle. J’ai toujours une petite appréhension en commençant ses histoires. Peur de ne pas retrouver ce que j’avais aimé la fois précédente. Peur aussi de ne pas retrouver les mêmes sentiments éprouvés. Pourtant à chaque fois, je me fais berner… et j’adore ça ! J’avoue ne pas être totalement fan de la couverture. Je vous avoue également que je n’avais pas lu le résumé avant de débuter ma lecture. Je fais confiance à l’auteur et avec Momoko, ma comparse de lecture, on a bien fait.

  L’auteur démarre fort dès le début avec un prologue assez bizarre. On suit un homme sortant de l’atelier d’architecte de Luc et Yanis. L’homme en question croise sur son chemin Véra et ses enfants, se rendant au travail de son mari (Yanis). Ce point de vue m’a mis mal à l’aise, comme si j’étais en train d’épier cette petite famille. Mais ça a le mérite d’intriguer et de rendre curieux. L’histoire commence ensuite. On fait la rencontre de Véra, Yanis, leurs enfants, Luc, Charlotte et Tristan. Comment vous dire que dès les 40 premières pages, j’ai ressenti les choses intensément. Et j’ai même failli avoir ma larme ! Chapeau à Agnès Martin-Lugand pour ça.

  Les personnages m’ont tellement touché. Surtout Véra et Yanis en ayant leur deux voix dans le roman. Véra est une femme exquise, amoureuse, sensuelle, altruiste… elle donne tellement aux autres. Et son bonheur est communicatif. La voir entourée de sa famille et de ses amis, c’est tellement gratifiant, énergisant. C’est la femme qui fait des choix audacieux, qui a le sens des priorités et qui sait observer. Yanis est un homme profondément bon, touchant par son côté enfantin et par son manque de confiance. Ces deux là ont fait battre mon petit cœur. Surtout avec la scène de la rencontre et ce rituel où ils se murmurent : « J’ai toujours cette musique dans la tête ». Luc, Charlotte, les enfants (surtout Joachim) ou encore Tristan sont des personnages à découvrir absolument. Tous sont creusés, approfondis pour en devenir presque réel… et c’est ce qui est si bon avec les histoires de l’auteur.

  Lorsque je lisais, je n’avais pas envie de m’arrêter. Même si les chapitres sont un peu longs, les mots s’avalaient et se dégustaient. L’alternance des points de vue donne au récit cette fluidité qui lui va bien. J’ai pensé au départ que le roman était un peu lent, que tout était peut-être trop facile pour nos personnages… mais au final, Agnès Martin-Lugand distille des indices dans son histoire. Des éléments qui nous font dire que c’est bien plus compliqué que ça en a l’air en surface. On s’imagine plein de choses, même le pire. Surtout quand on est du point de vue de Véra et qu’on ne dispose pas de celui de Yanis : grande frustration. En fait, l’auteur prépare son terrain pour la suite. C’est comme si on était au sommet d’une montagne et que d’un coup, on était poussé dans le vide.

  Les sujets abordés par l’auteur sont tellement intéressants et vrais. Elle nous parle d’amour, de famille, d’amitié, d’ambition professionnelle et surtout de choix de vie. Ce sont des thèmes bien traités, avec une réelle réflexion autour de chacun d’eux. Comment un couple au sommet de leur bonheur peut-il dégringoler aussi bas à cause de sacrifices ? Est-ce que ces sacrifices en valent-ils vraiment la peine ? En écrivant la chronique, j’ai certaines phrases qui me reviennent en tête. Des phrases touchantes, émouvantes, qui m’ont limite fait pleurer parce que c’est d’un réalisme fou. Tout comme d’une sincérité folle. Les personnages sont vrais et ne se cachent pas, c’est là toute la force des romans de cette auteure française.

  Est-ce que je parle de la plume d’Agnès Martin-Lugand ? Oui forcément, pour ceux n’ayant pas encore lu les ouvrages de l’auteur. Une plume qui vous transporte littéralement dans le quotidien des personnages. Vous voyez les scènes comme dans un film : vous voyez Véra chuchoter à Yanis du bout des lèvres « J’ai toujours cette musique dans la tête. Vous voyez Yanis remettre une mèche de cheveux de Véra derrière son oreille… Ce côté visuel amène forcément un fort ressenti émotionnel. Et c’est grâce à son style que l’auteur nous procure tout ça. La fin m’a beaucoup plu même si j’ai eu assez peur. Agnès Martin-Lugand signe encore une fois un roman sincère, beau et touchant. Une histoire sur les choix d’une vie, sur l’évolution d’une carrière et sur la volonté qu’on y met à la réussir. C’est un roman différent de ce qu’elle a pu écrire… mais c’est toujours aussi bien ! Vivement le prochain, merci Agnès !

Ma note : 9,5/10.

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

La chronique de Momoko pour cette lecture commune : ICI.

mardi 21 mars 2017

Chronique : Nos cœurs tordus de Séverine Vidal & Manu Causse


Nos cœurs tordus de Séverine Vidal & Manu Causse.
(Genre : Contemporain, Jeunesse).

Editions : Bayard Jeunesse
Prix : 13,90€ (Partenariat)
Date de parution originale : 1er mars 2017

 Résumé : Vladimir, dit Vlad, a les genoux qui se cognent et les mouvements désordonnés d’un pantin désarticulé… Handicapé de naissance, il est passionné de cinéma, drôle, sensible, généreux et n’a pas sa langue dans sa poche. Lou est séduite… et Vlad tombe amoureux. Mais Lou sort avec Morgan…


  Ce roman m’a tenté pour plusieurs raisons : les thèmes qu’il aborde, son résumé et sa couverture, qui sort de l’ordinaire. Le titre aussi m’a paru assez mystérieux… comment peut-on avoir le « cœur tordu » ? On comprend très vite pourquoi au fil de notre lecture et on se rend compte que le titre est bien trouvé. Au final, j’ai passé un excellent moment en lisant ce bouquin. J’ai adoré !

  Les auteurs ne font pas dans le détail. On attaque directement avec la présentation des personnages principaux : Vladimir, Dylan, Saïd, Flachard et Mathilde. Chaque protagoniste a son point de vue dans le récit. On se rend très vite compte que cette histoire à plusieurs voix va être géniale. J’ai en tout cas été curieux de voir ce qu’il en était. Et je n’ai pas été déçu.

  Chaque personnage est unique, touchant à sa manière et on a envie de l’accompagner quoi qu’il fasse. Vladimir a le bas du corps complètement tordu, Dylan est atteint de trisomie 21 et Mathilde est en fauteuil roulant. Ce sont les 3 personnages handicapés que l’on va suivre. Chacun a son caractère, ses envies, sa façon de voir le handicap et ses répercussions. Mais aussi, ses aspirations pour l’avenir. Ce qui fait la force du roman, c’est qu’on suit aussi des personnes valides. Dylan c’est le petit rebelle du collège. Pourtant pour sa dernière année, il va essayer de se faire discret pour qu’on le laisse tranquille. Et Flachard… le principal adjoint dans la panade à cause du principal en arrêt maladie depuis la rentrée. Deux styles de personnages qui se mêlent, s’emmêlent et se démêlent pour notre plus grand plaisir. J’ai apprécié les suivre, les connaître. Et j’ai trouvé qu’ils dégageaient une très grande maturité ainsi qu’une justesse incroyable.

  Le rythme de l’histoire est bon. Le lecteur est vite embarqué dans les péripéties des personnages. En plus le roman est divisé en mois de l’année et les différents points de vue apportent une fluidité à toute épreuve. Vous aurez tout le temps envie de tourner les pages pour découvrir ce qu’il s’y passe. Les auteurs, en balayant une année scolaire entière, permettent de voir toute l’évolution des personnages. Et du chemin, ils en font !

  Les thèmes sont très bien abordés. Le handicap sous différentes formes, l’amitié, l’amour, les relations au sein de la famille. Mais aussi le regard des autres par rapport au handicap et comment les handicapés se perçoivent par rapport aux valides. Ce sont des sujets importants et peu traités dans la littérature jeunesse. Ils nous apprennent à être tolérant et à réfléchir sur nos propres conceptions des handicaps. Dans l’intrigue on y parle beaucoup de cinéma et de dépassement de soi. J’ai beaucoup apprécié cette partie également.

  L’écriture des auteurs est simple mais touchante à la fois. J’ai beaucoup rit de certaines situations comme j’ai pu avoir la petite larme à certains moments émouvants. On ne peut être qu’emporté dans ce roman. Dommage qu’il ne soit pas plus long, ou que certains passages ne soient pas davantage développés. Peut-être une suite est-elle envisagée ? Parce que j’ai adoré la fin, tout simplement. Un roman jeunesse que je vous recommande fortement. Vous passerez un agréable moment et vous aurez un regard différent sur le handicap.

Ma note : 8,5/10.

Merci aux éditions Bayard Jeunesse pour ce partenariat !

dimanche 19 mars 2017

Chronique : Immaculée - Tome 2 : Transcendante de Katelyn Detweiler


Immaculée – Tome 2 : Transcendante de Katelyn Detweiler.
(Genre : Contemporain, YA).

Editions : Robert Laffont
Prix : 17,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 16 février 2017
Année de parution originale : 2016
Titre version originale : Immaculate, Book 2 : Transcendent.

  Résumé : Lorsque des terroristes font sauter une bombe à Disney World, Iris Spero a la même réaction d’horreur que tout un chacun. Peu après, un inconnu sonne chez elle, à Brooklyn, pour lui révéler les mystérieuses circonstances qui ont entouré sa naissance. Tout ce qu’elle croyait savoir sur ses parents et sur elle-même se révèle être un mensonge… Les médias ne tardent pas à s’en mêler, puis les familles des victimes de Disney World, transformant du tout au tout la vie tranquille d’Iris. Mais comment cette jeune fille seule peut-elle panser les plaies d’un monde brisé ?


  Contrairement à certains, j’avais adoré le tome 1 de ce diptyque. Je l’avais trouvé touchant, juste et très bien écrit ! J’avais donc hâte de savoir comment la suite allait être construite. Comment l’auteur a pu se renouveler tout en sachant que les enjeux sont un peu les mêmes ? La couverture est magnifique, identique à la VO. Cette ambiance avec ce bleu, j’adore ! Avec ce tome 2 j’ai passé un bon moment. Peut-être pas autant que le tome 1, mais j’ai adoré suivre Iris dans sa quête d’identité.

  L’auteur commence très fort en nous relatant l’attentat ayant lieu à Disney World. Comment Iris, jeune ado de 17 ans l’a appris et ce qu’elle a ressenti. On se met donc directement dans l’ambiance avec ce prologue. Puis le chapitre 1 commence. On en apprend plus sur Iris, ses parents, son frère et ses amis. Ce qu’elle aspire à faire pour l’avenir ainsi que ses envies et ses passions. C’est une bonne mise en bouche. J’ai dès le départ eu des questions concernant ses parents. Et ceux ayant lu le tome 1 peuvent me comprendre. Après une cinquantaine de pages, tout bascule pour notre protagoniste.

  J’ai adoré Iris. C’est un personnage très touchant et très mature dans le roman. Ses réflexions, son sens moral, sa loyauté et ses aspirations font d’elle une personne à part. J’ai de suite remarqué dans son comportement ce petit quelque chose en plus. LA chose faisant d’elle, plus que tous les autres, un être spécial. Lorsqu’elle prend conscience qu’elle peut agir, je l’ai encore plus aimé. C’est une fille remplie d’altruisme et ça donne une belle leçon de vie. D’autres personnages m’ont énormément plu comme Zane, Zoey, les parents d’Iris, ses amis, son frère, ses grands-parents ou encore ses tantes. Tous les personnages ont une importance dans cette histoire. De près ou de loin, ils sont Iris, la portent et la protègent. Une belle panoplie de personnes qui rend cette histoire intensément touchante.

  Le rythme est bon même si j’ai trouvé le début assez lent. Certes, Iris va faire des découvertes sur sa naissance et sur ses parents. Mais il y a tout un temps où elle reste dans l’ombre, sans rien faire, à réfléchir. J’ai trouvé sa réaction tout à fait normale. Après tout si des journalistes et des personnes en furie campaient devant ma maison, moi aussi je serais allé autre part. Mais elle met trop de temps à se rendre compte qu’elle peut agir à sa façon. Bien que les chapitres soient parfois longs, cela n’empêche pas le lecteur de lire vite. Il se passe beaucoup de choses. On se pose beaucoup de questions sur Iris et son côté spécial, ses parents ou même Zane. Et ce n’est pas plus mal après tout.

  Comme dans le tome 1, l’auteur aborde bien ses sujets. Elle le fait de manière réfléchie, construite et censée. Que ce soit au niveau de la famille et de l’amour qu’on porte les uns aux autres. A l’amitié mais aussi aux responsabilités qui reposent sur les épaules d’Iris. Aux médias et aux fanatiques qui soient croient Iris capable de faire quelque chose, ou bien au contraire, pas du tout. C’est cruellement réaliste, ça fait parfois même peur. Mais on retient au moins une chose, les événements ne sont pas le fruit du hasard. On rencontre des personnes pour une bonne raison. Elles nous aident et nous permettent de nous accomplir. En rencontrant Zane et Zoey, Iris va trouver les réponses à ses questions. Je regrette juste que parfois le roman soit un peu prévisible. C’est mon plus gros bémol.

  La plume de Katelyn Detweiler est intéressante parce qu’elle permet au lecteur de ressentir des choses. J’étais déjà de ceux qui avaient trouvé le tome 1 émouvant, c’est encore le cas ici. Toutes les épreuves qu’Iris traverse, on les traverse avec elle. La fin m’a beaucoup plu. Ce petit clin d’œil au tome 1 et à cette personne par qui tout a commencé. Je n’aurais pas pu faire mieux. C’est en tout cas un diptyque que je vous recommande de lire. Mina et Iris sont deux femmes touchantes à leur manière. Et bien que 17 ans les séparent, il y a un parfait écho dans leur histoire… et c’est toute la force de ces deux récits.

Ma note : 8/10.

Merci à Cécile et à la Collection R pour ce partenariat !