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dimanche 23 août 2015

Chronique : Will & Will de David Levithan & John Green


Will & Will de David Levithan & John Green. (Genre : Contemporain).

Editions : Gallimard Jeunesse
Prix : 15€
Année de parution française : 2011
Année de parution originale : 2010
Titre version originale : Will Grayson, will grayson.

  Résumé : Will Grayson se méfie des sentiments. Les histoires de cœur portent la poisse, tout le temps. Alors, dans la vie, autant se faire discret. Son meilleur ami, Tiny Cooper, est à la fois une bénédiction et une vraie plaie : ami fidèle et rayonnant, il est aussi ouvertement gay que corpulent et n’a pas l’habitude de passer inaperçu. A l’autre bout de la ville, un adolescent en pleine déprime assume mal sa différence. Le hasard veut qu’il se nomme lui aussi Will Grayson…


  Mon binôme Guillaume m’a offert ce livre pour mon anniversaire. David Levithan et John Green sont deux auteurs que j’aime beaucoup. Par leur façon d’écrire mais aussi par les messages qu’ils dégagent dans leurs bouquins. Ici, avec « Will & Will », on ne déroge pas à la règle. La couverture est sympathique, identique à celle de la VO en paperback. Je m’étais imaginé toute une histoire dans ma tête, sans avoir lu le résumé… et je me suis trompé. D’ailleurs pour mon plus grand bonheur. J’ai en tout cas passé un très bon moment de lecture.

  Je ne sais pas comment est agencé ce roman à quatre mains. Est-ce que David Levithan est un Will Grayson et est-ce que John Green est l’autre ? Peut-être, mais je ne suis pas sûr. En tout cas, les auteurs commencent doucement en nous présentant les deux Will. Par une alternance de points de vue, chacun va se dévoiler. On va donc connaître leurs problèmes et leurs aspirations personnelles, leurs relations familiales et amicales. Tout ce qu’un adolescent pourrait ressentir en somme. Sauf que les deux Will sont totalement différents. C’est cette différence qui va permettre au roman d’être incroyablement bon.

  Le premier Will Grayson a une famille tout ce qu’il y a de plus banal mais des amis qui sortent de l’ordinaire. C’est un jeune homme qui a peur des « on dit », du regard des autres et de l’assimilation qu’on pourrait faire avec son meilleur ami Tiny Cooper, gay revendiqué. Ce Will Grayson va évoluer dans le roman au contact de ses amis, mais aussi au contact de l’autre Will Grayson. Il va se rendre compte que les choses ne sont pas aussi compliquées qu’elles n’y paraissent. Que ce qu’il avait devant les yeux peut aussi bien être magnifique que ce qu’il voudrait. Qu’il faut se contenter de ce que l’on a. Que le futur est pour demain et qu’on a bien le temps de changer entre temps. L’autre Will Grayson est un garçon follement amoureux d’Isaac, un garçon rencontré sur le net. Bien qu’il se sente amoureux de ce gars, il n’assume pas son homosexualité ouvertement. De ce fait, il est déprimé et renfermé. Il se replie sur lui-même et devient petit à petit introverti. Jusqu’à ce qu’il rencontre l’autre Will Grayson et là, tout va se débloquer. Tiny Cooper est aussi un personnage important. Il apporte cette dose de folie, l’assurance de ses convictions, sa bonne humeur et sa gaieté. Les personnages sont le point central du roman, tout tourne autour d’eux. Je les ai trouvés bien exploités pour le présent et le futur. J’aurai aimé davantage d’éléments passés pour les connaître encore plus.

  Grâce à l’alternance des points de vue entre les deux Will Grayson, le rythme est excellent. On ne se rend pas compte qu’on tourne les pages. On est toujours curieux de savoir ce que fait l’autre Will et où il en est dans ses réflexions. Après, j’aurai aimé que les deux Will se rencontrent encore plus tôt dans le roman. Certes, l’écriture a quatre mains et avoir deux personnages principaux faits que le roman met du temps à démarrer. Les auteurs prennent leur temps pour nous immerger dans l’histoire et je reconnais que c’est essentiel. Mais comme c’est l’élément déclencheur… Après, c’est un roman basé sur la réflexion, les convictions, la différence. Il n’y a pas d’actions à proprement parler. Le tout fait que le rythme est bon.

  Les thèmes que développent John Green et David Levithan sont actuels au possible. Ils traitent de l’amour des adolescents qu’ils soient hétéro ou homo. De l’homosexualité en tant que tel : son acceptation, sa revendication et l’ouverture d’esprit des autres (amis et famille). Mais aussi des sentiments tels que la colère ou de la souffrance dans la dépression. L’amitié est aussi mise en avant. Parce que c’est l’amitié qui lie Will Grayson et Tiny Cooper. C’est l’amitié qui va amener ce même Will Grayson à tomber amoureux d’une fille. C’est d’abord l’amitié et ensuite l’amour qui va pousser l’autre Will Grayson à accepter son homosexualité. C’est aussi cette amitié qui permet l’acceptation des petits défauts des autres.

  Si le style à quatre mains est addictif. C’est un style qui ne m’a pas fait ressentir grand-chose. Je me suis attaché aux personnages et à leurs considérations. J’ai été touché sur certains points mais pas autant que ce que j’aurai pu espérer. C’est ce que je reproche à John Green en général. Il sait écrire des romans sublimes, notamment par les thèmes qu’ils abordent. Mais les émotions sont un petit peu laissées de côté. Par contre la fin est magnifique. Les auteurs envoient de beaux messages au lecteur et c’est pour ça que ce roman est super !

Ma note : 7,5/10. 

jeudi 18 juin 2015

Chronique : Invisibilité d'Andrea Cremer & David Levithan


Invisibilité d’Andrea Cremer & David Levithan. (Genre : Fantastique).

Editions : Michel Lafon
Prix : 15,95€ (Partenariat)
Année de parution française : 2015 (Sortie le 11 juin)
Année de parution originale : 2013
Titre version originale : Invisibility

  .Résumé :
Stephen est invisible depuis toujours
Une malédiction impossible
Jusqu’au jour où Elizabeth le voit
Elle seule peut briser le sort
Au risque de les séparer à jamais


  .Ce roman, je l’avais repéré en VO par son incroyable couverture et par son résumé accrocheur. Quand j’ai su que les éditions Michel Lafon allaient le traduire, j’ai été ravi. Je l’ai lu en lecture commune avec Momoko de « Mo comme Mordue ». Je dois dire que le travail effectué sur la couverture française est juste magnifique. Je l’adore, plus que la VO, et les futurs lecteurs n’hésiteront pas à se retourner dessus en librairie. Franchement, c’est un roman qui a des défauts. Mais c’est un de ceux où on s’en fout complètement ! J’ai adoré ma lecture.

  .Très vite, on fait la connaissance de Stephen, l’homme invisible. Il nous raconte sa vie, comment cela est arrivé et où il en est actuellement. J’ai trouvé cette entrée en matière intéressante. On rentre directement dans le vif du sujet et j’aime ça. Puis, deuxième chapitre et j’ai été surpris. Aucune indication ne met en avant le fait qu’on change de point de vue. Et on rencontre Elizabeth et sa famille. Au bout de ces chapitres, nos protagonistes se rencontrent et c’est la stupéfaction.

 .J’ai vraiment adoré nos deux personnages principaux. Ils sont totalement opposés dans leur caractère mais se complètent parfaitement. D’un côté on a Stephen, invisible depuis sa naissance. Un garçon de 16 ans qui vit reclus dans son appartement. Qui sort en faisant attention à tout ce qui se passe autour de lui. Il est chétif, cérébral et se pose beaucoup de questions sur lui-même. De l’autre Elizabeth qui est franche et dynamique. Dès leur première rencontre elle n’hésitera pas à bouger Stephen. Je vous avoue que je m’attendais à avoir des personnages adultes. Mais les auteurs ont réussi à bien les travailler et à nous les rendre attachants. Tant Stephen et son côté solitaire qu’Elizabeth et son côté dur à cuire. Il y a aussi Laurie, le frère de cette dernière. Il apporte une touche d’humour et une bouffée d’air frais !

  .Le rythme est incroyablement bon. L’alternance des points de vue permet au lecteur de tourner les pages avec envie. On a envie de savoir ce que pense l’autre personnage, ce qui se passe dans sa vie. De plus les chapitres ne sont pas très longs ce qui apportent une fluidité importante à l’intrigue. Andrea Cremer et David Levithan commencent doucement leur histoire. Pour ensuite l’accélérer et la rendre addictive. Ils mettent en avant les sentiments, l’univers du bouquin et j’ai adoré. C’est une histoire qui ne s’essouffle pas pour notre plus grand bonheur.

  .Là où j’ai été encore surpris c’est par la tournure que prend l’histoire. Je m’attendais à lire une belle histoire d’amour avec une pointe de fantastique. Mais que nenni ! Les auteurs ont développé les deux aspects du roman. Sauf que pour moi ils ne les ont pas assez poussés. La relation entre Stephen et Elizabeth est toute mignonne. On sent une attirance, un lien qui les unit. Mais j’ai trouvé que l’amour qu’il y avait entre eux était mis de côté. Pas assez exploité pour moi. Puis l’univers qui m’a beaucoup plu. Je ne m’attendais pas à le découvrir et je suis resté sur les fesses. Il est très intéressant mais pas assez approfondi là aussi. Ce sont deux bémols que je soulève mais qui pendant ma lecture ne m’ont pas gêné le moins du monde. C’est tellement addictif et bien écrit qu’on s’en moque complètement.

  .Oh mon dieu l’écriture de ce roman est divine. Parce qu’on arrive très bien à identifier les deux styles. Andrea Cremer a écrit les chapitre d’Elizabeth et David Levithan ceux de Stephen. Je dois reconnaître qu’Andrea a une très jolie écriture. Très concise et portée sur les sentiments. Mais celle de David m’a totalement transporté. J’ai adoré les répétitions, les phrases et les mots qu’il a pu choisir. C’était limite poétique et j’avais tellement hâte de le lire… Et là on arrive à la fin et j’ai envie de dire WTF ! C’est quoi cette fin où on est totalement frustré. Si je ne me trompe pas c’est une one-shot en plus ! Ce n’est pas possible de nous faire ça…

  .Bref vous l’aurez compris, j’ai littéralement adoré « Invisibilité » d’Andrea Cremer et David Levithan. Des personnages attachants, un rythme de folie. Même si l’histoire d’amour et l’univers ne sont pas mis en avant comme il le fallait, cela reste tout de même très intéressant et passionnant ! Et une écriture à quatre mains que j’ai adoré au possible. Je pense que si le style avait été banal, ce roman l’aurait été tout autant… Mais ici, ça fait toute la différence !

.Ma note : 8,5/10.

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

La chronique de Momoko pour cette lecture commune : ICI.