Nos dernières chroniques...

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mardi 19 avril 2016

Chronique : Sauveur & fils - Saison 1 de Marie-Aude Murail


Sauveur & fils – Saison 1 de Marie-Aude Murail.
(Genre : Jeunesse, Contemporain).

Editions : L’école des loisirs
Prix : 17€ (Partenariat)
Date de parution originale : 13 avril 2016

  Résumé : Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Sait-Yves, 1,90 mètres pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois sœurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec un jeune femme… Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?


  Sans Coline, l’attachée de presse des éditions de L’école des loisirs, je serai passé à côté d’un tel livre. J’avais déjà entendu parler de Marie-Aude Murail sans m’être penché davantage sur ses ouvrages. Du coup quand Coline m’a conseillé « Sauveur & fils », je lui ai fait confiance… et j’ai bien fait. La couverture est toute mignonne, vous ne trouvez pas ? En tout cas elle possède un lien avec l’histoire. Le résumé m’avait après coup bien tenté. J’ai commencé à lire et je n’ai pas pu m’arrêter avant de l’avoir terminé. J’ai passé un excellent moment.

  Dès le début j’ai eu un très bon feeling avec le roman. L’auteure attaque directement avec une consultation du psychologue Sauveur Saint-Yves (drôle de nom n’est-ce pas ?). Du coup on est dans l’ambiance directement et on se rend compte sur ce géant black exerce son métier avec passion. On rencontre différentes personnes avec divers problèmes comme narré dans le résumé. Une curiosité s’immisce chez le lecteur… et on ne décroche pas.

  Sauveur et son fils Lazare (oui comme la gare ^^) sont deux personnages qui m’ont énormément plu. Au fil du récit l’auteure nous présente leur relation assez particulière. Pris par son travail, Sauveur délaisse un peu son fils même s’il fait tout pour être présent au maximum. Le petit Lazare a trouvé lui un subterfuge pour espionner les consultations de son père… je n’en dis pas plus. On sent dans cette relation un attachement, des sentiments qui nécessitent d’être exprimés sans réussir à y arriver. C’est touchant, plein de bon sens et de protection l’un envers l’autre. On sent que Sauveur veut faire plaisir à son fils. Et on sent que Lazare est fier de son papa et qu’il est très compréhensif avec son métier. Plein d’autres personnages font de cette histoire un récit riche. Ils révèlent toutes les facettes de notre société, une vraie diversité… et ça fait du bien.

  Le rythme est bon. Le roman n’est pas découpé en chapitre mais en semaine… comme les semaines de consultation d’un psychologue. Du coup on sait quelle personne Sauveur va recevoir lors de ses rendez-vous. Ça installe une routine sympathique et le roulement se révèle fluide. J’ai aussi apprécié la narration à la 3ème personne. L’histoire en devient plus riche, on peut avoir différents aperçus selon les personnages. Je regrette cependant que les patients de Sauveur prennent plus de place que sa propre histoire. Dommage que la relation avec son fils et son passé interviennent seulement dans le dernier tiers.

  Bon comment vous dire que ce roman m’a fait mourir de rire ! Je ne m’attendais pas à rire autant et pourtant… il y a eu des moments où j’ai eu des crises de rire incroyables. Merci à l’auteure pour ça. Ses personnages sont francs et ont une répartie incroyable ! J’ai A-DO-RÉ ! Le rire lors du roman n’empêche pas à Marie-Aude Murail de traiter des thèmes difficiles pour les enfants ou les adultes. Même si c’est un roman jeunesse, on sent une profondeur, une subtilité à travers ses mots. L’exotisme du récit est aussi présent puisque Sauveur est originaire des Antilles. Dans le fil des consultations de Sauveur, une autre intrigue se mêle et j’ai trouvé ça plutôt bien amené. Ça laisse le lecteur curieux encore une fois.

  La plume de Marie-Aude Murail est intelligente. Aussi bien accessible pour les ados que pour les adultes, son style permet de s’immiscer très vite dans le récit. J’ai envie de dire que c’est une plume caméléon. Elle jongle avec son public, elle jongle avec ses différents personnages… et elle s’intègre parfaitement dans l’histoire décrite. La fin permet au lecteur d’avoir le smile. J’ai vraiment hâte de lire la suite. Je sais de source sûre qu’il y aura au moins 3 saisons… alors je suis content de pouvoir retrouver Sauveur et son fils Lazare. Mais que nous réserve l’auteure pour la suite ?

Ma note : 8/10.

Merci à Coline et aux éditions de L’école des loisirs pour ce partenariat !

vendredi 15 avril 2016

Chronique : Désolée, je suis attendue d'Agnès Martin-Lugand


Désolée, je suis attendue d’Agnès Martin-Lugand.
(Genre : Contemporain).

Editions : Michel Lafon
Prix : 18,95€ (Partenariat)
Date de parution originale : 14 avril 2016

  Résumé (Laissez-vous la surprise de l’histoire !) : Yaël ne vit que pour son travail. Brillante interprète pour une agence de renom, elle enchaîne les réunions et les dîners d’affaires sans jamais se laisser le temps de respirer. Les vacances, très peu pour elle, l’adrénaline est son moteur. Juchée sur ses éternels escarpins, elle est crainte de ses collègues, et ne voit quasiment jamais sa famille et ses amis qui s’inquiètent de son attitude. Peu lui importe les reproches qu’on lui adresse, elle a simplement l’impression d’avoir fait un autre choix, animée d’une volonté farouche de réussir. Mais le monde qu’elle s’est créé pourrait bien vaciller face aux fantômes du passé.


  LIVRE COUP DE CŒUR ! Rien que de commencer cette chronique, j’ai le cœur qui bat à 100 à l’heure. J’ai peur de ne pas retranscrire par écrit tout ce que j’ai pu ressentir en lisant ce livre. Je dois d’abord remercier Camille, l’attachée de presse Michel Lafon. Tout comme Agnès Martin-Lugand qui m’a gentiment dédicacer son ouvrage. Une véritable surprise pour moi, alors merci à vous 2 ! Franchement la couverture est sublime. Le mannequin dégage beaucoup de force et rempli l’espace avec tellement d’élégance. Yaël pourrait très bien être représentée de cette façon. J’avais à peine effleuré le résumé pour me laisser une totale découverte du livre. Et j’ai bien fait parce que j’ai adoré. Du début à la fin cette lecture a été un véritable délice.

  Le 1er chapitre débute 10 ans plus tôt. On retrouve une Yaël très enjouée, sur le point de finir son stage de fin d’études qui la barbe. L’auteure fait un tour d’horizon en nous la présentant ainsi que sa famille et ses amis. On sent une cohésion de groupe, une forte amitié entre ces 6 personnes. Le roman commence donc de la meilleure des manières. Puis au chapitre 2, 10 ans plus tard, on fait la connaissance d’une Yaël très professionnelle, limite froide et distante avec son entourage. Une femme qui ne vit que pour son boulot et la réussite. Ce changement de cap m’a de suite rendu curieux. Comment en est-elle arrivée là ? Que s’est-il passé ?

  Comment vous dire sans me mettre à pleurer que Yaël m’a énormément touché… et en plein cœur. Je suis littéralement tombé amoureux de son histoire et de son évolution. C’est une jeune femme intelligente avec un caractère fort qui ne laisse personne lui marcher sur les pieds. Pour elle la réussite est son moteur, une adrénaline qu’elle entretient depuis des années… pour atteindre un but bien précis. A côté, on sent une Yaël avec des barrières, qui ne s’autorise pas à flancher, même pas à souffler un petit jour. Avec l’aide de sa sœur Alice et de ses amis (Cédric, Adrien et Jeanne), elle va commencer à prendre conscience de certaines choses. Surtout après l’épuisement psychologique qu’elle s’inflige. L’importance du 1er chapitre se fait aisément comprendre. On va par petites touches retrouver l’ancienne Yaël… mais après bien des embuches. Ce personnage m’a donné du fil à retordre parce qu’il y a certains moments où je ne l’ai pas compris. Mais l’auteure a le mérite de l’avoir parfaitement approfondi, creusé et dévoilé. Même les personnages secondaires sont importants. Chacun à leur manière rendent le récit plus intéressant et plus riche. J’ai oublié de vous parler de Marc ! En fait non, vous n’avez qu’à le découvrir vous-même…

  Ce qui est paradoxal c’est que les chapitres sont assez longs. Mais dans ce roman ça ne m’a pas du tout dérangé. On se laisse porter par l’histoire de Yaël. Par sa vie, ses questions, ses remises en questions. On navigue avec les interactions entre les personnages, le fait que ses amis la bousculent pour lui faire prendre conscience des choses importantes de la vie. On avale les pages en se sentant de plus en plus impliqué dans le récit, plus touché que jamais par cette histoire sincère. Le fait de se poser toujours plus de questions nous pousse à continuer…

  « Désolée, je suis attendue » est un roman sur les choix d’une vie. Yaël est un personnage avec lequel beaucoup de personnes vont pouvoir s’identifier. On cherche tous dans notre vie un certain équilibre. L’équilibre entre notre vie professionnelle et notre vie personnelle. Comment faire pour y parvenir ? Comment se remettre en question pour pouvoir avancer du bon pied ? Agnès Martin-Lugand livre une histoire qui n’est pas toute rose. Entre la Yaël du début et celle de la fin, le chemin est long et difficile. Elle se prend des claques, tombe à terre et se relève… mais c’est ce qui la rend plus forte et plus sensible. L’auteure aborde aussi des thèmes qui me sont chers comme la famille, les amis, l’amour… et tout ce que ça peut entraîner : du bon comme du mauvais.

  Comment vous dire à quel point j’ai pu être transporté par la plume de l’auteure. Grâce à son style tout en simplicité et en authenticité… j’ai ressenti un panel d’émotion incroyable. J’ai été stressé, heureux, triste, dans l’incompréhension, avec le ventre noué ou encore avec les larmes aux yeux. D’ailleurs j’ai beaucoup eu les larmes aux yeux… souvent dans des moments simples relatés avec simplicité et efficacité. La fin du roman… je ne m’y attendais pas vraiment. C’est une fin qui se déroule de manière logique, dans la continuité du récit. Mais… je veux une suite ! Si l’auteure lit cette chronique, vous ne pouvez pas me faire ça !! En tout cas Agnès Martin-Lugand a réussi avec de la simplicité, à me faire passer un excellent moment. C’est une auteure qui a un véritable don de conteuse, elle vous charme et vous êtes happé dans le récit. Je ne peux que vous recommander ce livre. Jetez-vous dessus, lisez le et découvrez l’histoire de Yaël… vous réfléchirez à deux fois avant de dire : « Désolée, je suis attendue ».

  PS : Pour ceux qui ont lu « Entre mes mains le bonheur se faufile », Iris et Gabriel font une petite apparition ;) Sympa de croiser les histoires comme ça !

Ma note : 9,5/10.

Un grand merci à Camille, aux éditions Michel Lafon et à Agnès Martin-Lugand pour ce partenariat !

La chronique de Momoko pour cette lecture commune : ICI.

lundi 11 avril 2016

Chronique : Les prodiges de Jeremy Scott


Les prodiges de Jeremy Scott.
(Genre : Fantastique, Jeunesse).

Editions : Michel Lafon
Prix : 17,95€ (Partenariat)
Date de parution française : 24 mars 2016
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : The Ables.

  Résumé :
Ils sont six
Ils sont handicapés
Personne ne croit en eux
Pourtant leurs pouvoirs sont incroyables
Ils sont les prodiges
Des super héros comme vous n’en avez jamais vu !


  Un livre avec des super héros pas comme les autres… obligé que le livre soit fait pour moi. Le fantastique est mon genre de prédilection et en plus j’adore toutes les histoires qui tournent autour des pouvoirs. Que le récit fasse intervenir des adolescents handicapés c’était quelque chose de novateur. Et donc accrocheur. J’aime beaucoup la couverture, beaucoup plus jolie que celle proposée à Montreuil dans le dépliant. Stéphanie Hans a réalisé un incroyable travail pour l’illustration ! Et puis le résumé a suffit pour me tenter, pas vous ? Au final j’ai passé un très bon moment de lecture. J’ai juste eu un petit souci de longueur dans le récit.

  J’ai apprécié le fait que l’auteur nous plonge directement dans le vif du sujet. A travers notre protagoniste Phillip on va découvrir un monde qu’on ne soupçonnait même pas. La fameuse discussion qu’il va avoir avec son père met en tout cas le lecteur sur les rails de l’univers. C’est bien abordé, bien décrit et on est curieux de lire la suite. On est aussi confronté au handicap de Phillip : la cécité.

  De part son handicap, Phillip est un personnage d’autant plus attachant. Ça peut paraître stupide de dire ça, mais c’est la stricte vérité. Pour un garçon de 12 ans je l’ai trouvé hyper mature ! Tout comme ses camarades d’ailleurs. Réfléchi, ordonné, travailleur et curieux de tout. Il saura vous surprendre par sa capacité à s’adapter à son handicap. Notre adolescent est un personnage bien exploité dans l’ensemble. Peut-être aurait-il fallu faire intervenir des souvenirs avant la découverte de ses pouvoirs. Mais c’est vraiment subsidiaire. J’ai beaucoup aimé sa manière de penser et sa volonté de toujours aller vers l’avant. Bon il est parfois un peu casse bonbon, mais ce n’est pas grave. Ses camarades que sont Bentley, Henry, James, Donnie et Freddie ont tous des capacités particulières… mais leur handicap amoindri leur super pouvoir. Cependant mon petit doigt me dit qu’ils vont réussir ensemble à transcender leurs faiblesses… pour en faire des avantages.

  Le rythme est intéressant bien qu’il soit parfois en dent de scie. Surtout sur la première partie d’ailleurs. Je pense qu’il y a des longueurs qui peinent un peu à faire avancer le récit. Certains points que j’aurais facilement zappé. Au début il y a tout un penchant sur l’histoire des super héros et c’est vraiment bien trouvé. Après jusqu’à la fin de la première SuperSim c’est un peu lent. Puis crescendo, le rythme monte, on apprend des choses, on fait des découvertes et ça part dans tous les sens. En réfléchissant, je me dis que le manque d’action dans cette première partie est nécessaire… mais on le comprend bien après, dommage. Les chapitres ne sont pas très longs et heureusement !

  Et l’univers dans tout ça ? J’ai adoré ! Ces supers pouvoirs, les facultés de chacun, le fait qu’ils arrivent à eux 6 à se surpasser pour transcender leur handicap ! On sent que Jeremy Scott a basé son livre sur l’entre aide et c’est super. Chaque personnage possède sa faculté et ensemble, c’est l’apothéose. Je relève aussi un point important… le handicap est abordé. Alors certes il est masqué par le côté fantastique mais l’auteur est consciencieux. Il aborde le handicap à l’école, entre les élèves, comment il est perçu par les autres et les difficultés des personnes handicapées. Cela donne un roman plus profond qu’il n’y paraît au début. Et pour ça chapeau à l’auteur. Ce qui m’a aussi plu c’est le côté enquête du roman ! C’est très bien fait et je peux vous dire que j’ai été surpris. Les éléments sont là dans le récit mais on ne les voit pas… c’est très bien joué.

  L’écriture de Jeremy Scott permet de visualiser (même si notre protagoniste est aveugle), les scènes et les pouvoirs. Et même si les protagonistes ont à peine 12 ans, je trouve que le style est limite adulte. Ça ne m’a pas dérangé mais du coup, je pense que ce livre est à découvrir à partir de 14 ans. Bon la fin est juste phénoménale. Une fois on se dit que Phillip et ses amis vont y arriver, une autre fois on doute etc. Je ne sais pas s’il y aura une suite mais je pense que vue la fin… c’est inenvisageable ! Ça donne trop envie de retrouver cet univers et un Phillip qui a bien évolué au fil du roman. Que vous dire à part que j’ai adoré ! Un univers riche, des pouvoirs géniaux et le thème du handicap abordé avec intelligence !

Ma note : 8/10.

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

dimanche 10 avril 2016

*Vidéo* : Être un homme et aimer lire des romances !


Bonjour les Readers !

J'espère que vous allez bien ? Je vous partage aujourd'hui une vidéo qui me tenait à coeur :) J'ai eu l'idée de la faire à la fin de l'année 2015... et elle est enfin là ! Je voulais vous parler de mon expérience avec le genre contemporain, et plus particulièrement avec la romance. Comment j'ai débuté pour lire ce type de littérature ? Par quoi j'ai commencé ? Ce que je recherche en lisant ce genre ? Et vous donner également des conseils de lecture pour les intéressés ! J'espère que la vidéo vous plaira ;) Je vous souhaite un bon visionnage !

Enjoy <3

Les livres que je vous conseille :
    
        

lundi 4 avril 2016

Chronique : Le complexe du papillon d'Annelise Heurtier


Le complexe du papillon d’Annelise Heurtier.
(Genre : Jeunesse, Psychologie).

Editions : Casterman
Prix : 12,90€ (Partenariat)
Date de parution originale : 6 avril 2016

  Résumé : J'ai ôté mes vêtements sans cesser de fixer le miroir et les larmes me sont montées aux yeux. Comment un garçon tel que Jim se laisserait séduire par si peu de grâce, de personnalité ? Louison a tort. Aucune robe ne réussira jamais à donner l'illusion que je suis devenue papillon. Tout simplement parce que je ne suis pas un papillon. Je suis une chenille flanquée de deux énormes cuisses. Tout doucement, sans s'en rendre compte, Mathilde va tenter de devenir papillon, quitte à se mettre en danger...


  Je tiens à remercier Babelio et la maison d’édition Casterman pour la découverte du livre. Sans eux, je serais passé à côté d’une histoire qui vaut la peine d’être lue. Lorsque j’ai postulé à la masse critique, c’est la couverture qui m’a d’abord interpellé. Cette jeune fille avec des ailes de papillon. Une ombre plus grosse que l’adolescente en question… bizarre mais intriguant. Le titre est ensuite venu me rendre curieux. Le résumé a fini de me convaincre. L’anorexie est un thème sensible, peut-être même tabou dans notre société. Je voulais voir comment l’auteure allait le traiter. Je peux vous dire que j’ai passé un excellent moment de lecture.

  J’ai de suite été charmé par la manière dont l’auteure aborde son récit. Sur un ton léger presque plaisantin. Elle nous présente Mathilde 14 ans, jeune fille de la campagne dont les parents sont agriculteurs. Annelise Heurtier choisit le ton de l’humour pour les présentations. Je pense que c’est bien joué. Cela permet d’apporter un peu de légèreté. On est de suite entraîné dans les aventures de Mathilde. Notre curiosité nous pousse à lire. On veut savoir quel est l’élément qui va tout déclencher.

  Grâce à cette présentation de Mathilde, l’auteure permet au lecteur de s’attacher directement à elle. C’est la jeune fille avec qui tout le monde aimerait être amie. Rigolote, sympathique, attentionnée et chérissant les moments avec les copines. J’ai un peu catalogué Mathilde comme la bonne pate. Un gros nounours de guimauve qu’on aurait envie de prendre dans nos bras. On sent quand même que l’adolescente n’a pas une vie parfaite. Elle aime sa famille mais ses parents comme elle, ne sont pas des gens très expressifs. Ces derniers sont à fond dans leur boulot et délaissent un peu leur fille. Il y a aussi un élément familial qui rentre en compte dans la vie de Mathilde… mais je vous laisse le découvrir. C’est un personnage bien travaillé psychologiquement et assez approfondi pour son histoire… j’aurais juste aimé avoir quelques souvenirs de plus. Mais je chipote.

  Le rythme est excellent. Déjà que le roman fait 195 pages, les chapitres courts et la multitude de dialogue apportent une très bonne fluidité. Même lorsqu’on est dans les pensées de Mathilde, sa manière de pensée est tellement intéressante qu’on ne cesse pas de tourner les pages. De plus, j’ai bien ressenti la construction du récit. On sent la descente de Mathilde, sa régression, le cercle vicieux qu’elle se construit, son emprise psychologique face à la nourriture. Le roman commence dans la joie et la bonne humeur et continue pour devenir plus sombre et plus étroit.

  J’en viens au point le plus important : le thème de l’anorexie. Il faut savoir qu’Annelise Heurtier aborde l’anorexie mentale. Donc pour les plus réticents, il n’y a pas de vomie et de doigts dans la bouche, soyez rassurés ! Je trouve que l’auteure a parfaitement décrit cette maladie. On sent qu’elle a voulu mettre le doigt là où ça fait mal. Dire aux plus jeunes que l’anorexie peut toucher tout le monde. Ça peut partir d’un simple petit régime… pour prendre une importance incroyable. Une importance surtout pour celle ou celui qui le fait. Que ce soit pour plaire, rentrer dans une robe ou un pantalon. Ça peut détruire des vies, on peut en mourir et je crois que l’auteure fait bien passer le message. On est aux côtés de Mathilde, on voit qu’elle perd pied, on voit les privations… on aimerait l’aider mais c’est impossible. L’auteure approfondi son histoire jusqu’au point de non retour et c’est bien fait. Beaucoup de sentiments ressentis lors de la lecture.

  L’écriture d’Annelise Heurtier m’a beaucoup plu. Intéressante dans la construction des phrases, dans l’utilisation des mots. Même si c’est un livre jeunesse, la plume n’arrêtera pas les adultes que nous sommes. On sent qu’elle arrive à appuyer là où ça fait mal avec de simples mots. J’ai apprécié la fin. On sent l’évolution de Mathilde, de ses proches et de ses amis. C’est une fin qui fait sourire et ça fait du bien. Je regrette juste que le roman soit si court… je serais bien resté avec Mathilde encore un peu. Je vous conseille fortement de lire ce livre. Un sujet tabou qui est brillamment abordé par l’auteure. Un livre à mettre entre toutes les mains, qu’on soit fille ou garçon, jeune ou plus vieux. Il apportera peut-être le déclic nécessaire, pour se rendre compte à quel point cette maladie est grave.

Ma note : 8,5/10.

Merci à Babelio et aux éditions Casterman pour ce partenariat !

dimanche 3 avril 2016

Chronique : Paranoïa de Mélissa Bellevigne


Paranoïa de Mélissa Bellevigne.
(Genre : Fantastique, YA).

Editions : Hachette
Prix : 17€ (Partenariat)
Date de parution originale : 30 mars 2016

  Résumé (Réduit volontairement) : Lisa Hernest, psychiatre reconnue et spécialisée dans les cas complexes, est appelée à l’institut Saint-Vincent en périphérie de Paris. Elle va rencontrer sa nouvelle patiente : Judy Desforêt, internée pour paranoïa et hallucinations, enceinte de cinq mois et qui refuse de s’alimenter. Dès leur première entrevue, la jeune femme qui se dresse face à elle fait preuve d’une lucidité et d’un discernement hors pair. Et plus Lisa apprend à la connaître, plus leurs échanges viennent ébranler ses propres convictions professionnelles et personnelles…


  « Paranoïa » est le roman qui fait parler de lui en ce moment sur les blogs et booktube. Notamment parce que l’auteure Mélissa Bellevigne est plus connue sous le nom Golden Wendy. Personnellement avant l’annonce de la sortie du bouquin, je ne connaissais pas du tout cette YouTubeuse beauté. Dans cette chronique ce n’est pas Golden Wendy que je vais critiquer mais bien l’auteure Mélissa Bellevigne. La couverture est magnifique, elle reflète bien l’univers et l’ambiance du roman. Le résumé m’avait plu lorsque je l’avais survolé. Au final si j’ai apprécié le roman dans son ensemble, il y a quand même des défauts que je dois relever.

  J’ai de suite accroché au début. L’auteure nous plonge au cœur de son récit avec la rencontre entre Judy et Lisa, nos deux protagonistes. On commence à les connaître, à en apprendre un peu plus sur elles. Mélissa Bellevigne place son histoire, le contexte de l’intrigue et c’est très bien fait. Le lecteur ne peut être que curieux de découvrir la suite. On sent qu’il y a un élément qui cloche, qu’un élément nous échappe… et on veut découvrir ce qu’il se passe derrière cette « Paranoïa ».

  Les personnages sont intéressants dans leur développement et leur caractère. Judy est au départ renfermée, craintive, suicidaire et très mal dans sa peau. Au contact de Lisa, une femme sensible et altruiste, la patiente de l’hôpital psychiatrique va peu à peu s’ouvrir pour nous dévoiler son histoire. J’ai bien aimé son évolution, son côté sombre, sur ses gardes. C’est une fleur qui ne cesse de s’ouvrir et je trouve que son histoire est bien narrée par l’auteure. On ne peut que s’attacher à elle malgré qu’elle soit parfois super chiante. Judy est égoïste, notamment envers Alwyn (je vous laisse découvrir qui il est). Une vraie tête à claque qui peut avoir des réactions à l’opposé de ce qu’on aurait eu dans la réalité. Quant à Lisa, je trouve que son histoire est totalement éclipsée par celle de Judy. La vie de la psychiatre aurait mérité 1000 fois plus d’être mise en avant. C’est dommage parce que Lisa est un personnage fragile et fort à la fois qui est au même niveau que Judy. Je regrette que l’auteure l’ait laissé de côté durant un moment dans son livre.

  Le rythme est très bon. Mélissa Bellevigne choisit d’alterner les points de vue entre Lisa et Judy ce qui apporte une réelle fluidité. Elle  nous fait même le privilège de nous en glisser un troisième, celui d’Alwyn, vers la fin du livre. Cependant lorsque l’histoire de Judy se dévoile, j’aurais préféré que l’auteure continue l’alternance des points de vue. Comme on se place du côté du souvenir, Lisa est mise de côté un moment. C’est ce qui m’a chagriné à la lecture. J’aurais aimé voir les réactions de Judy lorsqu’elle raconte son histoire, tout comme celles de Lisa lorsqu’elle la découvre. Je pense que cela aurait renforcé le côté psychologique du roman. Mais attention le livre s’avale vite !

  J’en viens je crois aux points les plus délicats à critiquer : l’univers et les thèmes abordés par l’auteure. Elle m’a surpris par le côté fantastique du roman : collection Black Moon oblige. L’histoire de Judy est bien construite, bien amenée. J’ai apprécié les révélations et tout ce que faisait l’auteure autour de la clé de l’énigme. Cependant le côté psychiatrique n’est pas assez abouti. Quand on voit le résumé, le titre du livre, on s’attend vraiment à un récit psychologique de malade. Qu’on soit nous aussi perdu entre la réalité et l’hallucination. Personnellement ça n’a pas été mon cas. Durant les entretiens entre Judy et Lisa, aucune hallucination n’est à déplorer. Quand on est du point de vue de Judy on sait… je n’en dirai pas plus.

  Pour un premier roman, je trouve que le style de Mélissa Bellevigne est charmeur. Elle arrive à nous faire imaginer les lieux, les habits des personnages. Elle construit de belles phrases et joue avec leur structure. Ce qui m’a déçu c’est que par moment on revient sur une émotion ou sur un état d’âme qu’on a évoqué juste avant (quelques pages ou chapitres). A cause de ça, on perd peut-être en efficacité dans la ligne de conduite de l’histoire. C’est redondant. Bon et la fin on en parle ? Parce que pour moi ce n’est pas une fin. Elle n’est ni ouverte, ni fermée et ce n’est pas un cliffhanger. Je suis resté dans l’expectative en me disant qu’il manquait des pages au roman. Comme si l’auteure avait voulu s’arrêter là, qu’elle n’avait pas voulu choisir. Du coup, j’ai des questions qui n’auront jamais de réponse… Maintenant la balle est dans votre camp. Le roman de Mélissa Bellevigne est bon pour une première histoire. Il y a juste des défauts qui ne permettent pas à l’histoire d’être exceptionnelle.

Ma note : 7/10.

Merci à Aurélie et aux éditions Hachette – Black Moon pour ce partenariat !

mardi 29 mars 2016

Chronique : Les traversées de Solange Delhomme


Les traversées de Solange Delhomme.
(Genre : Contemporain).

Editions : Milady
Prix : 6,90€ (Partenariat)
Date de parution originale : 18 mars 2016.

  Résumé : Clara n’a que quelques mois quand elle perd sa mère. Fou de chagrin, son père s’exile à l’abri du monde et confie la fillette à sa grand-mère. À sa mort, la vieille dame laisse derrière elle des carnets qui brisent des années de silence. Leur lecture révèle à Clara des facettes insoupçonnées de la lignée de femmes dans laquelle elle s’inscrit. Elles sont de celles qui se jettent à corps perdu dans des passions qui les brisent. De celles qui souffrent d’une incapacité à vivre et aimer en même temps dont Clara se demande si elle n’a pas hérité…


  J’ai été fortement tenté par ce roman lorsque la maison d’édition me l’a proposée. J’ai pu lire l’extrait se situant sur la 4ème de couverture et je dois dire que le style m’a tapé dans l’œil. Soutenir une auteure française est intéressant lorsqu’on sait que la majorité des publications provient de pays anglophones. Bref, ajoutez à cela une magnifique couverture et un résumé prometteur… il ne m’en a pas fallu plus. Au final, je dois dire que je suis assez déçu par ma lecture. Frustré de ne pas avoir trouvé ce que je recherchais au départ.

  Pourtant, le prologue ainsi que l’entame du récit m’ont bien plu. On rencontre Clara qui va devoir faire face à un événement tragique. Et puis l’alternance entre les temporalités présent et passé me plaisait bien. Pourtant j’ai très vite su identifier ce qui me gênait. Même si j’étais curieux de continuer pour savoir où l’auteure allait m’amener, j’avais de plus en plus de mal à revenir au roman. Je sentais que je perdais le sens de l’histoire et je ne me suis pas trompé.

  Je n’ai pas du tout réussi à m’attacher à Clara et à ses problèmes. Je ne saurais pas identifier son caractère ni même ses ambitions dans la vie. Je trouve que l’auteure n’a fait que survoler son histoire tout comme celle de sa famille. On apprend des choses sur son passé et sur son enfance. Mais on reste simplement en surface. C’est bien dommage. J’aurais aimé plus de détails, plus de ressentis, plus d’émotions par rapport à ce qu’éprouve la jeune femme. Je m’attendais à être chamboulé par son histoire mais je suis presque resté de marbre. Pourtant, vous savez combien je suis sensible. Mais ici, l’histoire ne m’a pas touché comme je l’avais espéré.

  Le rythme est cependant intéressant. Le roman est court puisqu’il fait 210 pages. Les chapitres ne sont pas longs et l’alternance des temporalités apportent une fluidité intéressante. Je continuais à lire parce que j’étais curieux de voir si j’allais me tromper sur mes a priori. Si j’allais avoir des réponses à mes questions. Est-ce que tel fait ou tel événement allait être plus mis en avant… Bref, c’est un roman qui se lit bien, c’est juste l’histoire qui fait défaut.

  En lisant le résumé, je m’attendais à lire un récit sur une sorte de malédiction. Je m’attendais bien sûr à ce que le récit ne soit pas fantastique. Je ne pensais pas trouver cette histoire là. Je croyais que le récit allait être agencé d’une autre manière. Les lettres qu’on trouve à l’intérieur du livre devraient nous aider mais elles nous perdent plus qu’autre chose. J’ai bien aimé voir les vies antérieures de la mère et la grand-mère de Clara. Comment elles sont incapables de vivre et aimer en même temps. C’est touchant et dur à la fois. Mais je ne sais pas, l’histoire est trop brouillonne, pas assez approfondie. Je n’ai pas eu l’impression que l’auteure savait vraiment où elle allait (bien que ce soit son propre récit). Peut-être suis-je passé à côté ? Oui, sûrement. Ou alors je ne suis pas la cible de ce roman.

 La plume de Solange Delhomme est intéressante parce que travaillée. Je l’ai trouvé poétique, comme si on entendait une rivière coulée et qu’on se laissait porter par le son. Ici, on se laisse porter par les mots sans s’en rendre compte. Pourtant si le style est remarquable, je pense que c’est lui qui mange l’histoire. Peut-être que l’auteure en a trop fait. Personnellement, je me suis senti noyé derrière les mots, sans trouver véritablement le sens de l’histoire. J’en suis le premier déçu et frustré. Que vous dire à part que je regrette. On ne peut pas aimer tous les romans. Si vous voulez essayer, tentez. Il est fort probable que je sois passé à côté, malheureusement.

Ma note : 5,5/10.

Merci aux éditions Milady pour ce partenariat !