jeudi 14 septembre 2017

Chronique : Cinq centièmes de seconde de Lois Lowry


Cinq centièmes de seconde de Lois Lowry
(Genre : Contemporain).

Editions : Casterman
Prix : 12,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 30 août 2017
Année de parution originale : 1977
Titre version originale : A Summer To Die.

  Résumé : Si Molly est une belle fille rieuse, sa petite sœur, Meg, à treize ans, se sent terne et sans intérêt. Durant ses vacances à la campagne avec leurs parents, Meg découvre la photographie avec Will. Bientôt, ce simple divertissement devient sa passion. Mais Molly, elle, semble épuisée, comme éteinte, au moment même où sa sœur prend goût à la vie. L’existence de Meg va changer, comme joue la lumière de l’été dans un sous-bois…


  Quand j’ai reçu ce livre, c’était une surprise totale. Il fait parti de la rentrée littéraire des éditions Casterman. Au départ, je me suis dit qu’il allait passer à la trappe avec ma PAL qui fait trois mètres de hauteur. Finalement, comme il est court et que c’est écrit assez gros, je lui ai laissé sa chance. Il faut aussi dire que j’apprécie particulièrement cette couverture mystérieuse (et avec un touché velouté) ! Le résumé m’a lui aussi convaincu ! Au final, je suis ressorti conquis par ma lecture.

  Ce que j’ai apprécié c’est qu’on attaque le roman directement au début des vacances de Molly et Meg. Cela nous laisse donc tout le récit pour découvrir ce qu’il va se passer. J’ai aimé cette entrée en matière. Cette façon de narrer les choses, de les apporter au lecteur et de les lui faire comprendre. Je me suis vite immergé dans le récit… et en plus avec une facilité déconcertante. Plus j’avançais dans l’histoire et plus je voulais savoir pourquoi une sœur s’éteignais, alors que l’autre commençait à s’ouvrir.

  Meg est un personnage auquel je me suis beaucoup attaché. Elle a beau avoir 13 ans, elle est d’une très grande maturité. En découvrant ses réflexions et son évolution, je me suis étonné à penser qu’en fait elle était presque majeure. Pourtant sa fraîcheur nous fait redescendre les pieds sur terre. C’est fou de découvrir une Meg qui s’ouvre petit à petit. Au contact de Will, et avec sa passion de la photographie, c’est une fleur qui s’épanouie. On la sent plus sereine, plus contente de profiter de la vie et ça fait un bien fou à voir. De l’autre côté il y a Molly, la grande sœur belle et populaire… très ordonnée et un peu psychorigide. A l’inverse de Meg, elle va peu à peu se replier sur elle-même. Au début il y a quelques symptômes puis des choses qu’on ne voit pas forcément arriver. Il faut vraiment les découvrir pour comprendre ces opposés. Ensuite il y a Will, les parents des sœurs et le couple de voisin. Chacun joue un rôle précis dans cette histoire. Les parents sont touchants, le couple amène du renouveau et Will, c’est la connaissance.

  Le rythme de l’histoire est bon. Des dialogues et de l’introspection bien dosés, des chapitres de taille normale et surtout de la curiosité. Parce qu’avec ce livre, il n’y a pas forcément de l’action au 1er sens du terme. On est dans le ressenti, dans les détails, les moments partagés, la passion d’une activité ou encore les souvenirs. Il faut aimer les lectures assez mélancoliques, douces et subtiles… bien que l’histoire au fond soit quand même déchirante. Et pour une raison inconnue, j’ai toujours été sur mes gardes.

  Derrière ce récit, il y a de beaux messages transmis par l’auteur et des valeurs essentielles. Parce que même si ce roman est sorti en 1977 en VO, il est toujours d’actualité. On parle de famille, de liens dans une fratrie, des différences et des ressemblances. Mais aussi des passions qui nous font du bien, de la découverte de l’inconnu et de l’apprentissage d’un vécu. C’est aussi l’espoir qu’on peut porter en nous pour une cause qui nous tient à cœur… et surtout ces choses qui nous échappent lorsqu’on ne sait pas pourquoi elles nous touchent.

  Lois Lowry écrit très bien, on ne peut pas le nier. C’est peut-être pour ça que j’ai eu l’impression d’avoir une Meg plus âgée que ses 13 ans. Mais ça ne m’a pas dérangé. Au contraire j’ai trouvé que ça apportait une profondeur au récit. De plus, c’est un style très visuel que j’ai découvert. Parce que lorsqu’on parle de photo, il y a forcément des poses, des ambiances… et j’ai totalement su ressentir ça. Pas spécialement de défauts pour ce roman. C’est juste que je n’ai pas eu un coup de cœur pour mettre une note encore plus haute. En tout cas, jetez-vous dessus, vous n’allez pas être déçus !

Ma note : 8,5/10.

Merci à Agnès et aux éditions Casterman pour ce partenariat !