Nos dernières chroniques...

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vendredi 12 mai 2017

Chronique : Celui d'après de Jessica Cymerman


Celui d’après de Jessica Cymerman.
(Genre : Contemporain).

Editions : Charleston
Prix : 17€
Date de parution originale : 9 mai 2017

  Résumé : Jean et Anna, c'est le couple que tout le monde envie. Jeunes, beaux, follement amoureux, tout leur réussit. Le mariage est prévu, la route est tracée. Mais Jean meurt dans un accident. La vie de la jeune femme s'effondre. Les mois passent, le deuil se fait, petit à petit. Alors Anna décide qu'il faut qu'elle aille de l'avant. Et elle veut trouver l'homme parfait. Mais l'homme parfait, c'était Jean, et Jean, elle l'a perdu. Alors elle se met en tête de trouver son parfait sosie. Et quand elle rencontre Frédéric, sa vie va changer…


  J’avais très envie de lire ce roman. Notamment grâce à sa sublime couverture et aussi grâce au résumé qui m’avait beaucoup tenté. Jessica Cymerman est inconnue pour moi-même lorsqu’elle revêt la casquette de blogueuse du site Serial Mother. J’étais donc curieux de la découvrir en tant qu’auteur. Celui d’après aurait pu être un bon roman mais j’aurais traité certaines choses d’une autre manière. Au final, je suis ressorti un peu déçu de ma lecture.

  Dès le départ j’ai été troublé. La 1ère partie s’appelle « Jean », du coup je m’attendais à avoir le point de vue de ce dernier. En fait pas du tout, on a le point de vue d’Anna durant tout le roman. Outre ce petit détail, j’ai de suite était plongé dans l’histoire. Avec une très grande facilité, l’auteur m’a alpagué dans son récit et je me suis laissé aller avec plaisir. J’avais donc hâte de découvrir la suite.

  Anna est un personnage que j’ai adoré au début et à la fin, mais pas au milieu. C’est une femme naturelle et un peu naïve qui a les réflexions de madame tout le monde. C’est pour ça que je l’ai autant apprécié. De la voir évoluer de sa rencontre avec Jean jusqu’au décès de son amour, c’était très intéressant. Anna et Jean ont des manies, des habitudes, des rituels et qu’ils s’entendent aussi bien fait plaisir à voir. Pourtant, la manière d’Anna de traiter son deuil ne m’a pas paru naturelle. Et surtout, elle était dans l’excès tout le temps. Elle m’a tapé sur le système pendant ma lecture. Jean est un personnage qu’on adore quand on le rencontre. Et je n’en dirai pas plus sur lui. Quant à Frédéric, il aurait mérité d’être un peu plus approfondi. L’histoire avec ses sœurs et sa mère était une bonne piste.

  Le rythme est bon. Le roman est court, il est divisé en partie et les chapitres ne sont pas longs. Il se passe beaucoup de choses dans ce petit livre. On suit Anna et ses choix de vie, on accepte ou pas ce qu’elle fait. Il y a toujours des situations un peu cocasses, rocambolesques ou totalement loufoques. Tous ces éléments dynamisent le récit et ce n’est pas plus mal. Ce qui m’a gêné c’est la structure de l’histoire. L’auteur prend le parti de raconter son histoire de manière linéaire. C'est-à-dire de la rencontre d’Anna avec Jean, jusqu’à son accident, puis la vie d’Anna sans Jean. Personnellement j’aurais débuté mon histoire directement sans Jean et petit à petit, j’aurais inséré des souvenirs de Jean lorsqu’Anna se trouve dans une situation qui lui rappelle un souvenir. Ça aurait amené plus de cachet au récit et il aurait été plus émouvant.

  J’ai adoré la manière qu’a l’auteur de traiter l’amour avec un grand A. Le couple Jean-Anna est beau et on l’envie ! J’ai parfois souri bêtement devant telle ou telle situation lorsqu’ils étaient ensemble. Le thème du deuil n’est pas assez bien abordé pour moi. L’auteur a fait des choix qui ne me conviennent pas personnellement. Je n’ai pas trouvé ça crédible et c’est dommage. Certes j’ai eu de la peine pour Anna et son couple. Mais sa reconstruction est trop tirée par les cheveux. Il en est de même pour l’histoire avec Frédéric qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Je suis déçu de ses aspects-ci.

  Enfin la plume de Jessica Cymerman est simple mais fluide. C’est un très bel atout pour un premier roman et il ne faut pas le négliger. La fin est pour moi trop précipitée et je ne l’ai pas trouvée crédible, encore une fois. Dommage que Celui d’après ait autant de défauts. L’auteur avait les idées, mais pour moi, elle n’a pas su les valoriser correctement. Je pense qu’il faut se faire son propre avis sur ce livre. Soit ça passe, soit ça casse.

Ma note : 5,5/10.

mardi 9 mai 2017

Chronique : À fleur de peau de Saverio Tomasella


À fleur de peau de Saverio Tomasella.
(Genre : Contemporain, Pratique).

Editions : Leduc.s
Prix : 15€
Date de parution originale : 15 mai 2017

  Résumé : Flora a tout pour elle : un fils drôle et adorable, un mari brillant, des amis sincères, un jardin qu’elle aime et un beau cerisier. Pourtant, elle a l’impression que son extrême sensibilité la rend difficile à comprendre, perturbe sa confiance et la pousse parfois à se replier sur elle-même. Un soir, elle rencontre Marc, professeur de yoga… Comment l’aidera-t-il à surmonter son hypersensibilité ?


  Ce livre m’a de suite tenté par le sujet abordé et par son côté pratique mis en avant. En effet, les éditions Leduc.s sont connues pour leurs ouvrages pratiques. Et l’idée de faire un roman tout en initiant un apprentissage pour le lecteur, c’est une bonne idée. De plus l’auteur est docteur en psychologie, il sait donc de quoi il parle. Je trouve la couverture canon et le titre très bien trouvé. Il n’en fallait pas plus pour me laisser tenter. Et j’ai passé un très bon moment !

  On commence directement par être confronté aux problèmes de Flora. Et c’est super de se mettre directement dans le contexte de l’histoire. Flora est une jeune femme hypersensible qui avec le moindre grain de sable se renferme sur elle-même. Pourtant grâce à sa rencontre avec Marc, elle va faire un travail sur sa psychologie et son stress presque permanent. J’ai de suite eu envie de voir cette évolution.

  Flora, notre protagoniste, m’a touché dès le départ. J’ai pris un plaisir à la suivre et à voir son évolution. Elle va être confrontée à plein de choses dans sa vie et Marc va lui faire ouvrir les yeux sur beaucoup de choses. Sur son couple, son fils, son travail, ses amis et sur ses habitudes. On voit les étapes franchies, on est derrière Flora et on la soutient avec plaisir. Elle se fait plus forte et plus déterminée, et c’est super à voir. Marc est un personnage hyper important aussi. C’est le pilier de Flora et son moteur. Les astuces qu’il lui donne sont excellentes et on est content de les avoir aussi, finalement, pour nous. Théo, le fils de Flora, est aussi très touchant et très mature pour son âge. Il y a d’autres personnages qu’on aime, d’autres qu’on déteste, mais c’est ça qui est bien ! Par contre certains personnages auraient mérité d’être plus approfondis.

  Le rythme est intéressant puisque le roman se découpe en saisons. Cela permet de voir l’évolution de Flora dans son esprit et son corps, elle qui est très sensible au changement des périodes. Le livre alterne entre moments de dialogues et moments narratifs. J’ai apprécié le bon dosage entre les deux, cela permet de dynamiser l’histoire. Les chapitres et le roman sont aussi courts et du coup, l’histoire se lit très vite.

  Ce que j’ai apprécié, c’est le côté initiatique du livre. Le fait qu’on se retrouve dans les réflexions de Flora, qu’on s’identifie à elle facilement. On prend les conseils de Marc pour soi (en fait de Saverio Tomasella) et cela nous permet aussi d’avancer de notre côté. Il y a des fois où je me suis retrouvé en Flora. Cette histoire m’a permis de réfléchir sur ma sensibilité et à l’accepter. Parce qu’être un garçon et être sensible, en fait, ce n’est pas grave. Au contraire, c’est une force. Le guide pratique à la fin du roman est aussi un bon moyen d’entamer un processus pour accepter son hypersensibilité.

  La plume de l'auteur est simple mais fluide. On peut ressentir des choses et c’est intéressant. La fin est appréciable même si elle est un peu précipitée. De même que la relation qu’entame Flora avec Pascal. Mais je cherche la petite bête. C’est en tout cas un roman que je vous recommande, vous passerez un très bon moment !

Ma note : 7,5/10.

dimanche 7 mai 2017

Chronique : Fragiles de Sarah Morant


Fragiles de Sarah Morant.
(Genre : Romance jeunesse).

Éditions : Hachette
Prix : 17.90€ (Partenariat)
Date de parution originale : 5 avril 2017

  Résumé : Gabriel a toujours été le bad boy du lycée : celui qui frappe avant de parler, qui fait craquer toutes les filles mais ne s’attache jamais. Brittany incarne la peste par excellence, à la répartie vicieuse, et au joli minois qui ne laisse aucun garçon indifférent. Pourtant, derrière leurs apparences montées de toutes pièces, tous deux cachent de profondes blessures qui les éloignent des autres. Dans cette course pour cacher leurs cicatrices, Gabriel et Brittany se cherchent mutuellement… Se trouveront-ils ?


  Après avoir beaucoup aimé le premier roman de cette jeune auteur, j’avais très envie de découvrir une nouvelle histoire. Et puis il faut dire que quand le résumé parle de bad boy, j’en suis d’autant plus tentée. Je remercie les éditions Hachette de m’avoir permis de faire cette belle lecture. Je me suis laissée emporter par l’histoire malgré ses petits défauts.

  Avec Fragiles, nous allons suivre plusieurs jeunes personnages écorchés par la vie. Il y a d’abord Gabriel, 18 ans, qui a hâte de finir le lycée pour partir faire le tour des États-Unis. Il est celui qui cache le plus sombre secret mais c’est aussi celui auquel on s’attache le plus. Il a la réputation d’être un séducteur qui profite de ses conquêtes avant de s’en débarrasser sans le moindre scrupule. Mais il est aussi très bagarreur et colérique. Au moindre mot de travers, il peut exploser. Nous rencontrons également Brittany et Vanessa. Les deux meilleures amies, reines du lycée. Des petites pestes inabordables qui semblent autant superficielles l’une que l’autre de prime abord.

  Au départ, nous suivons en alternance Gabriel et Brittany. Nous apprenons à les connaitre au fil de leur point de vue et à travers un défi qu’ils se lancent. Petit à petit nous découvrons ce qui les torture et progressivement ils livrent leur secret. Mais Gabriel, s’est forgé très jeune une carapace et parvient à ne pas trop se dévoiler. J’ai beaucoup aimé les chapitres de Gabriel. Ils sont souvent accompagnés de bribes de ses souvenirs d’enfance. Alors qu’il n’est âgé que de 6 à 8 ans, nous comprenons que quelque chose de grave est arrivé.

  Au fil de l’histoire, l’auteur donne voix à d’autres personnages. Le lecteur découvre ainsi les pensées de Vanessa, de Jake le petit frère de Gabriel, mais aussi de Patrick leur père adoptif. Avec ces interventions, Sarah Morant réussit à mêler plusieurs intrigues. Elles captivent le lecteur qui veut connaitre le dénouement de chacune. Et puis vient la voix d’Evangeline qui accentue notre curiosité. Le début peut paraître un peu lent mais dans cette histoire, chaque détail a son importance. Je me suis laissée prendre aux jeux de Gabriel et Brittany. Je n’avais aucun parti pris, tous les deux devaient gagner. Et malgré toute mon attention, j’ai été surprise par la révélation finale.

  J’ai vraiment beaucoup aimé Fragiles. Encore une fois l’auteur ne passe pas loin du coup de cœur avec moi. J’ai malheureusement été gênée par des petits défauts. Des répétitions, trop d’incises dans les dialogues alourdissent un peu le texte. Mais franchement, l’histoire est tellement prenante que tous ces petits défauts sont vite oubliés. Les personnages sont biens travaillés et le lecteur peut s’attacher à chacun d’entre eux. J’ai eu plusieurs fois l’estomac noué et les larmes aux yeux tant je vivais l’histoire avec eux.

  Avec Fragiles, Sarah Morant confirme son don pour écrire des romances profondes et riches en émotions. Elle n’a que 17 ans et je suis persuadée qu’avec le temps, sa plume s’affirmera. Cette jeune fille est à surveiller de près et je lirai avec grand plaisir ses prochains romans !!

Ma note : 8/10

Merci à Myriam et aux éditions Hachette pour ce partenariat !

jeudi 4 mai 2017

Chronique : À la place du cœur - Saison 2 d'Arnaud Cathrine


À la place du cœur – Saison 2 d’Arnaud Cathrine.
(Genre : Contemporain, YA).

Editions : Robert Laffont
Prix : 16,50€ (Partenariat)
Date de parution originale : 23 mars 2017

  Résumé :
La fin de l’année 2015 arrive à grand pas.
Je me suis souvent demandé ces derniers mois :
J’ai quoi à la place du cœur ? À la place du cœur, j’ai toi.


  La 1ère saison de À la place du cœur a été un énorme coup de cœur. J’avais tout adoré dans ce roman et j’avais ressenti énormément de choses. Il était évident pour moi de lire la suite lors de sa sortie. J’avais envie de voir comment Caumes allait évoluer. La couverture est toujours aussi belle même si personnellement, je n’aurais pas utilisé ces couleurs. Mais le travail réalisé est top ! Le résumé en dit peu mais ce n’est pas plus mal. Même si cette 2ème saison est bonne, je la trouve un petit peu en dessous de la saison 1. J’ai quand même passé un excellent moment de lecture !

  Au début, on fait la rencontre de Niels. L’auteur nous fait son descriptif et nous le présente comme très proche de son cousin : Caumes. Pourtant, ils ont eu beau être cul et chemise les années précédentes, deux événements ont marqué la vie de Caumes à jamais. J’ai de suite été curieux de voir si Niels allait pouvoir faire changer son cousin. Le ramener à la vie en quelque sorte, tout en sachant qu’il a un gros poids sur les épaules. Un début prometteur pour la suite.

  Niels est un personnage intéressant dans le roman. Lui qui a vécu loin des attentats et du traumatisme de Caumes, il ne comprend pas pourquoi son cousin a autant changé. Surtout qu’ils se voient seulement l’été en famille (ils ont des rituels). Du coup, il va y avoir tout un travail psychologique effectué par Niels. Une remise en question, un poids (comme dit précédemment) sur ses épaules mis par les parents de Caumes. Son introspection permet de le faire évoluer et c’est ce que le lecteur apprécie. L’autre personnage principal c’est Esther, la chérie de Caumes. Je n’en dirai pas plus sur elle et sur sa relation avec son 1er amour. Et ce sera pareil pour le dernier protagoniste : Caumes. Je ne voudrais pas spoiler pour les personnes n’ayant pas lu le tome 1. Ce sont en tout cas deux personnages touchants dans leur manière de penser, de faire et de voir les choses.

  Le rythme est juste top… et en même temps ça fait peur. Je m’explique : quand vous plongez votre nez dans le bouquin, vous ne pouvez pas en sortir. J’ai lu le roman en quelques heures seulement. Les chapitres sont courts, l’auteur divise en plus son livre en trois parties (pour les 3 protagonistes). Il y a du texte en format SMS, parfois en dialogue comme dans une pièce de théâtre. Cela amène de l’originalité dans la narration et en plus ça permet au lecteur de lire 2 fois plus vite. Arnaud Cathrine et son talent !

  Il y a une chose qui m’a gêné, j’aurais aimé avoir Caumes en personnage principal tout du long. Pas que Niels ou Esther ne soient pas intéressants à suivre, loin de là. Mais en connaissant la fin du tome 1… les pensées de Caumes étaient pour moi indispensables. De plus, je n’ai pas ressenti autant de choses pour Niels et Esther. Je ne suis pas non plus un sans cœur : j’ai été troublé, perplexe, je me suis senti délaissé ou encore en mal d’affection. Mais ce que j’ai vécu lors de ma lecture avec Caumes, c’était X10. Sinon l’auteur aborde des sujets très importants dans cette 2ème saison. Je ne vais pas en dire plus parce qu’ils sont dans la continuité du tome 1. C’est toujours fait avec tact, délicatesse, et intelligence. Et c’est ce que j’adore chez cet auteur.

  Enfin, Arnaud Cathrine a toujours un don pour les mots. Je n’ai pas pensé à relever des citations, mais il doit y en avoir un paquet. Il possède un style percutant. Le lecteur se laisse embarquer, berner (parce qu’il y a un twist qui m’a surpris) par ce qu’écrit l’auteur. La fin est juste horrible, j’en ai eu les frissons. Revivre ces scènes à travers d’autres yeux, c’était enclencher de nouveau le mode automatique pour essayer d’avancer. J’ai vraiment hâte de lire la saison 3 mais avant toute chose, vous devez absolument commencer ces bouquins. C’est plein de réalisme avec des personnages attachants et intéressants. En sortant de sa lecture, on se dit qu’il faut tout de même avoir foi en l’humanité.

Ma note : 8,5/10.

Merci à Margaux et à la Collection R pour ce partenariat !

mercredi 3 mai 2017

Chronique : Sauveur & fils - Saison 3 de Marie-Aude Murail


Sauveur & fils – Saison 3 de Marie-Aude Murail.
(Genre : Jeunesse, Contemporain).

Editions : L’école des loisirs
Prix : 17€ (Partenariat)
Date de parution originale : 1er mars 2017

  Résumé : Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kilos. Dans son cabinet de thérapeute, Sauveur reçoit des cas étranges comme ce monsieur Kermartin, qui pense que ses voisins du dessus ont installé une caméra de vidéosurveillance dans le plafond de sa chambre à coucher, ou comme Gervaise Germain, qui s’interdit de prononcer le son « mal » par crainte qu’il ne lui arrive un MALheur. Mais Sauveur reçoit surtout la souffrance ordinaire des enfants et des adolescents : Maïlys, 4 ans, qui se tape la tête contre les murs pour attirer l’attention de ses parents ; Ella, 13 ans, cyberharcelée par ses camarades de classe ; Gabin, 17 ans, qui ne va plus au lycée depuis qu’il passe ses nuits dans World of Warcraft ; Margaux, 15 ans, qui en est à sa deuxième tentative de suicide, ou sa sœur Blandine, 12 ans, que son père aimerait mettre sous Ritaline pour la « calmer »… Sauveur peut-il les sauver ? Il n’a que le pouvoir de la parole. Il n’est pas toujours à la fête. Mais il croit en l’être humain.


  C’est avec un immense plaisir que je vous présente la 3ème saison de « Sauveur & fils ». Ayant adoré les 2 premières, je ne pouvais pas passer à côté de cette suite. C’est toujours un plaisir de retrouver les personnages et cet univers frais que l’auteur a su construire. La couverture est à mon sens la plus réussie des 3. Elle a en tout cas le mérite d’attirer l’œil et ce n’est pas plus mal. Pour les tomes 3, je ne lis pas les résumés. J’avais juste hâte de me replonger dans ce récit. C’est ce que j’ai fait et j’ai passé un très bon moment de lecture !

  Le début commence avec le point de vue de la famille Kuypens dont Ella fait partie. Une manière originale d’aborder le récit puisque dans les tomes précédents, seul le point de vue de Sauveur était abordé. Ce n’est pas plus mal après tout. Cela permet de voir un peu l’autre côté de la barrière : la vie de famille des patients et comment leurs proches considèrent la thérapie. Très vite, Sauveur revient sur le devant de la scène pour notre plus grand plaisir. Et je me suis laissé embarquer dans le récit avec bonheur.

  Je ne dirai pas grand-chose sur les personnages et où ils en sont. Je ne voudrais pas spoiler ceux n’ayant pas lu le 1er tome. Mais retrouver tout ces gens m’a fait le plus grand bien. Sauveur et son fils Lazare, Louise et ses enfants, les patients de Sauveur et d’autres qui s’ajoutent au fur et à mesure. J’ai adoré retrouver le Sauveur psychologue et le Sauveur homme dans sa vie personnelle. Et surtout voir l’impact que peut avoir son métier dans sa vie privée. Il y a des gestes, des réflexes qui interviennent et sa remise en question est top. Ella, Alice, Louise, Gabin et Samuel m’ont beaucoup touché dans ce tome. De part leur vécu et par leur introspection. C’est quelque chose que j’apprécie chez des personnages. En tout cas ce beau monde m’enchante toujours autant.

  Le rythme est aussi super. Chaque semaine correspond à chaque chapitre et on voit ainsi le déroulé côté pro et côté vie privée de Sauveur. L’auteur n’hésite pas à se mettre d’un autre point de vue pour amener du dynamisme et de la curiosité chez son lectorat. Et puis avec toutes ces histoires, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Chacun a ses soucis, chacun veut les régler (avec ou sans Sauveur). On ne peut pas s’empêcher d’espérer que tout ira bien pour tout le monde. Pourtant, les utopies n’existent pas chez Marie-Aude Murail et c’est bien mieux comme ça.

  Ce qu’a créé l’auteur, c’est crédible et très ancré dans la réalité. Les gosses font des blagues douteuses, les adultes se cherchent (relation amoureuse ou familiale), les patients ont leurs soucis. On aborde divers thèmes comme le cyberharcèlement et ses conséquences, le suicide, la famille recomposée, le divorce, les liens peu importe d’où ils viennent. Tous sont bien abordés mais j’ai un doute sur le renouvellement de l’ensemble. Après trois tomes, j’ai peur que l’auteur ne puisse plus me surprendre. J’ai déjà l’impression qu’on prend les mêmes pour recommencer. Il faudrait, si 4ème tome il y a, que Marie-Aude Murail prenne le contrepied de ce qu’elle écrit. Que Sauveur parte en vacances avec Louise, en famille. Ce serait une belle façon d’approfondir leur relation.

  Sinon, la plume de l’auteur est toujours autant sympathique. J’ai ri comme un benêt à certains passages, tout comme j’ai été touché par d’autres. C’est la grande force de cette auteur… toucher en plein cœur et croire en l’humanité. J’admire le fait que Sauveur veuille tirer le meilleur en chacun de nous. Cette fin est particulièrement touchante. Bref, si vous n’avez pas encore commencé, foncez ! C’est une série qui en vaut largement le coup. J’espère que s’il y a un prochain tome, l’auteur va me surprendre. Je lui fais confiance.

Ma note : 8/10.

Merci à Coline et aux éditions l’école des loisirs pour ce partenariat !

mardi 2 mai 2017

Chronique : La Cave de Natasha Preston


La Cave de Natasha Preston.
(Genre : Thriller).

Editions : Hachette
Prix : 18€ (Partenariat)
Date de parution française : 19 avril 2017
Année de parution originale : 2014
Titre version originale : The Cellar.

  Résumé : Imaginez une maison comme n’importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées quatre filles. Avant, Lilas s’appelait Summer. Elle avait des parents, un frère insupportable, des copines, un petit ami. Elle fera tout pour les retrouver. Car contrairement aux autres filles, elle n’est pas prête à accepter son sort jusqu’à faner et dépérir…


  J’ai effectué cette lecture avec ma chroniqueuse Emilie, ainsi qu’avec Simi. C’était vraiment une super expérience de lire ce bouquin à trois et de se donner notre avis. C’est aussi hyper boostant et motivant pour ne pas être à la traîne. Je n’ai pas lu de thriller depuis longtemps. Dans celui-ci, tout m’attirait. La couverture ultra simple mais super efficace. On sent directement l’ambiance sombre qui se dégage. Et puis le résumé prometteur ! Au final, même si certaines choses ne sont pas abouties, j’ai passé un bon moment de lecture.

  On rentre directement dans le vif du sujet. On fait la rencontre de Summer, de sa famille et de son petit copain. Elle est prête à se rendre à une fête et y va à pied. Elle arrive à la soirée, part à la recherche d’une amie et se fait enlever par son ravisseur. Tout ça en 16 pages, chapeau ! La contextualisation se fait vite mais ça permet au lecteur d’être curieux. J’ai de suite eu envie de savoir comment allaient se dérouler les recherches. Comment Summer allait survivre dans cette cave. Pour moi, le début était top !

  Summer est une jeune fille attachante. On compatit lorsqu’elle se fait enlever, on est derrière elle lorsque rien ne va. J’ai adoré sa manière de se battre et de toujours y croire. C’est une fille très forte psychologiquement et sa volonté est impressionnante. J’ai ressenti beaucoup de choses à ses côtés. Du dégoût, de la peur, du stress, de la tristesse et parfois un peu de bonheur. Lewis, son petit ami, est un personnage à part entière. Il est déterminé à la sauver et je l’ai admiré pour ça. Sa force réside dans son amour et c’est tellement beau. Là où d’autres auraient abandonné (et j’aurais été le 1er à le faire), lui ne cesse de se relever et d’y croire encore. Enfin, Trèfle, le ravisseur de Summer et des 3 autres jeunes filles (Rose, Iris et Violette). C’est un homme maniaque, détraqué, dérangé, avec un passé qui l’a détruit. C’est un personnage approfondi par l’auteur. Et je regrette qu’il soit le seul à l’être vraiment. On connait quelques bribes du passé des autres, mais sans plus. Tous ces personnages donnent au récit sa force et son originalité.

  Le rythme est excellent. L’auteur mêle trois points de vue dans le roman. Ils apportent une bonne dynamique et une fluidité qu’on ne soupçonne pas. En effet, c’est un roman dense et étouffant. Pourtant la taille assez courte des chapitres permet de balayer les scènes dures pour en quelque sorte s’en échapper. De plus, lorsqu’on est du point de vue de Trèfle, l’auteur fait des retours dans le passé pour que le lecteur comprenne ses agissements. Elle revient sur les enlèvements et sur comment tout a commencé.

  Alors oui, ce roman est un thriller psychologique. Summer, bien que forte intérieurement, va se faire piéger malgré elle. C’est l’usure, la répétition, les rituels qui épuisent. Bravo à l’auteur pour cette surprise. La vie dans la cave est loin d’être bonne à la vue des atrocités qui s’y passent. Pourtant, j’aurais aimé que l’auteur aille plus loin. Que les raisons de Trèfle soient encore plus poussées. Que ses choix soient davantage justifiés. Il m’a manqué quelque chose pour que je fasse un wouah lors de ma lecture. Un détail qui aurait fait toute la différence.

  La plume de Natasha Preston est vraiment intéressante. D’un point de vue visuel elle permet de voir ce que visualisent les personnages. Summer voit la cave, Trèfle et les autres filles. Mais on ressent aussi son dégoût, son impuissance malgré sa volonté de sortir. Du côté de Lewis et Trèfle, on distingue aussi tout, d’une clarté incroyable. C’est un roman très visuel qui vous immergera lors de votre lecture. La fin est intéressante et m’a surpris sur un point. Ce point m’a fait repenser à l’ensemble du roman et je trouve ça bien joué de la part de l’auteur. En tout cas, je ne peux que vous recommander ce livre ! Une lecture addictive, originale et psychologique qui vous embarquera à coup sûr !

Ma note : 8/10.


  Lorsque j’ai vu ce livre dans la programmation Hachette, sa couverture m’a directement attiré. Je la trouvais très belle mais aussi sombre et inquiétante… Le résumé m’a convaincu que ce roman était fait pour moi !! Je remercie Net Galley et les éditions Hachette qui m’ont permis de le découvrir ! Avec le sujet abordé, ce livre se prêtait parfaitement à une lecture commune. C’est donc accompagné de Mathieu et Sandrine que je me suis plongée dans cet univers. Et nous avons aimé tous les trois !

  Attention ! Âmes sensibles, s’abstenir ! La cave n’est pas seulement la pièce où Trèfle garde précieusement ses « fleurs ». C’est également une sombre histoire d’enlèvements, de séquestrations, de viols et de meurtres. Summer vit dans une petite ville tranquille où rien ne se passe jamais… jusqu’au soir où son chemin croise celui de Trèfle. Sans comprendre ce qui lui arrive, elle se retrouve jetée au fond d’une cave aménagée en petit nid douillet. Trèfle la choisit, elle est sa Lilas ! Désormais elle fait partie de sa famille et il prendra soin d’elle. Comme il le fait déjà avec Rose, Violette et Iris.

  J’ai énormément aimé la montée progressive du suspense et de la tension dans lesquels nous plongeons avec Summer. Nous sommes totalement immergés dans les évènements. Petit à petit nous la voyons sombrer. L’atout principal de ce roman est la triple narration. Ses différents points de vue permettent d’aborder l’histoire dans sa globalité. Chaque narrateur entraine son lot d’émotions. Avec Summer, nous connaissons la peur, le courage, la lutte. Avec Lewis, son petit-ami, la persévérance, l’amour, l’espoir. Et avec Trèfle vient la colère, la rage, la folie. Habités par tous ses sentiments nous dévorons le roman, chapitre après chapitre, pour connaitre le sort réservé à Summer.

  J’ai été un peu déçue de la fin. Elle arrive trop vite et le coté psychologique à peine abordé. Vu les épreuves traversées par Summer, j’aurais préféré avoir plus de réponses. Là j’ai eu l’impression que certaines choses arrivaient comme un cheveu sur la soupe…

  Même si l’auteur nous épargne certains détails, ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Il est conseillé à partir de 16 ans par Lecture Academy et c’est justifié. La plume de Natasha Preston est agréable. Elle réussit à doser le suspense et capte l’intérêt du lecteur. Malgré les petits défauts de la fin, ce fut pour moi une très bonne lecture.

Ma note : 8/10

Merci à Myriam et aux éditions Hachette pour ce partenariat !

La chronique de Simi pour cette Lecture Commune : ICI.

jeudi 27 avril 2017

Chronique : Transférés de Kate Blair


Transférés de Kate Blair.
(Genre : Dystopie, Jeunesse).

Éditions Michel Lafon
Prix : 16.95€ (Partenariat)
Date de parution française : 13 avril 2017
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : Transferral

  Résumé : Dans un futur proche, l’humanité a trouvé le moyen de soigner toutes les maladies : les transférer aux criminels, dont la quasi-totalité vient des ghettos, maintenus au ban d’une société qui touche à la perfection. C’est dans ce monde qu’est née Talia Hale. À 16 ans, elle est la fille chérie d’un politique qui se voit déjà Premier ministre d’Angleterre. Atteinte d’un simple rhume, au plus grand dégoût de son entourage, elle doit subir son premier transfert. Mais à l’hôpital, Talia sauve une petite fille d’une agression. Une petite fille qui vit seule avec son grand frère, Galien, dans les ghettos. Grâce à Galien, Talia découvre l’envers du décor et l’horreur d’un système où seuls les plus riches ont le droit à la santé. Pour changer une société où la frontière entre bien et mal est plus floue que jamais, Talia devra briser le cocon doré dans lequel elle a grandi et combattre tout ce en quoi elle a toujours cru… y compris son propre père. Le monde parfait a un prix


  Quand j’ai lu le synopsis, j’ai eu très envie de découvrir cette dystopie. Ce nouvel univers dans le genre était prometteur. J’étais ravie de pouvoir le recevoir et je remercie Camille et les éditions Michel Lafon. Malheureusement, je n’ai pas été entièrement convaincue par cette lecture.

  Notre narratrice est Talia. Âgée de seize ans, elle vit à Londres avec son père qui est en pleine campagne politique afin de devenir le Premier ministre d’Angleterre. Son programme repose sur le renforcement de la lutte anti-criminalité déjà en place. En effet, dans cette dystopie, les criminels sont punis en fonction de la gravité de leur infraction par l’inoculation d’une maladie. Plus l’acte commis est grave, plus la maladie reçue le sera. Moins d’un mois avant les élections, Talia doit se rendre à l’hôpital pour transférer son rhume à un condamné. Moins d’une heure plus tard, alors qu’elle s’apprête à sortir complétement rétablie, un évènement va chambouler sa vie de privilégiée.

  Au début, j’ai trouvé que Talia était une jeune fille naïve et capricieuse. Comme une enfant trop gâtée, ses réflexions ne correspondaient pas du tout à son âge. Si l’auteur ne l’avait pas précisé, je ne lui aurais pas donné plus de 12 ou 13 ans. Heureusement petit à petit, elle enlève ses œillères. Elle finit par se défaire de sa cage dorée et elle s’aperçoit que le monde dans lequel elle vit n’est pas aussi rose qu’elle voulait bien le croire. J’ai beaucoup plus accroché au personnage masculin, Gallien. C’est à son contact que Talia murit, commence à réfléchir par elle-même et se forge ses propres opinions.

  Comme je le présentais, l’univers de l’auteur est très intéressant. Malheureusement il n’est ni assez développé, ni assez exploité à mon gout. C’est vraiment dommage parce que les thèmes abordés méritaient d’être plus approfondis. Si la rupture de cette société, entre riches et pauvres, ceux qui méritent ou non d’être soignés, avait été plus creusée, j’aurais certainement plus apprécié cette lecture. De plus, j’ai été très étonnée d’apprendre que cette dystopie n’était qu’un one-shot. En effet le roman est assez court, il ne fait que 262 pages. Mais en plus, beaucoup de longueurs font que le lecteur a du mal à entrer dans l’histoire. Ajoutez à ce début laborieux, le caractère insupportable de Talia et vous comprendrez pourquoi je ressors mitigée de cette lecture. Pourtant, l’auteur a une plume agréable et arrive à distiller quelques petits éléments qui nous donnent envie de poursuivre. Les événements s’accélèrent seulement durant les cent dernières pages.

  Je ne conseille pas cette lecture aux habitués du genre, ils seraient déçus. En revanche, les plus jeunes et ceux qui n’ont pas encore lu beaucoup de dystopie s’y retrouveraient davantage.

Ma note : 5/10

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !