mercredi 20 septembre 2017

Chronique : Another Story of Bad Boys - Épisode 2 de Mathilde Aloha


Another story of Bad Boys - Épisode 2 de Mathilde Aloha.
(Genre : Romance, Young Adult).

Éditions : Hachette Romans
Prix : 18€ (Partenariat)
Date de parution : 7 juin 2017

  Résumé : La suite de la série déjà événement "Another Story of bad boys" ! Découvrez les aventures passionnées de Lili, Cameron, Evan, Grace et leurs amis…ou ennemis ?


  Après avoir dévoré le premier tome malgré ses petits défauts (voir ma chronique, ici), j’avais très envie de connaître l’évolution de Lili et Cameron. Il me tardait aussi d’avoir les réponses aux points laissés en suspens. Aussi quand les éditions Hachette nous ont proposé ce second épisode, j’étais ravie de pouvoir le recevoir.

Dès le prologue, nous retrouvons Lili et Cameron. L'auteur replace rapidement toutes les intrigues pour notre plus grand plaisir.

Comme pour le premier tome, je me retrouve mitigée par cette lecture. Si beaucoup de chapitres sont du point de vue de Lili, j’ai apprécié que l’auteur nous offre ponctuellement celui de Cameron. Elle le fait en reprenant certaines scènes depuis le début. Cela nous permet de connaître les sentiments de chacun, leur façon de percevoir les évènements, nous nous attachons davantage à eux.

Nous en apprenons également plus sur les mésaventures qui ont mené Lili à fuir Miami, sur ce qui est arrivé à Rosie. Et toute l’intrigue concernant Jace trouve ses réponses. Ce que je regrette, c’est que cette dernière s’achève trop rapidement. Après nous avoir tenus en haleine durant les 600 pages du premier tome, voir cette trame finir à seulement la moitié de celui-ci m’a surprise.

Je me suis demandée ce qui allait bien pouvoir se passer dans les 260 pages restant. Alors, non pas que la suite est sans intérêt puisque l’auteur choisit de repartir sur l’activité secrète des garçons et le côté « journaliste » de Lili. Mais je crois que ce découpage m’a vraiment gêné. Les différentes intrigues auraient gagné en crédibilité si elles s’entrecroisaient mieux. Je me suis fait la même réflexion pour le personnage principal. À cause de cette séparation trop distincte, j’ai eu l’impression que nous avions 2 différentes Lili : une avec son œil de journaliste, se posant les bonnes questions, soupçonneuse et l’autre naïve, puérile et crédule.

Pour finir, ce qui m’a le plus manqué, c’est le côté bad-boys annoncé dans le titre. Les garçons ont certes une activité nocturne à la limite de la légalité et pour certains, Cameron en tête, un sale caractère, mais je cherche encore. J’aurais aimé qu’ils soient moins… lisses.

Ce tome a manqué de fluidité, il aurait mérité d’être un peu plus travaillé. Malgré tout, l’histoire que nous raconte Matilde Aloha est entrainante. Elle titille suffisamment la curiosité du lecteur pour l’amener à tourner les pages et connaître le fin mot de l’histoire entre Lili et Cameron. Il reste une bonne lecture YA qui ravira le public visé.

Ma note : 7/10

Merci à Myriam et aux éditions Hachette pour ce partenariat !

jeudi 14 septembre 2017

Chronique : Cinq centièmes de seconde de Lois Lowry


Cinq centièmes de seconde de Lois Lowry
(Genre : Contemporain).

Editions : Casterman
Prix : 12,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 30 août 2017
Année de parution originale : 1977
Titre version originale : A Summer To Die.

  Résumé : Si Molly est une belle fille rieuse, sa petite sœur, Meg, à treize ans, se sent terne et sans intérêt. Durant ses vacances à la campagne avec leurs parents, Meg découvre la photographie avec Will. Bientôt, ce simple divertissement devient sa passion. Mais Molly, elle, semble épuisée, comme éteinte, au moment même où sa sœur prend goût à la vie. L’existence de Meg va changer, comme joue la lumière de l’été dans un sous-bois…


  Quand j’ai reçu ce livre, c’était une surprise totale. Il fait parti de la rentrée littéraire des éditions Casterman. Au départ, je me suis dit qu’il allait passer à la trappe avec ma PAL qui fait trois mètres de hauteur. Finalement, comme il est court et que c’est écrit assez gros, je lui ai laissé sa chance. Il faut aussi dire que j’apprécie particulièrement cette couverture mystérieuse (et avec un touché velouté) ! Le résumé m’a lui aussi convaincu ! Au final, je suis ressorti conquis par ma lecture.

  Ce que j’ai apprécié c’est qu’on attaque le roman directement au début des vacances de Molly et Meg. Cela nous laisse donc tout le récit pour découvrir ce qu’il va se passer. J’ai aimé cette entrée en matière. Cette façon de narrer les choses, de les apporter au lecteur et de les lui faire comprendre. Je me suis vite immergé dans le récit… et en plus avec une facilité déconcertante. Plus j’avançais dans l’histoire et plus je voulais savoir pourquoi une sœur s’éteignais, alors que l’autre commençait à s’ouvrir.

  Meg est un personnage auquel je me suis beaucoup attaché. Elle a beau avoir 13 ans, elle est d’une très grande maturité. En découvrant ses réflexions et son évolution, je me suis étonné à penser qu’en fait elle était presque majeure. Pourtant sa fraîcheur nous fait redescendre les pieds sur terre. C’est fou de découvrir une Meg qui s’ouvre petit à petit. Au contact de Will, et avec sa passion de la photographie, c’est une fleur qui s’épanouie. On la sent plus sereine, plus contente de profiter de la vie et ça fait un bien fou à voir. De l’autre côté il y a Molly, la grande sœur belle et populaire… très ordonnée et un peu psychorigide. A l’inverse de Meg, elle va peu à peu se replier sur elle-même. Au début il y a quelques symptômes puis des choses qu’on ne voit pas forcément arriver. Il faut vraiment les découvrir pour comprendre ces opposés. Ensuite il y a Will, les parents des sœurs et le couple de voisin. Chacun joue un rôle précis dans cette histoire. Les parents sont touchants, le couple amène du renouveau et Will, c’est la connaissance.

  Le rythme de l’histoire est bon. Des dialogues et de l’introspection bien dosés, des chapitres de taille normale et surtout de la curiosité. Parce qu’avec ce livre, il n’y a pas forcément de l’action au 1er sens du terme. On est dans le ressenti, dans les détails, les moments partagés, la passion d’une activité ou encore les souvenirs. Il faut aimer les lectures assez mélancoliques, douces et subtiles… bien que l’histoire au fond soit quand même déchirante. Et pour une raison inconnue, j’ai toujours été sur mes gardes.

  Derrière ce récit, il y a de beaux messages transmis par l’auteur et des valeurs essentielles. Parce que même si ce roman est sorti en 1977 en VO, il est toujours d’actualité. On parle de famille, de liens dans une fratrie, des différences et des ressemblances. Mais aussi des passions qui nous font du bien, de la découverte de l’inconnu et de l’apprentissage d’un vécu. C’est aussi l’espoir qu’on peut porter en nous pour une cause qui nous tient à cœur… et surtout ces choses qui nous échappent lorsqu’on ne sait pas pourquoi elles nous touchent.

  Lois Lowry écrit très bien, on ne peut pas le nier. C’est peut-être pour ça que j’ai eu l’impression d’avoir une Meg plus âgée que ses 13 ans. Mais ça ne m’a pas dérangé. Au contraire j’ai trouvé que ça apportait une profondeur au récit. De plus, c’est un style très visuel que j’ai découvert. Parce que lorsqu’on parle de photo, il y a forcément des poses, des ambiances… et j’ai totalement su ressentir ça. Pas spécialement de défauts pour ce roman. C’est juste que je n’ai pas eu un coup de cœur pour mettre une note encore plus haute. En tout cas, jetez-vous dessus, vous n’allez pas être déçus !

Ma note : 8,5/10.

Merci à Agnès et aux éditions Casterman pour ce partenariat !

mercredi 6 septembre 2017

Chronique : Follow Me Back - Tome 1 d'A.V. Geiger


Follow Me Back – Tome 1 d’A.V. Geiger
(Genre : Contemporain, YA).

Editions : Robert Laffont
Prix : 16,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 8 juin 2017
Année de parution originale : 2017
Titre version originale : Follow Me Back, Book 1.

  Résumé : Follow me. Love me. Hate me. #EricThornObsessed. Agoraphobe, Tessa Hart ne parle presque plus à personne au quotidien, exception faite des réseaux sociaux où elle nourrit sa passion pour Eric Thorn, le prodige pop-rock de sa génération. Prenez-la pour une folle si vous voulez, mais il est le seul qui semble la comprendre, alors même qu’ils ne se sont jamais rencontrés… Pris au piège entre son contrat et des fans envahissants au point de lui faire craindre pour sa vie, Eric se crée un faux compte Twitter pour troller l’un de ses plus gros followers, @Tessa<3Eric. Au lieu de ça, la relation qu’ils tissent sur Twitter dépasse vite tout ce qu’ils auraient pu imaginer…


  Et dire que j’ai failli ne pas lire ce livre… je pense que je serais passé à côté de quelque chose ! Je remercie la Collection R de me l’avoir recommandé, sans eux je serais resté sur mes positions. Follow Me Back est un livre issu de la plateforme en ligne Wattpad. C’est pour ça que j’avais des a priori. Pourtant, je me suis laissé porter par l’enthousiasme, par la couverture et par le pitch qui donne vraiment envie. Au final, je suis passé à un cheveu du coup de cœur. J’ai adoré ma lecture !

  Dès le début, l’auteur plante vite son histoire. Elle nous présente Tessa, son addiction pour les réseaux et son trouble d’agoraphobie. Puis elle switch grâce à un point de vue alterné sur Eric, le beau gosse chanteur que toutes les fans voudraient s’arracher. J’ai adoré cette première immersion, ce début de l’histoire où on suit chacun des protagonistes dans leur vie… jusqu’au moment du 1er échange sur Twitter.

  Je me suis très vite attaché aux personnages et notamment à Tessa. C’est une jeune fille dont on ne sait rien de son passé, mais qui a dû subir un gros choc pour devenir agoraphobe. Cette maladie la rend d’autant plus touchante. Elle fait des efforts, des exercices avec sa psy et on sent que ça ne doit pas être facile tous les jours. Il y a des fois où on aimerait qu’elle se bouge et qu’elle sorte, mais on ne peut pas savoir ce qu’elle ressent vraiment au fond d’elle. J’ai apprécié également le côté caché de Tessa. La fille sur les réseaux qui ne se démonte pas malgré une timidité apparente. Une fille qu’on pourrait secouer mais qui dans ce contexte en devient attachante. Il y aussi Éric, qui lui aussi a deux facettes. Celle du chanteur à succès que tout le monde adore. Et l’Éric qui en a marre de ses fans et pour qui tout va trop vite : sa carrière tout comme sa notoriété. On pourrait facilement penser que ce mec est hautain. Mais au final, c’est quelqu’un de presque mal dans sa peau qui veut juste souffler un peu. Entre les deux ça match, mais Tessa sa plus grande fan, ne sait pas que c’est avec la star qu’elle va parler… puis sympathiser.

  Le rythme est dingue, dingue, dingue ! L’alternance de point de vue permet vraiment d’aller en profondeur dans l’histoire. On sait vraiment ce que ressentent Tessa et Éric quand les scènes se passent. C’est un plus non négligeable. Ensuite s’il y a des dialogues, il y a en plus toutes les conversations en privé sur Twitter qui apportent un sacré dynamisme au récit. Et comme on dit dans le sud : la sauce a pris ! J’ai toujours eu envie de savoir ce qu’il allait se passer. Surtout qu’avec les moments présents, on a des scènes dans le futur où Tessa et Éric sont en garde à vue !!! Et je ne spoile rien, c’est le 1er chapitre de l’histoire.

  Je suis personnellement réfractaire à Twitter. Le texte m’aura permis notamment d’apprendre pas mal de choses sur le comportement des followers. Il y a des termes que je ne connaissais pas et c’est toujours agréable de s’instruire en même temps qu’on lit. Cette histoire avec Twitter, l’agression d’Éric au début de sa carrière, l’agoraphobie de Tessa… tous ces éléments font de ce livre un véritable page-turner. On en devient addict et le roman se révèle être un véritable thriller tant on est pris par l’histoire. Parce qu’il est indéniable qu’on sent le drame arriver… mais la question est quand !

  La plume de l’auteur joue aussi beaucoup sur cette addiction. C’est un style simple mais percutant qui plaira aux jeunes et aux moins jeunes. Pas de fioritures, beaucoup de dialogues avec des passages d’introspection pas trop longs. C’est tout ce qu’il faut pour rendre accro le lecteur. Et puis cette fin de DIN-GUE ! Non mais, j’ai dû la relire deux fois pour comprendre… bien que je n’ai pas encore compris comment c’est possible ! J’ai hâte de lire la suite. Il faut absolument que je mette mes idées au clair et que l’auteur m’explique. En tout cas, je ne peux que vous recommander ce 1er tome. Vous allez adorer !!

Ma note : 9/10.

Merci à Margaux et à la Collection R pour ce partenariat !

dimanche 3 septembre 2017

La sublime communauté - Tome 1 : Les affamés d'Emmanuelle Han


La sublime communauté - Tome 1 : Les affamés d'Emmanuelle Han
(Genre : Dystopie, Yount Adult).

Éditions : Actes Sud Junior
Prix : 16,00€ (Partenariat)
Date de parution : 4 octobre 2017

  Résumé : C'est la fin de notre ère. Aux quatre coins d'une planète surpeuplée et en pleine dévastation, six mystérieuses Portes apparaissent, ouvrant des brèches vers des mondes inconnus. En quête d'une terre promise, fuyant la misère et la mort, des flux d'hommes, de femmes et d'enfants désespérés, les « Affamés », se pressent aveuglément vers ces Six Mondes, ignorant tout à leur sujet. Quels secrets renferment ces Portes ? Quel mal ronge les Affamés ? Quelle est la nature des Six Mondes ? En ces temps de détresse où la violence et le chacun-pour-soi font rage, seuls trois enfants pourront le découvrir. Ashoka, Ekian et Tupà ne se connaissent pas, vivent à des milliers kilomètres de distance. Pourtant, leurs destins sont liés. De leur union dépendra le sort de la Sublime Communauté.


  Lorsque Mathieu m’a proposé cette lecture, le résumé m’a immédiatement intrigué. Cette dystopie me paraissait sortir des sentiers battus et je ne pouvais pas passer à côté. Je remercie Babelio et les éditions Actes Sud Junior pour cette avant-première qui m’a beaucoup plu.

  Dans ce premier tome de La sublime communauté, nous suivons tour à tour 3 jeunes adolescents d’horizons différents qui, sans le savoir, ont énormément en commun. Le monde tel que nous le connaissons, ils ne l’ont jamais connu. Ils évoluent tous les trois sur une Terre qui est arrivée au bout de ses ressources et seules ses Portes mystérieusement apparues semblent être l’ultime espoir d’un monde meilleur pour les Affamés.

  Tout d’abord, il y a Tuppa. Aujourd’hui âgé de 14 ans, il a été élevé par le chef d’une tribu d’Amérique latine. Pour réussir à vivre et aider comme il peut sa tribu, il s’éclipse souvent en ville pour y faire quelques « courses ». 

  Vient ensuite Ekian, à peu près du même âge que Tuppa, cette jeune fille appartient aux Touaregs, un peuple nomade que l’on trouve dans des régions désertiques d’Afrique du Nord. Elle vivait avec un « maître » dans l’Himalaya, jusqu’à ce qu’il lui demande de retourner dans le désert.

  Enfin, il y a Ashoka. Il est le plus jeune des trois puisqu’il a seulement 10 ans. Il a été recueilli par le « Roi de la Flamme » à Gange sur les bords du fleuve du même nom, en Inde. Il sert de porte-bonheur au roi et à la nuit tombée apporte la flamme sacrée qui sert aux rites funéraires hindous.

  Ce premier opus a tout d’un tome d’introduction. Mais, une fois n’est pas coutume, j’ai énormément apprécié la longue mais minutieuse mise en place de l’histoire. Ce fut un vrai plaisir de découvrir les us et coutumes de chacun de nos protagonistes et de les voir évoluer. L’auteur maîtrise parfaitement chacune des traditions de ces pays pourtant totalement différentes. Les détails et les descriptions emportent facilement le lecteur. Pour ma part, j’ai eu l’impression de voyager à travers le globe à chaque chapitre.

  Certaines libertés ont été prises pour le développement de l’univers, mais l’ensemble est vraiment habilement lié. C’est là que réside toute la force de ce roman. Là, et dans le juste dosage entre révélations et questions en suspens. Le tout donne au lecteur l’envie de découvrir la suite pour avoir les réponses et le fin mot de l’histoire. D’autant que la plume d’Emmanuelle Han est vraiment agréable.

  Volontairement, je prends le parti de ne rien vous révéler sur l’intrigue et son déroulement. J’ai tellement aimé découvrir au fil des pages ce nouvel univers, pas si éloigné de notre réalité, et me poser des questions autant sur l’histoire que sur notre propre futur. C’est pourquoi, je préfère vous laisser à vous aussi ce plaisir.

  J’ai également beaucoup apprécié avoir un court extrait du prochain tome qui s’intitulera « Les six Mondes ». Je n’ai plus qu’à faire preuve de patience, le premier semestre 2018, ce n’est pas si loin. ^^ Une chose est sûre, je lirai cette suite car j’ai trop envie d’y trouver des réponses !

Ma note : 8,5/10

Merci à Babelio et François Martin des éditions Actes Sud Junior

dimanche 27 août 2017

Chronique : La délicatesse du homard de Laure Manel


La délicatesse du homard de Laure Manel
(Genre : Contemporain).

Editions : Michel Lafon
Prix : 18,95€ (Partenariat)
Date de parution originale : 18 mai 2017

  Résumé : François, directeur d’un centre équestre en Bretagne, découvre, lors d’une promenade à cheval sur la plage, une jeune femme inconsciente au pied d’un rocher. Plutôt que d’appeler les secours, il décide sans trop savoir pourquoi de la ramener chez lui pour la soigner. À son réveil, l’inconnue paraît en bonne santé, mais peu encline à parler. Elle dit s’appeler Elsa mais refuse de répondre à ses questions. Commence alors entre le célibataire endurci et cette âme à vif une étrange cohabitation, où chacun se dévoile peu à peu à l’autre sans pour autant totalement révéler les secrets qui le rongent. Et même si le duo en s’apprivoisant s’apaise, leur carapace peine à se fendre… Qui est Elsa et quelle vie est-elle en train de fuir ?


  Succès de l’autoédition numérique, La délicatesse du homard a été repéré par les éditions Michel Lafon pour être édité en version papier. Bien que le titre soit le même, la couverture a été changée et je la trouve sublime. Tout en délicatesse, dans la mélancolie et la poésie… j’avais hâte de voir ce que ce livre avait dans le ventre. Surtout que l’auteur est française et qu’elle est adorable. Au final, j’ai beaucoup apprécié cette histoire malgré quelques défauts.

  Laure Manel commence son récit avec François et sa découverte d’Elsa allongée près d’un rocher dans la forêt bretonne. Le plus surprenant c’est qu’il ne décide pas d’appeler la police mais de la recueillir chez lui. C’est une réflexion qui pourrait paraître bizarre pour certain. Amener une étrangère dans sa propre maison sans vraiment savoir qui elle est pourrait inquiéter. Pourtant, il faut un début d’histoire et c’est à partir de là qu’on va se rendre compte des secrets qui pèsent sur Elsa. Surtout quand on sait qu’elle s’appelle en fait Axelle…

  Les personnages sont intéressants à suivre. François est un homme célibataire que la vie n’a pas épargné. Il est gentil, un peu bourru et maladroit mais c’est ce qui fait son charme. Son amour pour les chevaux est très agréable à voir tout comme le fait de s’intéresser à Elsa. Je me suis beaucoup retrouvé en lui et dans sa façon de penser. C’est un personnage qu’on arrive bien à cerner et avec lequel on peut facilement s’identifier. J’ai eu un peu plus de mal avec Elsa au début. Peut-être à cause de tous ces secrets qu’elle garde au fond d’elle. On se demande si elle va un jour briser cette carapace pour se dévoiler… ne serait-ce qu’un peu. Et quand elle le fait, c’est à ce moment qu’on la trouve plus attachante. Laure Manel réussit le pari de créer une belle alchimie entre deux personnages secoués par la vie.

  Le rythme de l’histoire est bon. L’auteur choisit d’alterner les points de vue entre Elsa et François afin de créer une belle dynamique. Je pense qu’il n’y a au final pas beaucoup de dialogue (la moitié du roman ou un peu moins), mais ça n’empêche pas à l’histoire d’être intéressante. On est content que les personnages réfléchissent et avancent. Les chapitres sont courts et les 350 pages se lisent très vite parce qu’on est plongé dans l’histoire. Peut-être aurait-il fallu qu’Elsa se livre un peu plus vite ? Mais si elle l’avait fait, peut-être aurait-on reproché à l’auteur un manque de crédibilité dans son récit ?

  J’ai beaucoup aimé cette histoire contemporaine remplie de secrets. Si François cache des choses à Elsa pour se protéger. Cette dernière en fait autant mais avec des secrets encore plus grands. Son histoire est bien racontée, comme celle de François. On a envie d’être derrière eux, de voir que leur couple va fonctionner et qu’ils se libèrent. C’est une chose de repartir de zéro, ça en est une autre de pouvoir y arriver et d’accéder au bonheur. Parce que La délicatesse du homard c’est ça, une histoire avec deux personnages (et d’autres bien sûr) qui tentent de se relever l’un avec l’autre afin de prendre le risque d’être heureux. Et la présence des chevaux comme thérapie ne peut être qu’un plus pour ce récit.

  L’écriture de Laure Manel est simple, sans fioritures et fluide. J’aurais aimé ressentir davantage de choses en lisant son histoire. Je ne dis pas être resté insensible (parce que je ne le suis pas moi-même). Cependant, il m’a manqué ce petit truc en plus qui me permet d’être en totale osmose avec les personnages. Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié la fin, que je trouve très belle et qui permet de repartir sur de bonnes bases. Au final, je ne peux que vous recommander cette histoire. Vous allez être curieux et apprécier Elsa et François. Deux êtres à la recherche d’eux-mêmes ainsi que du bonheur.

Ma note : 7,5/10.

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

mercredi 23 août 2017

Chronique : Moon - Tome 2 : L'exil de la Colombe de Karen Bao


Moon – Tome 2 : L’exil de la Colombe de Karen Bao.
(Genre : Dystopie, Jeunesse).

Editions : Milan
Prix : 15,20€ (Partenariat)
Date de parution française : 19 avril 2017
Année de parution originale : 2016
Titre version originale : Moon, book 2 : Dove Exiled.

  Résumé : Phaet vit désormais sur Terre, incognito. Exilée. Personne ne sait qu’elle vient de la Line, qu’elle est une rebelle, qu’elle a fui la dictature pour échapper à la mort. Elle se cache chez Wes et découvre avec lui les immenses cités flottantes dans lesquelles les Terriens vivent en paix. Quand elle apprend que son jeune frère a été arrêté et torturé par le Comité, Phaet envisage de rentrer sur la Lune pour combattre. Mais un jour, les armées lunaires attaquent la Terre. Elles recherchent Phaet.


  Après plus de 2 ans d’attente… le tome 2 de Moon est enfin sorti chez les éditions Milan. Je ne sais pas pourquoi la sortie a sans cesse été repoussée. Mais il est bel est bien là ! Du coup, je ne pense pas que cette sortie tardive joue en la faveur du bouquin. Rien que de mon expérience de lecteur, j’avais oublié la plupart des choses du tome 1. Me replonger dans l’histoire a été difficile. Je crois que mon appréciation va un peu refléter ça. La couverture reste dans le même univers graphique que le tome 1. Et ce n’est pas plus mal. Au final, j’ai bien aimé ma lecture, mais je n’ai pas retrouvé (je crois), tout ce que j’avais aimé dans La révolte de la Colombe (1er tome).

  Il m’a fallu un petit moment pour me remettre les idées en place. Que ce soit au niveau des personnages (secondaires) ou de l’intrigue en elle-même. J’avoue avoir été perdu avec les noms (qui ont en plus des consonances étrangères) et sur le but de Phaet (prononcé « Fate ») dans tout ça. Pourtant Karen Bao a réussi à piquer ma curiosité puisque j’ai continué ma lecture. Je voulais essayer de retrouver ce que j’avais tant aimé dans le 1er tome. Est-ce que j’y suis parvenu ?

  Phaet est un personnage que j’ai apprécié retrouver. Je ne sais pas cependant si je me suis autant attaché à elle. Pourtant on ne peut pas lui reprocher ses qualités et ses capacités. Tournée vers sa famille et ses amis, revendiquant une soif de liberté insatiable et prête à tout pour mettre à l’abri tous les gens qu’elle aime. C’est aussi une fille un peu têtue qui veut parfois aller au devant des choses sans toutefois réfléchir. Je l’ai trouvé quelque peu en retrait dans ce tome. Ce qui est normal comme elle ne peut pas agir à sa guise. Mais ici ça m’a un peu gêné. Wes est un personnage intéressant à suivre avec lequel j’ai une totale confiance. Ils forment un bon duo qui met parfois le feu aux poudres et c’est super à voir.

  Je ne peux pas dire que le livre est mal construit ou que le rythme n’est pas bon. Je dirai plutôt que l’histoire manque d’action. C’est là que je me suis rendu compte que c’était un tome 2 de transition. Tout se joue dans les coulisses, on tire les ficelles et ça en devient même plus psychologique. Je ne sais pas si au final j’ai apprécié cet aspect là. Quand je me rappelle que le tome 1 était bourré de dynamisme avec les entraînements de Phaet dans la milice… C’est un aspect qui peut en convenir à certains, je pense que pour ma part ça ne l’a pas vraiment fait. Dommage que tout bouge dans les 100 dernières pages.

  L’univers est par contre excellent. Tout ce contraste entre la Lune et la Terre. Les revendications de chacun des peuples pour une civilisation plus juste et plus libre. Je dois dire que de ce côté-là Karen Bao a su me surprendre. C’est tout un échiquier qui se met en place et qui bascule pour qu’un nouveau soit mis sur pied. Il y tout un travail de politique et de rébellion tout à fait crédible que j’ai adoré. C’est vraiment un univers riche qui ne demande qu’à être exploité encore plus.

  La plume de l’auteur est assez descriptive dans ce 2e tome. C’est peut-être pour ça qu’il m’a paru plus lent que le précédent. Mais le style est assez simple malgré les mots inventés pour coller à l’univers dystopique créé. Que vous dire de plus à part qu’il est probable à 90% que je lise la suite. Je pense que l’auteur a plu d’un tour dans son sac pour encore nous surprendre. J’espère juste que le tome 3 sera explosif d’actions et que Phaet va m’éblouir dans les tâches qu’elle a à accomplir. En tout cas, c’est une série qu’il faut tester pour savoir si on accroche ou pas.

Ma note : 7/10.

Merci à Elodie et aux éditions Milan pour ce partenariat !

vendredi 7 juillet 2017

Chronique : ADN Vampire - Tome 1 : Carmine d'Élodie Loch-Béatrix


ADN Vampire – Tome 1 : Carmine d’Élodie Loch-Béatrix.
(Genre : Fantastique, Jeunesse).

Editions : Le Gâteau sur la Cerise
Prix : 16,50€ (Partenariat)
Date de parution originale : 7 juin 2017.

  Résumé : Carmine n’est pas une adolescente comme les autres, elle est une V1. Après un incident à New-York, sa famille s’installe à Inverness, en Écosse, et Carmine entre au prestigieux Saint Andrew College où elle compte bien s’amuser avec ses nouveaux pouvoirs et défier l’autorité de ses parents pro-humains. Elle va cependant devoir apprendre à cerner ses propres limites : est-elle prête à blesser ses amis humains ? Se laissera-t-elle entraîner par Arthur, lui aussi un V1 ? Comment gérer pulsions amoureuses et soif de sang ? Sa curiosité et son goût des polars vont aussi l’engager dans une enquête dangereuse qui pourrait bien réveiller des démons du passé.


  Il y a très longtemps que je ne m’étais pas lancé dans un récit avec des vampires. A vrai dire, j’ai fait une overdose du genre après Twilight et la mode de la bit-lit. Du coup, j’hésite toujours à me replonger dans cet univers. Pourtant ici, j’ai donné sa chance au roman. Vous allez me dire : pourquoi ? Parce que c’est une nouvelle maison d’édition avec des gens passionnés qui se lancent dans l’aventure. Et il faut les soutenir. Ensuite parce que je connais l’auteur (coucou Élodie). Et surtout parce qu’on me promettait un univers vampirique original. Au final, j’ai passé un agréable moment avec ADN Vampire. Je ne regrette pas d’avoir dit oui !

  Chaque partie débute par un chapitre dans le passé en 1746. C’est une manière originale d’accrocher le lecteur alors qu’il s’attend à lire une histoire en 2017. Personnellement, ça m’a rendu curieux de savoir quel était le lien entre ces deux époques. Et puis on découvre Carmine, nostalgique de son déménagement. L’auteur place son histoire, renseigne le lecteur sur l’univers des vampires. Elodie Loch-Béatrix explique en quoi Carmine est différente des autres : elle est une V1. La première génération de vampires nés sans être transformés.

  Carmine est une jeune fille attachante que j’ai apprécié suivre. Elle est peut-être un peu trop téméraire ou parfois trop naïve. Mais c’est ce qui la rend charmante. J’ai aimé sa façon de réfléchir, sa façon de prendre des initiatives et de se tromper. Carmine va évoluer au fil du récit et c’est appréciable de la voir grandir. C’est comme si elle sortait de l’adolescence au début du roman et qu’elle commençait à la fin à être adulte. Le petit truc en plus : elle est intelligente. Carmine est entourée d’autres personnages. Des vampires mais aussi des humains : Gary, Arthur, Lila… Chacun va se dévoiler, on se méfie de certains et pas d’autres. Tous vont jouer un rôle auprès de la jeune fille afin que l’enquête sur le tueur aboutisse. Ce sont en tout cas des personnages intéressants et profonds qui m’ont ému et parfois fait rire.

  Le rythme est bon ! Déjà on a le chapitre dans le passé qui pimente un peu l’intrigue. Puis les chapitres dans le présent qui ne sont pas spécialement longs. Du coup, cela apporte une belle fluidité au récit avec des dialogues pour donner du dynamisme ! Ce qui est aussi top c’est qu’il y a un côté thriller original en plus du genre fantastique. On a au final une double intrigue entre l’adaptation de Carmine à sa condition de V1 et la recherche du tueur. Perso ça m’a rendu curieux et attentif des moindres détails.

  Je trouve qu’Élodie Loch-Béatrix a su renouveler le genre vampirique. Donner un coup de peps avec cette originalité, c’est bien trouvé. Carmine doit s’adapter, contrôler sa soif, contrôler ses crocs, ses aptitudes surnaturels et les développer. J’attends personnellement encore plus de détails dans le prochain tome ! Bien mais pas assez à mon goût. Le côté thriller est aussi bien mené. Je me suis totalement fait berner par l’identité du tueur. Mais c’est aussi ça qui est bien !

  L’écriture de l’auteur est simple mais efficace. Il n’y a pas de fioriture, on va droit au but et c’est important pour la cible des lecteurs. Si jamais il y a trop de descriptions, on s’ennuie vite. J’ai aussi adoré le dépaysement en Ecosse, rares sont les histoires qui se déroulent dans ce pays. Et puis l’épilogue… mais c’est quoi cette révélation. Je me souviens encore que je lisais en marchant et que j’ai juste été choqué ! J’ai hâte de voir comment tout ça va s’organiser. Ça promet de belles choses pour la suite. Je ne peux que vous recommander cette 1ère parution du Gâteau sur la Cerise. Je suis agréablement surpris et je lirai d’autres parutions de cette nouvelle maison d’édition.

Ma note : 8/10.

Merci à Élodie et aux éditions Le Gâteau sur la Cerise pour ce partenariat !