Nos dernières chroniques...

Nos dernières chroniques...


dimanche 6 novembre 2016

Chronique : Au pays de l'Ailleurs de Tahereh Mafi


Au pays de l’ailleurs de Tahereh Mafi.
(Genre : Jeunesse, Fantastique).

Editions : Michel Lafon
Prix : 16,95€ (Partenariat)
Date de parution française : 13 octobre 2016
Année de parution originale : 2016
Titre version originale : Furthermore.

  Résumé : Avec sa peau pâle et ses cheveux de neige, Alice détonne à Ferenwood, ce monde éclatant où les couleurs sont révélatrices d’un don magique. L’incolore jeune fille de douze ans n’a donc apparemment aucun intérêt, et les habitants de ce lieu en ont fait une paria. Aussi, lorsqu’Oliver lui propose de l’aider à chercher son père, la seule personne qui a toujours cru en elle, Alice accepte. Même si le garçon est son ancien ennemi de classe et que son talent consiste à tromper son monde. Même si, pour retrouver celui qui a disparu trois ans plus tôt, ils devront explorer le dangereux pays de l’Ailleurs… Un endroit où rien n’est ce que l’on croit, et où les pièges pullulent. Un endroit où ils trouveront peut-être plus que ce qu’ils sont venus y chercher.


  Tahereh Mafi est une auteure que j’apprécie beaucoup. Notamment avec sa série « Insaisissable » que j’avais adorée ! Ici, elle nous revient avec un roman middle-grade, comprenez jeunesse. Une histoire qui change totalement de la dystopie qu’elle avait écrite auparavant. On est ici dans le fantastique pur et dur. La couverture réalisée par les éditions Michel Lafon est sympathique. Après ma lecture je comprends enfin pourquoi ce choix éditorial. Il est vrai qu’au final, elle colle bien à l’histoire. Cependant j’ai toujours une préférence pour la couverture originale. Bref, ce n’est qu’un détail. Après avoir refermé le livre, j’ai apprécié dans l’ensemble cette histoire. Mais des défauts sont venus entachés mon ressenti global.

  L’auteure a de suite su capter mon attention dans son récit. On fait la rencontre d’Alice qui est une enfant qui va bientôt avoir 12 ans. Sa maman ne l’apprécie pas tellement, ses petits frères ne se préoccupent pas d’elle et son père est parti sans jamais revenir. Alice ne fait pas la fierté de sa contrée à cause de son absence de couleur. La couleur est pourtant omniprésente à Ferenwood, elle est ce qui donne un sens à la magie. J’ai été curieux de savoir pourquoi Alice n’avait pas de couleur. Si elle avait un peu de magie en elle ou pas. Et comment l’auteure allait l’amener au pays de l’Ailleurs.

  Je dois dire que je ne me suis pas tellement attaché à Alice malgré son jeune âge. Dommage que son évolution ne la rende touchante que vers la fin. Tout au long du livre j’ai trouvé qu’elle n’en faisait qu’à sa tête, qu’elle n’écoutait pas Oliver et ses mises en garde. Qu’elle était parfois égoïste (encore qu’à 12 ans c’est normal) et qu’elle agissait comme si elle avait parfois 6 ans. Une vraie gamine qui fait des caprices. Je pense que derrière ces défauts, Alice est une personne qui cache ses vrais sentiments. Qu’elle ne comprend pas vraiment son véritable don. Ses liens familiaux sont aussi compliqués. Elle est frustrée que sa mère ne l’apprécie pas plus que ça. Surtout qu’en tant que maman, elle devrait forcément l’aimer malgré sa différence. Un personnage central en demi-teinte qui m’a à la fois plu mais pas tant que ça. Dommage qu’on ne comprenne pourquoi que vers la fin. Je vous laisse découvrir Oliver et les autres personnages plus secondaires. Ils en valent la peine.

  Le rythme de lecture aurait pu être plus dense et cadencé. Il y a des longueurs tout au long du roman qui m’ont un peu dérangé. Je pense que les interventions de l’auteure dans le livre ne sont pas essentielles. Au lieu d’intervenir personnellement, elle aurait pu laisser Alice nous livrer ses pensées elle-même. Une cinquantaine de pages pourraient être coupées pour apporter plus de dynamisme. Après les chapitres sont courts et apportent de la fluidité. L’histoire met un certain temps à démarrer mais une fois les 120 pages passées, on ne s’ennuie plus. On part à la découverte, comme Alice, du pays de l’Ailleurs.

  L’univers est assurément le gros point fort du roman. Que ce soit à Ferenwood ou au pays de l’Ailleurs, l’auteure a su m’embarquer dans ces contrées. L’histoire de ces deux villes, l’explication autour de la magie, les règles et les interdictions en Ailleurs. Tahereh Mafi a une imagination impressionnante ! J’ai été séduit je l’avoue. Après, il est vrai que j’aurais aimé encore plus de détails, plus de difficultés pour Alice et Oliver. Mais ce monde appelle à être développé. J’ai aussi apprécié les messages délivrés par l’auteure. Des messages sur la différence, l’amour familial et amical. Ce sont des thèmes qui parleront aux jeunes qui liront le roman.

  La plume de Tahereh Mafi m’a embarqué. Une plume qui appelle à l’imagination, à visualiser toutes ces couleurs, la magie de Ferenwood, les villages de l’Ailleurs. Je me suis laissé porter pour mon plus grand plaisir. Je regrette que le roman soit trop accès jeunesse. Je trouve qu’on perd en intensité. Et la fin est à mon sens un peu précipitée. C’est vraiment dommage. Bref, malgré ses défauts, « Au pays de l’Ailleurs » m’a plu par son univers original. Il est dommage que les points négatifs se placent sur des éléments cruciaux du récit. Je lirai quand même avec plaisir un autre livre de l’auteure. J’espère que sa magnifique plume servira un récit YA ou adulte.

Ma note : 7/10.

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

La chronique de Momoko pour cette lecture commune : ICI.

mercredi 2 novembre 2016

Chronique : Silver - Livre 3 de Kerstin Gier


Silver – Livre 3 de Kerstin Gier.
(Genre : Jeunesse, Fantastique).

Editions : Milan
Prix : 15,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 21 septembre 2016
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : Silber, Band 3 : Das dritte Buch der Träume.

  Résumé : Liv a l’impression que ses problèmes ne finiront jamais : remariage de sa mère, complexe d’infériorité, ragots du collège attisés par la mystérieuse blogueuse Secrecy, et fierté blessée par son ex-petit ami Henry. Sans parler des couloirs du rêve et du dangereux Arthur, qui manipule les gens pendant leur sommeil pour les faire agir à sa guise. Et si le Seigneur des ombres et des ténèbres existait pour de vrai ? Il y a des jours où l’on préfèrerait cauchemarder plutôt que d’affronter la réalité.


  La trilogie « Silver » est destinée aux adolescents de 15 ans. Pourtant je n’ai eu aucun mal à l’apprécier. Le tome 1 a été un coup de cœur, le tome 2 une excellente lecture… et le tome 3 reste dans la même veine. Je regrette juste que les éditions Milan n’aient pas choisi une autre ligne éditoriale pour cette série. Les visages ne rendent pas justice aux personnages et encore moins à l’histoire. Au final, même si la série possède quelques défauts (ce tome 3 ne fait pas exception), j’ai passé un très bon moment !

  Kerstin Gier arrive toujours à attirer son lecteur dès les premières pages. Entre rêve et réalité, on peut parfois s’y perdre… surtout en début de chapitre et je trouve que ce côté déstabilisant est un plus pour l’histoire. On est toujours avec Liv et sa sœur Mia, tout comme avec Grayson et Henry. L’auteure fait des rappels sur les tomes précédents et c’est intelligent. L’intrigue de cet ultime volet est en partie liée à celle du tome 2 tout en se renouvelant. Cela permet ainsi au lecteur d’y trouver son compte.

  Les personnages sont tous intéressants à suivre. Notre protagoniste Liv est parfois assez énervante tant elle est indécise. On a envie de la secouer et de lui dire de faire des choix une bonne fois pour toute. J’admire cependant l’auteure par sa capacité à mettre Liv dans des situations assez cocasses et drôles. C’est un personnage haut en couleurs que le lecteur ne regrettera pas de suivre… tout comme sa sœur Mia d’ailleurs. Elle restera toujours mon personnage préférée. Une petite détective en herbe, super maline et intelligente. J’aurais adoré avoir une sœur comme elle ! Il y a également d’autres personnages comme Grayson, Henry, Annabelle, Arthur et les membres de la famille de Liv. Chacun apporte sa petite pierre à l’édifice et chacun permet à l’histoire d’être ce qu’elle est : originale, addictive et so british.

  La lecture est prenante malgré les quelques longueurs qu’il peut y avoir dans l’intrigue. L’auteure fait quelques divagations. On aimerait qu’elle se concentre davantage sur les problèmes liés au monde des rêves que sur les difficultés amoureuses de Liv. A part ce petit souci, le récit se lit avec une grande facilité, les chapitres ne sont pas très longs. Ajoutez aussi que les personnages sont toujours en mouvement : que ce soit physique ou psychique. Les réflexions se font denses dans l’enquête tissée par l’auteure. Au final on se prend au jeu avec grand plaisir.

  Dans la série « Silver », ce qui m’a toujours intéressé c’est l’univers mis en place. Le monde des rêves m’a toujours fasciné et c’est encore d’actualité. J’adore ce que Kerstin Gier a fait de ses idées. Des règles qu’elle a pu établir, tout comme des interdits. De la façon dont elle a fait progresser ses personnages au sein de ce fameux couloir. Des larges possibilités que le lecteur apprend au fur et à mesure et je suis sûr… qu’on ne connaît pas encore tous les secrets. Peut-être aurait-il fallu plus de passages dans les rêves (je sais je tatillonne). Mais rien que pour le thème, je signe à nouveau sans hésitation.

  Le style de l’auteure n’est pas exceptionnel. Il est fluide, les phrases sont bien construites et les ados peuvent facilement tout comprendre. Ce qui est tout de même intéressant c’est la capacité que possède Kerstin Gier à nous faire imaginer son histoire. Des rêves incroyables plein de couleurs aux senteurs des gâteaux faits par Lottie (la nounou de Liv et Mia). Et rien que pour ça, c’est un pur délice. La fin m’a beaucoup plu et m’a aussi surpris ! Bien entendu, je vous recommande de lire « Silver ». Une trilogie que j’ai adoré découvrir et avec laquelle je n’ai pas été déçu !

Ma note : 8/10.

Merci à Elodie et aux éditions Milan pour ce partenariat !

vendredi 28 octobre 2016

Chronique : L'éveil - Stade 1 de Jean-Baptiste de Panafieu


L’éveil – Stade 1 de Jean-Baptiste de Panafieu.
(Genre : Science-fiction).

Editions : Gulf Stream
Prix : 16,50€ (Partenariat)
Date de parution originale : 22 septembre 2016

  Résumé : Un mystérieux virus semble développer prodigieusement l’intelligence des animaux. A travers le monde, l’épizootie se propage rapidement dans les villes, les élevages, les forêts, affolant les biologistes, les amis des animaux… et les compagnies agroalimentaires. Et si le rapport de force entre les animaux et les hommes s’inversait ? Et si les bêtes décidaient de lutter pour sauver leur peau et leur liberté ?


  Le tome 1 de « L’éveil » est un livre dont je n’avais jamais entendu parler. Heureusement que je fais partie du club de lecture des marmottes à bigoudis de l’auteure Marie Pavlenko. Elle nous a proposé ce livre, on a accepté… et on a bien fait. La couverture est sympathique. Quand on connait l’histoire on voit les différents éléments et leurs liens. Le résumé était prometteur et j’avais hâte de voir comment l’auteur allait manier son récit. Au final, j’ai passé un excellent moment de lecture !

  Jean-Baptiste de Panafieu nous plonge directement au cœur de son intrigue. On fait la rencontre de Laura, jeune chercheuse qui fait des expériences sur des souris. Son dada… l’amélioration des capacités cérébrales des animaux. Ainsi, les souris peuvent plus facilement repérer un chemin qu’elles ont déjà pris par exemple. Tout par de là… de cette souris atteinte du virus, de son échappée dans la ville et de sa mort par d’autres animaux. On est curieux de voir comment ce virus est transmis. Quelles sont ses conséquences et comment les humains vont gérer la chose.

  Dans le livre il n’y a pas un personnage clef mais plusieurs. On tourne autour de 3-4 personnages principaux. Mais il faut également ajouter les animaux qui « s’éveille » à cause du virus. Il y a donc Laura, Gabriel, Clément et Alya mais aussi un chat, un chien, un perroquet et une corneille. Je ne vous cite que les personnages centraux mais d’autres interagissent… que ce soient des humains ou des animaux. Je trouve que même si les personnages ne sont pas attachants, on s’intéresse à eux. On n’est pas perdu, on sait qui est qui et quel rôle il a à jouer. L’utilisation de ces personnages rend le roman plus riche et plus complet.

  Je dois dire que le rythme est dingue. Le roman est court mais c’est écrit assez petit. Les chapitres sont un peu longuets mais il y a des respirations. Du coup, on peut arrêter sa lecture bien plus vite. Franchement vous n’aurez pas envie d’arrêter ! Au début vous êtes curieux de voir les effets du virus sur les animaux. L’auteur en plus raconte les phases d’éveil du point de vue de ces derniers (très bien fait et super intéressant !). Et plus on avance et plus les conséquences, les risques, les enjeux sont importants. On veut voir comment les personnages réussissent à gérer le virus. L’alternance des points de vue et la narration à la 3ème personne apportent à l’intrigue un renouveau constant.

  Là où Jean-Baptiste de Panafieu est fort, c’est qu’il arrive à travers un roman de fiction à nous interroger. Parce que si cela arrivait vraiment, comment réagirions-nous ? Accepterions-nous que les animaux aient des droits comme les humains ? Voudrions-nous trouver un antidote au virus ? Comment gérer cette pandémie extraordinaire mais aussi terrifiante ? Si les chiens et les chats sont des animaux gentils naturellement, qu’en est-il une fois éveillée ? Et ce n’est que le début d’une série de questions toutes aussi existentielles les unes que les autres. J’ai été à la fois émerveillé et terrifié lors de ma lecture.

  La plume de l’auteur est efficace, entraînante et divertissante malgré le sujet abordé. Un style fluide qui permet au lecteur de visualiser les animaux, les humains, le stade de l’éveil. Et puis je me suis demandé si l’auteur n’était pas chercheur lui-même. Je trouve que le roman est extrêmement bien documenté et ça paraît encore plus vrai que nature. En tout cas, une chose est sûre, je lirai la suite ! J’ai envie de savoir comment les choses vont tourner. Comment les personnages vont s’en sortir… et les animaux bien sûr ! En bref, je vous recommande ce roman original, addictif et qui permet au lecteur de se poser pas mal de question sur la sensibilité des animaux.

Ma note : 8,5/10.

Merci à Babelio et à Gulf Stream pour ce partenariat !

La chronique de Momoko pour cette lecture commune : ICI.

dimanche 23 octobre 2016

Chronique : Le syndrome du papillon de Maxence Fermine


Le syndrome du papillon de Maxence Fermine.
(Genre : Contemporain, Jeunesse).

Editions : Michel Lafon
Prix : 16,95€ (Partenariat)
Date de parution originale : 13 octobre 2016

  Résumé : Hugo Mars, 17 ans, n’est pas un garçon comme les autres. Atteint d’un mal étrange, le syndrome du papillon, il est interné en hôpital psychiatrique. Mais la vie est parfois surprenante. Car c’est là qu’il fait la plus belle rencontre de son existence. Celle de Morgane Saint-James, une jeune fille gothique et lunaire qui ne s’intéresse qu’aux génies. Hugo tombe aussitôt sous son charme. Jusqu’à ce que la jeune fille disparaisse…


  Ayant adoré « Le palais des ombres » du même auteur (ma chronique), j’avais envie de voir ce qu’il pouvait faire dans un genre plus jeunesse. « Le syndrome du papillon » avait tout pour me plaire. Une couverture magnifique avec une belle jeune femme et ses yeux désarmants… un résumé tentant par son originalité et ses thèmes abordés. J’ai commencé le livre confiant mais j’ai peu à peu déchanté. Le nouvel ouvrage de Maxence Fermine est pour moi une grosse déception.

  Pourtant on est vite propulsé dans l’histoire. On fait la rencontre d’Hugo à Graceland (comprenez l’hôpital psychiatrique) et il nous éclaire sur sa situation. Comment et pourquoi il a été interné. Morgane fait aussi rapidement son apparition. J’ai été tenté de voir comment leur relation allait évoluer. Comment ils allaient réussir à s’en sortir et si c’était possible. Du coup en grand curieux que je suis j’ai continué ma lecture en pensant que l’auteur avait largement le temps de développer son histoire.

  Là où le bas blesse c’est que je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Que ce soit Hugo, notre narrateur ou Morgane… je ne me suis pas senti concerné ou même touché par ce qui leur arrivait. Certes 2-3 situations font sourire et le lecteur est content pour eux, mais c’est tout. Je ne sais pas comment expliquer à quel point Hugo m’a souvent exaspéré. Il est grossier, utilise des gros mots, se veut taquin mais pas de la meilleure des façons. Il est aussi égoïste et ne pense pas que ses actes peuvent blesser les personnes qui l’entourent. C’est un personnage à peine travaillé qui mériterait une paire de claques. Morgane est davantage sympathique par son côté mystérieux et franc. La placer en tant que narratrice aurait je pense été plus louable pour le récit.

  Si l’histoire se lit vite et bien, et que les chapitres ne sont pas longs : il ne se passe pas grand-chose. On suit les personnages à Graceland avec leur maladie, on en apprend un peu sur eux et sur leur vie. Et on attend désespérément le moment où Morgane va disparaître. Un événement qui survient bien trop tard dans le récit. Maxence Fermine développe une intrigue plate qui mène le lecteur « dans le mur ». Pas de rebondissement, pas de révélation, juste des situations mises les unes à la suite des autres. Le roman est juste linéaire au possible et c’est bien dommage.

  Le thème développé par l’auteur, c’est ce que j’ai le plus apprécié. J’en ai appris plus sur les malades d’Asperger et j’ai enfin compris ce qu’était le syndrome du papillon. Tout est bien expliqué, les novices comme moi réussissent parfaitement à comprendre les tenants et les aboutissants. Je regrette juste que ce thème ne soit pas plus central dans le récit. Ce que j’ai au contraire détesté c’est la caricature de la société actuelle dépeinte par l’auteur. J’ai eu l’impression que Maxence Fermine blâmait tout ce qu’il n’aimait pas à travers Hugo. Ça m’a assez surpris et déstabilisé.

  La plume de l’auteur aurait pu être incroyable. Dans « Le palais des ombres » son style est mystérieux, limite poétique et assez original. Ici, j’ai eu l’impression qu’il se rabaissait aux jeunes en employant des termes familiers et grossiers par moment. Comme si les ados ne pouvaient pas comprendre un langage correct. Comme s’il fallait à tous prix coller au genre pour satisfaire la demande. C’est bien dommage parce que s’il avait pris le contrepied, le roman aurait été meilleur. La fin donne un certain espoir pour la suite de la vie d’Hugo. Mais quand j’ai tourné la dernière page je me suis dit : « tout ça pour ça, vraiment ? » Personnellement je ne recommanderais pas ce livre de Maxence Fermine. Ses autres ouvrages doivent être bien mieux. Seul le sujet de la maladie est bien abordé et je suis frustré que l’ensemble n’ait pas fonctionné.

Ma note : 4,5/10.

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

La chronique de Momoko pour cette lecture commune : ICI.

samedi 22 octobre 2016

Chronique : Léo - Tome 1 de Mia Sheridan


Léo – Tome 1 de Mia Sheridan.
(Genre : New Adult).

Editions : Hugo Roman
Prix : 17€ (Partenariat)
Date de parution française : 1er septembre 2016
Année de parution originale : 2013
Titre version originale : Leo, Book 1.

  Résumé : Lorsque Léo quitte le foyer d’accueil pour sa famille adoptive, il fait une promesse à Evie. Elle l’attendra en vain… Huit ans plus tard, Evie a construit sa vie. Elle a un travail, des amis, elle est heureuse. Jusqu’à ce qu’un homme étrange et séduisant fasse irruption dans sa vie. Il dit être un ami de Léo. Evie est attirée par cet homme au charme dévastateur, mais elle ne sait pas si elle peut lui faire confiance ou s’il cache un secret au sujet de la disparition de Léo.


  Mia Sheridan est connue en France avec le roman « Archer’s Voice ». Un roman que j’ai déjà lu et que j’avais adoré, un presque coup de cœur (ma chronique). Les romans de cette auteure sont en fait regroupés sous un même nom de série : « Sign of love ». Un nom lié aux signes astrologiques. Archer est sagittaire alors que Léo est Lion. Pour ce qui est de la couverture, je la trouve pas mal ! Pour une fois qu’Hugo Roman s’en sort bien ! Je n’avais pas tellement lu le résumé, je voulais être surpris. Au final, j’ai beaucoup apprécié ce roman. Même si pour moi il reste en dessous d’ « Archer’s Voice ».

  L’auteure commence directement avec un souvenir d’Evie, 8 ans auparavant. Un souvenir marquant, empreint de promesses et d’espoir. Un souvenir avec Léo, son ami, son amour de jeunesse, son confident. C’est une bonne manière d’attaquer le récit. On pose les bases de l’histoire, on sait à quoi s’en tenir. Et puis à la fin de ce chapitre, c’est déjà la révélation ! Le lecteur devient curieux (je l’ai été aussi), et le chapitre suivant passe au présent. On retrouve une Evie adulte qu’on a forcément envie de connaître. Une très bonne entame donc.

  J’ai de suite été sous le charme d’Evie. C’est un personnage bien construit, avec un passé lourd et dur. La vie n’a pas été tendre avec elle et malgré ça, elle prend toujours les choses du bon côté. Une jeune femme battante, qui sait se satisfaire des petits bonheurs du quotidien. J’aime ces personnages qui n’ont pas besoin de trop pour être bien. Evie est un personnage complet qui saura vous émouvoir autant qu’elle vous fera rire parfois. Vient ensuite le personnage de Jake, l’ami de Léo. Il ne m’a pas touché autant qu’Evie mais c’est un personnage sympathique. Il sait ce qu’il veut (peut-être un poil trop autoritaire), mais ses mensonges envers Evie vont le desservir. Ces deux personnages vont créer une alchimie incroyable dans le roman. Les voir ensemble est un vrai plaisir des sens.

  Le rythme de l’histoire est intéressant. L’alternance des temporalités entre les souvenirs d’Evie au foyer et sa vie d’adulte amène une très bonne fluidité. Cette dernière est renforcée par des chapitres courts. Il se passe aussi beaucoup de choses dans l’histoire. Evie et Jake bougent sans cesse, se découvrent et on est curieux de voir l’évolution de leur relation. Mais personnellement j’avais une chose en tête… quelle est le lien entre Léo et Jake ? Au final, j’avais trouvé dès le départ alors que d’habitude je suis nul pour deviner. Mais ça n’a pas gâché ma lecture. Bien au contraire je voulais savoir si j’avais raison ou si je me trompais sur toute la ligne.

  La relation d’amour, les passés des personnages dans le foyer, leur évolution, leur vie actuelle… Tous ces thèmes sont bien abordés par l’auteure. Si j’avais été Evie j’aurais sûrement moins fait confiance à Jake dès le départ. Mais l’ensemble des sujets permet une bonne alchimie dans le roman. L’amitié, l’amour, le travail, le sport, les démons du passé ou encore les premières fois. Mia Sheridan maîtrise sont histoire et son intrigue. Elle porte le lecteur d’un point A à un point B en nous offrant des révélations au fur et à mesure. J’ai peut-être un peu moins ressenti de choses qu’avec « Archer’s Voice ». Mais la lecture reste très plaisante.

  L’écriture de Mia Sheridan est vraiment top ! C’est grâce à son style qu’on se sent embarqué et qu’elle nous fait ressentir des choses. Tout est visuel, sensuel… on peut presque toucher du regard tellement la plume est intéressante. La fin m’a énormément plu ! J’ai hâte de lire le tome 2 du point de vue de Léo. Hâte de savoir ce qu’il s’est passé dans sa vie, lorsqu’il a quitté Evie au foyer huit ans plus tôt. Je vous recommande évidemment ce livre… un bon new-adult avec ce qu’il faut, là où il faut.

Ma note : 8/10.

Merci à Babelio et à Hugo Roman pour ce partenariat !

jeudi 20 octobre 2016

Chronique : Le musée des monstres - Tome 1 : La tête réduite de Lauren Oliver & H.C. Chester


Le musée des monstres – Tome 1 : La tête réduite de Lauren Oliver & H.C. Chester.
Illustré par Benjamin Lacombe.
(Genre : Jeunesse).

Editions : Hachette
Prix : 15,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 5 octobre 2016
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : The Curiosity House, Book 1 : The Shrunken Head.

  Résumé : « Mesdames et messieurs, petits et grands, bienvenue au Musée des Horreurs de Dumfrey. Venez découvrir ses curiosités en tout genre et autres bizarreries merveilleuses ! » Laissez-nous vous présenter Sam, le garçon le plus fort du monde. Philippa la médium et Thomas, l’acrobate et assistant du magicien… Tous trois sont de jeunes orphelins qui ont grandi ensemble, heureux à l’abri des murs d’un étrange musée. Mais quand Max, lanceuse de couteaux, rejoint le groupe, une série de terribles événements s’enchaînent…


  Lauren Oliver est sans conteste une auteure que j’apprécie particulièrement. De « Delirium » à « Absences » en passant par « Panic », j’ai adoré tout ses bouquins ! J’étais donc curieux de la voir dans de la jeunesse. Mais aussi dans quelque chose de complètement différent puisqu’on s’embarque dans une enquête pour les jeunes. J’aime en tout cas beaucoup la couverture. J’ose même dire qu’elle est magnifique ! C’est un beau travail éditorial. De plus les illustrations de Benjamin Lacombe sont époustouflantes. Au final, je pense que le livre saura plaire aux plus jeunes : le public cible. Mais les adultes resteront un peu sur leur faim.

  Avec « Le musée des monstres » on rentre de suite dans un univers glauque, bizarre et farfelu. Présenter des êtres aux capacités hors normes dans un spectacle est assez déstabilisant. Pourtant, Lauren Oliver parvient à rendre curieux le lecteur afin qu’il poursuive sa lecture. Avec l’arrivée de Max au musée, on sent de suite qu’il se passe quelque chose. Personnellement, bien que très tenté de continuer l’aventure avec les personnages, j’ai eu au départ du mal à les identifier. Mais l’auteure se cantonne ensuite à Sam, Thomas, Philippa et Max. Du coup se rappeler qui est qui devient plus facile.

  Je dois dire que je ne me suis pas spécialement attaché aux 4 enfants qui mènent la barque du récit. Je les ai trouvés sympathiques et taquins entre eux. Ils vont découvrir au fil de leur enquête que l’amitié peut permettre de surmonter leur particularité et aussi leur solitude. J’ai apprécié les suivre, découvrir leurs talents, leurs rivalités, leur premier émoi mais aussi leur jalousie tout comme leurs peurs. Ce sont des personnages qui évoluent et qui sont à la fin de la lecture plus matures. Je pense que des jeunes lecteurs ados pourront largement les apprécier. Et même s’identifier à eux malgré leurs capacités hors-normes. Je note cependant un manque d’approfondissement.

  Le rythme de l’histoire est lui très intéressant. Les enfants et ados qui liront le livre ne vont pas s’ennuyer. On découvre le musée, très vite la tête réduite fait son apparition… un événement tragique se passe, puis un 2ème. Et l’enquête des 4 enfants commence pour notre plus grand plaisir. On est admiratif devant leur intelligence (même si elle est un peu trop présente). On bouge, on découvre des indices et on cherche le suspect, bien entendu. Les chapitres ne sont pas longs ce qui amène de la fluidité au récit. Une bonne intrigue qui se révèle surprenante et amusante.

  L’univers du « musée des monstres » est mystérieux. Il rend curieux quiconque s’en approche et la tête réduite renforce encore plus ce phénomène. Le lecteur ne déroge pas à la règle. Je trouve que Lauren Oliver trouve une belle explication à la présence de ces orphelins aux pouvoirs un peu surnaturels. Elle pointe du doigt des événements passés pas toujours positifs dans la morale de l’histoire. Une bonne chose pour les jeunes lecteurs. L’auteure n’hésite également pas à soulever des thèmes comme l’acceptation de l’autre, l’entre aide ou encore l’amitié.

  Comme le livre est destiné à un public jeune, la plume de l’auteure est simple et accessible pour tous. J’ai bien aimé les fautes d’étourderies que fait Max sur des mots importants ou des maximes. Un autre personnage la corrige derrière et c’est une bonne façon de les apprendre aux enfants… ou de leur montrer la faute habituelle faite par certains adultes. La fin m’a plu et elle ouvre évidemment sur un tome 2. Je ne sais pas si je le lirai mais il peut promettre de belles choses pour la suite. Un roman à lire à partir de 9 ans (bon lecteur) jusqu’à 16-17 ans. Une belle découverte !

Ma note : 8/10.

Merci à Marie et aux éditions Hachette pour ce partenariat !

mardi 11 octobre 2016

Chronique : Moka de Tatiana de Rosnay


Moka de Tatiana de Rosnay.
(Genre : Contemporain, Drame).

Editions : Le livre de poche
Prix : 6,90€
Date de parution originale : 1er avril 2009

  Résumé : Justine mène une petite vie tranquille entre son mari, ses deux enfants et son boulot de traductrice free-lance. Mais un mercredi après-midi, tout bascule. Un chauffard renverse son fils en plein Paris, et prend la fuite à bord d’une berline couleur moka. Malcolm sombre dans le coma, l’enquête piétine… Seule contre tous – ou presque –, Justine veut découvrir la vérité. Jusqu’au bout. Et à n’importe quel prix.


  Tatiana de Rosnay n’est pas une auteure inconnue pour moi. J’avais lu d’elle « Elle s’appelait Sarah », que j’avais adoré… qui m’avait ému et dont l’adaptation cinématographique est excellente ! Du coup, lors de ma virée librairie au mois de septembre, je suis tombé sur « Moka ». J’ai d’abord hésité et je me suis laissé tenter par la couverture du film. Le résumé m’a accroché et je savais que la plume de l’auteure me conviendrait. Mon instinct de lecteur ne m’a pas trompé puisqu’au final, j’ai adoré cette lecture.

  L’auteure n’y va pas avec le dos de la cuillère. Elle plonge directement son lecteur au cœur du sujet, au cœur de l’accident de Malcolm… on se sent touché par les réactions de son entourage. Surtout par ses parents Justine et Andrew. Encore plus par Justine, personnage principal. Très vite les choses se mettent en place (une soixantaine de pages environs). La tristesse laisse place à la détermination. J’ai vraiment été curieux de savoir qui avait pu commettre cet accident tragique. L’enquête sur la vérité pouvait alors commencer.

  Justine est un personnage très attachant et touchant. On comprend cette mère qui voit sa vie rangée, basculée du jour au lendemain. C’est une femme forte qui essaie de gérer les événements tant bien que mal. Son évolution dans le roman est remarquable. On sent au départ sa tristesse, son désarroi face à la situation. Puis au fil de l’enquête policière et de sa faible avancée, elle devient obsédée par la découverte de la vérité. Justine est un personnage bien travaillé et réaliste. J’aurais aimé avoir son courage pour affronter ces situations si difficiles. Son mari, Andrew, reste au second plan mais il a une place importante. Il réagit d’une autre manière que Justine. Triste lui aussi mais laissant faire le travail des enquêteurs. Ce qui m’a également attristé c’est la relation de couple qui se dégrade. Comme si l’accident de Malcolm avait arrêté le temps, comme s’il rendait les gestes du quotidien plus difficiles. Je vous laisse découvrir les autres personnages secondaires.

  Le rythme est assurément bon. Les événements s’enchaînent bien, les chapitres ne sont pas longs. La narration ainsi que les dialogues sont maîtrisés par Tatiana de Rosnay. Une fluidité s’installe naturellement dans la lecture tout comme la curiosité que peut éprouver le lecteur. On est derrière Justine, derrière sa recherche de vérité et son envie d’accélérer les choses. On aimerait que Malcolm sorte du coma, que le coupable soit retrouvé. C’est un roman avec lequel on ne peut pas s’ennuyer. Entre les émotions, le parcours de Justine et l’enquête en parallèle… l’intrigue est bien ficelée et l’histoire bien mise en place.

  Je connaissais Tatiana de Rosnay dans le genre historique… c’est maintenant chose faite pour le policier. Je trouve que l’auteure s’en sort à merveille. Avec très peu d’éléments elle arrive à construire une belle histoire. Justine chipe des indices par-ci par-là pour mener sa propre enquête. L’intrigue est bien menée, on se pose beaucoup de questions… et jusqu’à la fin, on ne se doute pas une seule seconde de qui cela peut être. J’ai également beaucoup aimé le fait qu’on aborde également la famille dans son intégralité lorsqu’un drame survient. Ce n’est pas cliché, c’est assez réaliste et ça m’a bien plu. J’ai aussi adoré les touches anglaises disséminées dans le roman. C’est un plaisir de découvrir les origines de l’auteure.

  La plume de Tatiana de Rosnay m’a énormément plu. Un style assez brut qui vous percute. Les phrases de l’auteure sont courtes, mettant une cadence excellente au récit. J’ai trouvé que cela amplifiait les ressentis et c’était vraiment super. J’ai adoré la fin… je ne vous dirai rien bien sûr. Je ne peux que vous conseiller de lire « Moka ». Il m’a manqué ce petit quelque chose pour que ce soit un coup de cœur. Mais il s’en est rapproché, vraiment. Si vous aimez les enquêtes, les relations familiales et le « franglish »… alors n’hésitez surtout pas à lire ce bouquin !

Ma note : 8,5/10.