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jeudi 18 février 2016

Chronique : Serre-moi fort de Claire Favan


Serre-moi fort de Claire Favan.
(Genre : Thriller)

Editions : Robert Laffont
Prix : 20€ (Partenariat)
Date de parution originale : 11 février 2016

  Résumé : Méfiez-vous de qui vous tend les bras… « Serre-moi fort. » Cela pourrait être un appel au secours désespéré. Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa sœur, il est contrait de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité. Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psycho logique d’une rare violence…


  J’ai découvert Claire Favan avec son roman « Apnée noire » (ma chronique). Il m’avait beaucoup plu et je savais qu’il fallait que je tente un autre de ses titres. « Serre-moi fort » tombait donc à pic et j’ai sauté sur l’occasion. Ce qui m’a attiré au départ c’est la couverture. Cette impression d’innocence et de force féroce… j’adore. Je n’avais pas lu le résumé. Je m’étais laissé porter par les avis publiés avant la sortie du bouquin. Et j’ai bien fait. Claire Favan est une auteure en passe de devenir incontournable pour le thriller français. Personnellement… j’aime ça.

  Dès la première page, on est plongé dans l’intrigue. Une jeune fille est portée disparue et on vit la disparition à travers les yeux de son petit frère : Nick. Il est le personnage principal de cette 1ère partie. L’auteure ne laisse pas souffler le lecteur. On est pris par l’histoire, par le récit de cette famille tourmentée et par leur descente aux enfers. Dans la 2ème partie, on va suivre la réouverture de l’enquête quelques années plus tard. Le récit est narré à travers Adam, un enquêteur brillant. A chaque début de partie, on est curieux et on ne peut pas s’arrêter de lire. Elles sont différentes mais se complètent pour laisser place à la 3ème partie…

  Nick est un personnage intéressant et je me suis vite attaché à ce garçon. Il est entre guillemet laissé à l’abandon par ses parents qui se replient sur eux-mêmes. Compréhensible après la disparition de leur fille. Mais Nick, avec les disparitions d’autres jeunes filles, triste soit-il, ne pense pas que sa grande sœur reviendra. Il essaie donc tant bien que mal de poursuivre sa vie pendant 2 ans… alors que ses parents sont dans le gouffre. Claire Favan creuse bien son personnage. Il y a tantôt des scènes dures ou d’autres plus attendrissantes. En tout cas, Nick est un jeune homme qui va évoluer. Il est dans la perpétuelle recherche de l’amour de ses parents. Ils pensent à tort que sa grande sœur restera la préférée. L’enquêteur Adam est aussi bien travaillé que Nick. On s’attache vite à lui et à sa situation personnelle. Il a vécu des choses horribles que je vous laisse découvrir. Au fil du récit, il va faire des choix importants pour son avenir. L’enquête avance bien mais elle est ternie par un choix d’Adam…

  Le rythme est excellent. Durant tout le récit on se pose des questions. Qui a fait disparaître Lana, la sœur de Nick ? Y-a-t-il un lien avec les autres jeunes filles disparues ? L’auteure nous embobine, nous raconte son histoire… le lecteur gobe sans s’en rendre compte. Et puis une bombe explose à la fin de la 1ère partie. Une petite phrase qui fait toute la différence. Dans la 2ème partie, on est dans le feu de l’action. On a des réponses sur la manière de procéder du tueur, sa façon de penser, le choix de ses victimes. On a des révélations sur les identités possibles… Et bam, la fin est très dure et on se retrouve dans la 3ème partie. Là, tous les éléments s’imbriquent et on se demande pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt. Des chapitres courts, des parties différentes et qui s’emboitent parfaitement… Claire Favan a tout pensé avec minutie. Il y a des scènes violentes qui donnent presque la gerbe, de la vengeance, des mystères, des coups-bas, des impasses, du sang… et un loup qui rode, voulant contrôler ses pulsions meurtrières.

  La plume est l’auteure est très intéressante. Elle place ses pions, faisant de son thriller une intrigue parfaitement bien menée. Elle sait où elle va, elle connaît ses personnages et comment ils pensent, agissent. C’est un style très psychologique puisque le lecteur ne comprend pas, même s’il essaie de comprendre justement. Un style également percutant, parfois cru mais qui dans ce genre de lecture fait du bien. La fin m’a laissé sur les fesses. Je ne m’attendais pas du tout à ça… C’est une fin qui me fait de la peine et en même temps je suis content. J’ai le cul entre deux chaises et j’ai envie d’en choisir une pour crier au scandale. Si vous ne l’avez pas compris, je vous recommande ce roman. Vous allez vous triturez les méninges. Les personnages vont donneront du fil à retordre. L’enquête décrite est rondement menée… et les révélations vous laisseront sur les fesses. La collection « La bête noire » envoie du lourd avec ses romans. A suivre sans retenu !

Ma note : 8,5/10.

Merci à Cécile et à la collection La bête noire pour ce partenariat !

vendredi 16 octobre 2015

Chronique : Les Fauves d'Ingrid Desjours


Les Fauves d’Ingrid Desjours. (Genre : Thriller, Polar).

Editions : Robert Laffont
Prix : 20,50€ (Partenariat)
Année de parution originale : 2015

  Résumé : Ambitieuse et sans concession, la belle Haiko est à la tête d’une ONG luttant contre le recrutement de jeunes par l’Etat Islamique. Ses méthodes plus que radicales, ses intentions souvent troubles, son goût pour le feu des projecteurs ont fait d’elle une proie de choix pour les extrémistes de tous bords. Et surtout la cible d’une fatwa : « Violez-la ! Torturez-la ! Tuez-la ! » Vétéran de l’Afghanistan, capturé par les talibans, Lars a survécu à l’enfer. De retour à Paris, il est perdu dans cette société qu’il ne comprend plus. Et si sa reconversion dans la protection rapprochée lui donne de nouveau le sentiment d’avoir un but, seules sa foi et ses valeurs font rempart contre ses démons. Quand Haiko commence à se sentir suivie où qu’elle aille, quand ses proches sont directement menacés, quand enfin les morts se multiplient autour d’elle, la jeune femme fait alors appel à Lars pour la protéger.


  La nouvelle collection des éditions Robert Laffont (La bête noire) se lançait avec deux ouvrages, dont « Les Fauves » d’Ingrid Desjours. De cette auteure je n’avais lu aucun livre. C’était donc l’occasion de me faire un avis autant sur son style que sur sa faculté à façonner une intrigue. Pour cet ouvrage, la couverture est super belle. A la fois attirante et provocante, elle titillera la curiosité du lecteur, j’en suis sur. Le pitch du livre m’avait bien plu et j’avais eu envie d’en découvrir plus. J’ai bien fait puisqu’au final j’ai adoré ma lecture, un vrai page-turner comme Ingrid Desjours en a la réputation !

  Dès le début j’ai trouvé le roman intriguant. Tant par sa composition et par sa structure que par son histoire provocante qui ne fait pas dans la dentelle. Parce que l’auteure ne fait pas semblant, la première vraie scène fait déjà froid dans le dos… l’assassinat d’une jeune femme. En plus de ça on a les détails bien gore de l’explosion de cervelle qui dégouline sur le trottoir ! Et encore, vous ne l’avez pas vécu de l’intérieur. C’est en tout cas un début de roman prometteur pour la suite. Tout va partir de là… les soupçons, la manipulation, le stress et surtout la protection.

  Les personnages sont le point fort du récit. L’intrigue va se nouer autour d’eux et grâce à ça, ils vont se poser pas mal de questions les uns sur les autres. Haiko est une jeune femme sur d’elle, peut-être parfois hautaine dans sa manière de se comporter. Je n’ai pas vraiment réussi à la cerner… autant parfois je pouvais la croire autant ses élucubrations et les arguments de Lars me faisaient douter à son égard. Haiko a monté une association pour sauver les ados qui se font enrôler par Daesh. Mais que sait-on vraiment de cette association ? Haiko est-elle aussi claire que de l’eau de roche ? Peut-on vraiment lui faire confiance ? Lars est quant à lui un ancien militaire qui a vécu les pires atrocités en Afghanistan. J’ai parfois détesté sa brutalité et son côté rentre dedans, comme je l’ai parfois apprécié pour sa nécessité. Lars est un homme avec une carapace, avec des fêlures à l’intérieur, des cicatrices encore ouverte. Il se fait du mal et en fait aux autres. Je l’ai parfois trouvé sans cœur et sans sentiment mais c’est ce qui fait aussi sa force. Haiko et Lars sont deux personnages bien travaillés dont on apprend leur passé. Des passés qui ont forgé leur caractère et qui ont fait d’eux les personnes qu’ils sont aujourd’hui… et parfois pas de bonnes personnes.

  Le rythme de l’histoire est bon, même si j’ai trouvé le début assez lent à commencer. La protection d’Haiko par Lars se fait rapidement. Ils se tournent trop autour pour pouvoir faire avancer l’histoire. C’est ce qui est dommage. Mais une fois cette partie passée, tout s’enchaîne. L’auteure tisse une toile de fond, enveloppe ses personnages dans un doux satin pour le faire brûler à petit feu. Jamais on ne va cesser de douter sur untel ou untel. Nos neurones ne seront jamais au repos. L’écriture à la 3ème personne amène une intensité au récit. Elle permet de se placer de différentes manières dans le récit et d’appréhender plus de personnages que Lars et Haiko. Le rythme est renforcé par ce côté contre la montre que met en place l’auteur. Haiko sera toujours sur ses gardes. Lars fera tout pour la protéger au détriment de ce qu’il pense d’elle. Et le lecteur ne sait jamais sur quel pied danser.

  Le point fort du roman, c’est le thème d’actualité qu’a réussi à traiter Ingrid Desjours. Un thème controversé et qui peut mal être interprété. Daesh, l’Etat islamique, les fatwas, la Syrie et les attentats du 7 janvier. Même si tout est fictif, l’auteure a très bien su écrire son histoire comme si c’était quelque chose de vrai. Parce que tout ce qu’elle a écrit aurait très bien pu arriver. D’ailleurs elle insère des bouts de journaux après les attentats contre Charlie Hebdo. On voit la manipulation, on voit l’embrigadement, on constate l’inefficacité de certains parents… et puis on voit la bêtise des jeunes qui se font laver le cerveau. En tant que journaliste, je remercie l’auteure d’avoir su traiter le sujet avec talent. Rien n’est rose dans ce roman, j’en ai même psychoté parce que je me suis dit que ça pouvait se passer de partout. On est en sécurité nulle part.

  La plume d’Ingrid Desjours est addictive. Sa manière d’écrire, de décrire les événements, de les mettre en scène… on visualise tout. Je dirai que ce roman a quand même un petit côté pervers sur certains points. Les 100 dernières pages sont celles des révélations. Le personnage de Lars va être secoué, tout comme celui d’Haiko d’ailleurs. L’auteure a un sacré talent pour embobiner son lectorat. Parce que le retournement de situation final est juste dingue ! Je n’ai rien vu venir, même pas les petits indices disséminés par-ci par-là. C’est peut-être pour ça que j’ai trouvé le roman un peu longuet à démarrer. En tout cas, je vous le recommande fortement. Il traite un sujet d’actualité avec brio et rien que pour ça, je tire mon chapeau à l’auteure ! Et si « Les Fauves » se cachaient en chacun de nous ?

Ma note : 8,5/10.

Merci à Cécile et aux éditions Robert Laffont pour ce partenariat !