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dimanche 12 février 2017

Chronique : Positive de Paige Rawl


Positive de Paige Rawl.
(Genre : Témoignage).

Editions : Hachette
Prix : 17€ (Partenariat)
Date de parution française : 26 octobre 2016
Année de parution originale : 2014
Titre version originale : Positive.

  Résumé : Paige Rawl est une adolescente rayonnante. Pom-pom girl, footballeuse, excellente élève, tout lui réussit. Jusqu’au jour où elle révèle son secret à sa meilleure amie : elle est séropositive, sa mère lui a transmis le HIV. Dans les heures qui suivent, le harcèlement commence. Ses camarades laissent des mots cruels dans son casier. Ils chuchotent sur son passage. Paige ne s’est jamais sentie aussi seule. Pour la première fois, elle ne sourit plus. Cela aurait pu être la fin de son histoire. Mais c’en est le début.


  « Positive » est un témoignage que j’ai eu du mal à sortir. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs. Peut-être parce que j’avais peur de ce que j’allais y trouver. Ou peur de ne pas être touché par l’histoire de Paige. La couverture est la même qu’en VO et je trouve ça important de l’avoir gardée. C’est très représentatif du roman dans son ensemble. Je ne peux pas dire que j’ai adoré ce que j’ai lu, ce serait être impoli face à la vie de cette jeune fille. C’est un livre intéressant qui permet au lecteur d’en ressortir grandi.

  Ce que j’ai de suite apprécié, c’est la sincérité avec laquelle Paige livre sa vie. De la manière dont elle aborde les choses : si mature et pourtant encore si jeune. On fait la connaissance de sa mère, de ses amies, de son quotidien. On se dit que son secret, tant qu’il reste caché, ne peut pas lui faire de mal. Pourtant, on sait inévitablement que par un excès de confiance, tout va basculer. On attend ce moment avec de la crainte et de la curiosité (c’est assez malsain je l’avoue). Mais son histoire est racontée avec tant de justesse que le lecteur ne peut que tourner les pages.

  Paige m’a beaucoup touché. Tant dans sa vie qu’elle voit détruite au fur et à mesure que dans sa manière de se rendre plus forte. C’est une adolescente qui est au collège mais qui réfléchit comme une adulte. Je l’ai tant admiré pour cela. Paige est forte, sincère, parfois un peu naïve mais c’est une battante à tout point de vue. On suit sa vie, ses désillusions, ses espoirs, ses moments de joie et de peine, son 1er amour et ses premières fois. On ne ressent que de l’amour pour elle. On aimerait la protéger, lui dire que les autres sont tous des cons (désolé pour le terme) et la soutenir plus que tout. Sa mère est autant bouleversante qu’elle. Toutes les deux doivent affronter tant de choses qu’on se demande comment elles font pour ne pas sombrer. Elles nous apprennent que la force de la volonté va au-delà de tout. Je vous laisse découvrir les autres personnages…

  Le roman se lit bien parce qu’il s’y passe toujours quelque chose. On veut savoir comment Paige va réussir à remonter la pente. On sent les hauts et les bas, les moments plus difficiles et ceux rédempteurs. « Positive » est aussi un roman qui nous permet d’avoir une autre vision sur les personnes séropositives. D’en apprendre plus sur la maladie et ses conséquences. Des conséquences physiques mais aussi psychiques avec les autres. On aborde différentes choses qui se sont réellement passées : le harcèlement, le déni, le refus d’aider, le suicide… Mais aussi des choses positives comme les amitiés indéfectibles, les moments de grâce et de combats et surtout, la volonté de vouloir faire bouger les choses. Parce que Paige va énormément évoluer dans ce récit, dans sa vie. Elle en ressort changée, encore plus adulte et prête à affronter la vie et à lui faire face.

  Ali Benjamin a aidé Paige à coucher sur le papier sa vie et ses ressentis. Et il l’a fait d’une très belle manière. Il y a un petit paragraphe qui m’a profondément marqué. Une phrase que je n’oublierai jamais : « Après tout, on n’a pas besoin d’être séropositif pour voir avec les yeux du cœur. Il faut seulement s’ouvrir, avoir la tête bien faite et être doué d’une insatiable curiosité. » « Positive » est un roman qui permet au lecteur de relativiser sur sa vie. Mais aussi de prendre un petit peu de force de Paige Rawl pour l’appliquer dans son quotidien. Un très beau témoignage que je recommande à tous de lire… vraiment !

Ma note : 8,5/10.

Merci aux éditions Hachette pour ce partenariat !

lundi 3 octobre 2016

Chronique : Camille, mon envolée de Sophie Daull


Camille, mon envolée de Sophie Daull.
(Genre : Témoignage).

Editions : Le livre de poche
Prix : 6,60€
Date de parution originale : 24 août 2016

  Résumé : Camille, 16 ans, a été emportée en quatre jours par une fièvre foudroyante. Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille, Sophie Daull a commencé à écrire. Ecrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité ; l’après, le vide, l’organisation des adieux, les ados qu’il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent. Ecrire pour rester debout, vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l’enfant disparue, endiguer le raz de marée des pensées menaçantes. Loin de l’épanchement d’une mère endeuillée, Camille, mon envolée est le récit d’une résistance à l’insupportable, où l’agencement des mots tient lieu de programme de survie.


  Cette chronique va être difficile à faire. J’ai acheté ce livre il y a un peu plus d’une semaine sur un coup de tête. J’ai lu le résumé et le 1er chapitre, les mots de cette mère m’ont embarqué… et j’ai voulu en découvrir plus sur son histoire familiale. J’avoue aussi que la couverture m’a happée et qu’elle représente bien le roman. Je ne lis pas souvent de témoignage. Pourtant ici, cela m’a paru être une évidence. Une lecture bouleversante que je ne regrette pas d’avoir fait.

  Sophie Daull, la mère de Camille, attaque son récit et vous retourne directement le cœur. L’auteure ne mâche pas ses mots et rentre dans le vif du sujet. C’est ce que j’ai apprécié avec ce récit. On dit les choses et on les dit franchement. Pas de besoin de broder, d’ajouter du superflu… de toute façon les témoignages n’en ont pas besoin. Malgré cette brutalité de départ, j’ai eu envie de savoir comment, pourquoi, Camille est décédée. Cela peut paraitre déplacé voir malsain, mais on ne peut qu’être curieux de connaître la suite des événements.

  Comment ne pas s’attacher aux personnages de ce récit réaliste. Bien que Camille ne soit pas présente physiquement dans le récit, on ne peut que s’attacher à cet ange parti trop tôt. Une adolescente qui n’a pas eu le temps de vivre pleinement sa vie, ses amours, ses amitiés et de profiter comme il se doit de ses proches. On s’attache forcément à la maman, narratrice de l’histoire. Mais aussi au papa et aux personnes présentes pour les soutenir. On ne peut pas imaginer à quel point la perte d’un enfant peut faire souffrir. Surtout de cette manière brutale et soudaine. Le lecteur se place de manière extérieure et en même temps, il est au cœur du récit. Se plaçant derrière les parents de Camille, comme une main qu’il tendrait en signe de réconfort.

  Comme je l’ai dit plus haut, l’auteure n’y va pas par 4 chemins et retrace la vie de Camille avant son décès. Quelques jours avant sa mort et une dizaine de jours après. Sophie Daull alterne également entre le présent et le passé : le moment où elle écrit pour se souvenir puis, le passé avec sa fille. C’est un choix narratif intelligent qui permet de lire vite… tout comme les chapitres courts. Le lecteur se pose évidemment plein de questions sur le décès de Camille. Il voit également l’évolution de ses parents lors des phases dans le présent.

  Le livre est un concentré d’émotions brutes, incisives, percutantes. Le lecteur est en colère, triste, dubitatif, choqué, plein de doutes et d’espoir. La lecture ne sera pas facile, soyez en sûr. Sophie Daull aborde le thème du deuil d’une bonne manière en faisant de ce livre quelque chose de non larmoyant. On aimerait refaire le monde, on se pose inévitablement des questions qui commencent par « et si ? »… mais on compatie, sans vraiment savoir si on fond de nous, on aurait réagit avec autant de force et de sagesse. En tout cas c’est un livre qui fait réfléchir sur nos propres comportements.


  Le style d’écriture de Sophie Daull vous prend à la gorge, vous fait tomber dans un tourbillon de sentiments qui vous perturbe. C’est tellement fort qu’on est obligé à un moment donné de se protéger contre cette tristesse. L’auteure n’hésite pas à insister sur des points, à faire des phrases courtes et percutantes. Le style peut paraître décousu et dérangeant mais c’est ce qui fait la force du roman. En tout cas si vous avez l’habitude de lire des témoignages, celui-ci saura vous donner ce qu’il a dans son cœur… de la colère, de l’espoir et même beaucoup d’amour.

samedi 6 février 2016

Chronique : Travers de routes : L'humanitaire cahin-caha de Damien Personnaz


Travers de routes : L’humanitaire cahin-caha de Damien Personnaz.
(Genre : Autobiographie, Témoignage).

Editions : Éditions de la Rémanence
Prix : 16,80€ (Partenariat)
Date de parution originale : 20 octobre 2014

  Résumé : Des premiers voyages d’un jeune homme curieux au témoignage d’un humanitaire en proie au doute, à l’impuissance et à l’euphorie, ces huit récits relatent des instants marquants d’une vie ordinaire de terrain dans des pays bouleversés (Rwanda, Libéria, Érythrée, Angola, Kurdistan turc, Afrique du Sud, Pakistan). Si certaines anecdotes portent à sourire, les faits vécus ébranlent profondément le lecteur au fur et à mesure que tombent ses illusions ; l’auteur prévenant dès le départ que « voyager, c’est voir le monde tel qu’il est et non pas comme on voudrait qu’il soit ».


  Le genre de ce roman sort de mes habitudes de lecture. En effet, je lis peu de témoignage et encore moins d’autobiographie. L’attachée de presse me l’a tellement bien vendu qu’au final j’ai été curieux. « Travers de routes » c’est le genre de roman qui laisse une trace (sans faire de mauvais jeu de mots avec la collection). Un récit qui vous laisse pantois sur la réalité de notre monde. Couverture simple mais efficace. Elle reflète bien l’intérieur du roman. J’ai passé un très bon moment de lecture.

  Je pense que ma chronique sera différente par rapport à d’habitude, plus courte aussi. Dans l’ouvrage, l’auteur relate des petites nouvelles. Et dans chaque nouvelle, il insert une nouvelle destination, un nouveau pays. Je pense que Damien Personnaz a écrit ce livre pour montrer la réalité, la vérité sur ces pays dévastés. Il n’y a pas de faux-semblant, pas d’entourloupe. C’est vrai, sincère et limite professionnel. L’auteur n’hésite pas à se livrer, à faire des confidences sur son expérience. Le lecteur est avide de savoir et de détails. Il voit combien cette activité d’humanitaire peut être pesante. On est aux premières loges, sans pouvoir faire quoi que ce soit sur la misère des pays. Franchement on prend une claque sur la réalité des situations. Une réalité parfois un peu occultée par les médias.

  Je ne vais pas dire que je me suis attaché à l’auteur, loin de là. Je dirai que c’est sa manière de narrer qui le rend sympathique à nos yeux. Tout comme ce qu’il vit, d’ailleurs. La plume est fluide et dynamique. Damien Personnaz a réussi à capter des instants de vie, qu’ils soient douloureux ou heureux. Des instants qui resteront à jamais gravés dans sa mémoire. Au travers de sa plume, on sent son implication et sa soif d’apporter de l’aide à ces personnes en difficulté. Le rythme est intéressant puisque les nouvelles sont courtes : maximum 30 pages. Il se dégage une bonne cadence et au final, une nouvelle par soir, c’est parfait.

  Personnellement, même si ce n’est pas mon genre de lecture, j’ai apprécié ce que j’ai lu. J’ai apprécié en connaître plus sur ces pays. Savoir que j’ai de la chance d’être né dans un pays qui n’est pas en guerre ou ravagé par une maladie. On mesure la chance qu’on a et on éprouve une certaine peine aussi. Si vous êtes avides de découvertes et curieux d’explorer une expérience sincère… n’hésitez pas !

Ma note : 8/10.

Merci aux Editions de la Rémanence pour ce partenariat !

jeudi 29 octobre 2015

Chronique : Ils ont volé mon innocence de Toni Maguire avec Madeleine Vibert


Ils ont volé mon innocence de Toni Maguire avec Madeleine Vibert. (Genre : Témoignage).

Editions : City
Prix : 17,90€ (Partenariat)
Année de parution française : 2015
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : …

  Résumé : Un bâtiment gris, sombre. Effrayant. Dans les souvenirs de Madeleine, c’est ainsi qu’apparaît l’orphelinat où elle a été placée dès sa plus tendre enfance. A l’âge de cinq ans, le cauchemar est quotidien pour la petite fille sans défense. Le directeur de l’établissement abuse d’elle comme si elle était son jouer. « Ne dis rien, personne ne croira une sale gamine comme toi », dit-il à Madeleine qui, terrorisée, se tait. Pire encore : dans cet orphelinat de l’horreur, les enfants sont vendus à des hommes qui leur font subir les pires sévices. En toute impunité, sans que personne ne s’en émeuve, parce que ces enfants sans parents sont considérés comme des moins-que-rien…


  De Toni Maguire, j’avais lu il y a 2 ans « Ne le dis pas à maman » qui m’avait profondément bouleversé. J’étais ressorti de cette lecture très en colère de la situation qu’avait pu vivre l’auteure. Ici, ce n’est pas sa propre histoire mais celle de Madelaine Vibert. Un récit tout aussi dur m’ayant aussi révolté lors de ma lecture. La couverture me fait vraiment de la peine. Je ne sais pas si c’est vraiment la petite Madeleine mais ça reflète parfaitement l’histoire. Une prison dorée où la petite fille va devoir faire face à ses bourreaux… Je ne pourrais pas dire que j’ai apprécié lire le roman, parce qu’on ne peut pas aimer ce genre d’histoire. Mais ce sont des choses qui doivent être lues pour ne pas les oublier. Surtout pour ne plus que cela se produise.

  Les auteurs ont choisi de parler du passé en termes de souvenirs. En fait, Madeleine Vibert va se rendre au commissariat pour porter plainte. Ainsi lors des interrogatoires, elle va devoir se replonger dans ses souvenirs. Comment sa mère est partie de chez ses parents. Comment elle est tombée enceinte d’elle. Comment elle n’a pu obtenir la garde de sa fille… Le début est triste différemment puisqu’il n’y a pas les sévices. Cependant, ça reste quand même perturbant pour la famille. Et avec ça, on a envie de savoir si Madeleine va s’en sortir dans l’avenir.

  Madeleine, cette petite fille qui dès le début de sa vie va être placée dans une crèche parce que sa mère ne peut s’en occuper. Où comment chaque jour elle va espérer avoir une nouvelle maman et un nouveau papa. A la crèche, même si elle n’avait pas de parents, tout allait pour le mieux. On s’occupait bien d’elle et elle jouait avec les autres enfants. Lorsqu’il a fallu qu’elle aille à l’école, il a aussi fallu qu’elle change de pensionnat. Elle est donc allée à Haut-de-la-Garenne et là l’enfer a commencé. Madeleine est une petite fille courageuse. La naïveté, l’innocence qu’on a à 5 ans ne permet pas à un gosse de se défendre. Quand on pense aux adultes, on pense qu’ils sont là pour nous protéger. De plus, dans un nouvel endroit on veut être exemplaire pour ne pas se faire remarquer. Dès le premier jour, Madeleine a été exemplaire, et dès le premier jour, Madeleine a été abusée. Quand je pense à l’horreur des sévices qu’elle a vécus… malheureusement, il n’y avait pas qu’elle. J’ai toujours été derrière Madeleine lors de ma lecture. J’ai souffert avec elle, j’ai eu peur avec elle, j’ai espéré avec elle et j’ai compris très vite avec elle les mécanismes, les rouages de l’embrigadement… (rien que de l’écrire j’ai les frissons). Et tout ça m’a bien sûr révolté !

  Le rythme de l’histoire est vraiment bon. Même si ce qu’on lit est triste, on a envie de continuer pour savoir si Madeleine va s’en sortir. Je me suis posé un paquet de questions sur sa famille, sur les assistantes sociales. Tout comme sur les raisons qui poussaient les gens de l’orphelinat à agir de la sorte avec des enfants… Je n’ai évidemment pas compris. Les chapitres sont aussi courts ce qui amène au récit assez dense, une fluidité intéressante. Le rythme est aussi bon parce qu’on va suivre Madeleine au cours de toute sa vie. Son enfance, son adolescence, mais aussi son présent, lorsqu’elle a dépassée la quarantaine. On voit donc son évolution et comment son passé l’a en partie détruite.

  Je dois dire que le sujet de l’abus sexuel est toujours difficile à aborder. Notamment dans un livre autobiographique où il faut se dévoiler. C’est paradoxal de dire ça parce que je dis que c’est bien traité mais en même temps on aimerait ne pas lire ce genre de chose. C’est un livre à ne pas mettre entre toutes les mains. Il y a vraiment des scènes choquantes, avec des sévices odieux. Ce qui m’a le plus révolté en fait, c’était la presque passivité de la maman de Madeleine. Certes elle avait envie de sortir sa fille de l’orphelinat, mais elle n’agissait pas. Comment peut-on laisser sa fille à des gens qui font semblant de prendre soin d’eux ?

  Au-delà d’une autobiographie, le roman est bien écrit et les pages se tournent très vite. Les scènes sont précises malgré la mémoire de l’auteure qui fait parfois défaut. Et puis elle arrive à nous faire ressentir les émotions qu’elle percevait lors de son enfance. C’est ce qui peut rendre malade, cette peur viscérale de retourner à l’orphelinat. Ces moqueries à l’école des autres enfants. Cette envie inassouvie d’avoir un foyer comme les autres. Et surtout, l’envie d’être traitée normalement avec un peu d’amour. Pour les amateurs de témoignage, je vous le conseille. C’est une histoire qui se doit d’être lue pour ne pas qu’elle soit oubliée. Pour ne pas que ces sévices reprennent. Et pour peut-être faire agir des victimes qui n’osent pas en parler. Pour les autres abstenez-vous, c’est un livre choquant.

Ma note : - /10 (On ne peut noter)

Merci à Flora et aux éditions City pour ce partenariat !

mardi 17 mars 2015

Chronique journalistique : Ma compagne, mon bourreau de Maxime Gaget


Ma compagne, mon bourreau de Maxime Gaget. (Genre : Témoignage).

Editions : Michalon
Prix : 17€
Année de parution originale : 2015

  .Résumé : Ils sont de grands oubliés, représentent un non-dit au coeur du tabou de la violence conjugale : les hommes battus. Leur parole est souvent tournée en dérision, niée. Maxime Gaget connaît bien cette solitude, ce désarroi face à une brutalité méconnus et ignorée. Un témoignage unique, courageux et poignant qui lève le voile sur l'autre visage de la violence conjugale.


Société
Les hommes battus : les grands oubliés des violences conjugales
Maxime Gaget a sorti son livre le 12 février, en homme victime de coups, il livre son expérience douloureuse.
« J’ai été marqué au fer rouge, choqué par cette violence insensée. La mort a bien failli me rattraper ». Maxime Gaget, 37 ans, auteur du livre « Ma compagne, mon bourreau », n’épargne pas le lecteur dans ses déclarations. Son ouvrage est publié aux éditions Michalon le 12 février 2015. Au sein de ce témoignage, il relate sans crainte sa douloureuse expérience en temps qu’homme battu. Un statut difficile à faire prévaloir quand la société fait le parallèle entre l’homme et la virilité.

Maxime est développeur en informatique et parle pour la première fois à son futur bourreau Nadia, (son nom a été modifié dans le livre), sur un tchat en 2007. Dès la première rencontre, un sentiment interpelle le jeune homme. « Quelque chose m’ordonne de prendre mes jambes à mon cou et de filer loin d’ici, de fuir ». Jusqu’à son emménagement chez elle, la litote reviendra sans cesse : « […] toujours ce même sentiment m’ordonnant de prendre mes jambes à mon cou ! » Il avouera lui-même qu’ « il y a quelque chose d’étrange, de magnétique, d’irrationnel dans cette attirance ». Un béguin qui aurait pu lui coûter la vie.

Pendant 17 mois, pour Maxime, l’appartement de Nadia est « sa prison de souffrance, de rage, de colère, de peines et de douleurs ». Elle sait parfaitement l’isoler de relations amicales et professionnelles. Sa carte bleue personnelle lui est confisquée. Son téléphone portable est brisée contre un mur. A cause de retards répétés, il le confie : « je suis licencié ». « Depuis que je suis avec elle, je ne parviens plus à être lucide », avoue-t-il presque avec honte. En plus de l’emprise psychologique, les coups ne tardent pas à pleuvoir. Des fois sans la moindre raison apparente.

« Pourquoi a-t-elle fait ça ? Qu’est-ce qui, dans son esprit, a justifié d’en venir aux mains ? » Incompréhension, questionnement et introspection. Trois mots qui qualifient Maxime lors des violences de son bourreau. A cause de « verrous psychologiques » et d’une éducation qui l’ « interdit de lever la main sur une femme », il reste sans agir. Nadia repousse sans cesse la faute sur sa victime : « Si tu ne m’avais pas cherchée, je ne t’aurai pas envoyé à l’hosto, tout ça c’est de ta faute ! » Les jours, les mois passent et la vie de Maxime devient une « longue et douloureuse servitude ». A force de se faire battre, il ne réagit plus aux agressions. Ainsi, Nadia redouble de violence à son égard : « […] bien souvent, je finis avec un nombre conséquent d’hématomes aux visages, le nez en sang, des bleus, des cocards dans tous les sens ». Cloison nasale cassée, oreille déchirée, pommette lacérée et crane criblé de coups.

En 2009, le calvaire s’arrête. Après une partielle reconstruction psychologique et des opérations, une instruction s’ouvre. Un procès sera tenu contre Nadia. « Je n’aspire qu’à construire ma vie : avoir un travail, une maison, une femme, des enfants ». Et on lui souhaite sincèrement.