dimanche 6 mai 2018

Chronique : Hier encore, c'était l'été de Julie de Lestrange

Hier encore, c’était l’été 
Julie de Lestrange

Editions : Le Livre de Poche
Prix : 7,90€ (Partenariat)
Date de parution originale : 10 mai 2017

Résumé : Alexandre, Marco, Sophie et les autres se connaissent depuis l’enfance. Ensemble, ils ont grandi, en toute insouciance et en toute innocence. Mais, lorsqu’à vingt ans, la vie les prend, la chute est brutale. En une décennie, cette jeunesse perdue mais pas désillusionnée va devoir se battre pour exister. A travers les drames subsistent alors l’amitié, les fous rires et les joies. Et l’amour, qui les sauvera.


  La lecture de Hier encore, c’était l’été, c’est d’abord celle d’une rencontre sur les réseaux sociaux. Julie de Lestrange m’a contacté sur Instagram pour me proposer la lecture de son roman. J’ai accepté avec plaisir parce que j’avais déjà vu passé de nombreux bon avis sur son livre. Et j’ai trouvé la démarche de Julie sincère et amicale, sans pression. J’adore la couverture, encore plus que celle du grand format sortie chez Mazarine. Je me suis donc lancé dans cette lecture… et j’ai adoré !

  Dès le début, on fait la rencontre de cette bande d’amis, que l’on va suivre par la suite lorsqu’ils auront 20 ans. C’est l’histoire du grand livre de la majorité, d’une farce entre eux pour rigoler… et puis l’auteur revient dans le passé pour nous présenter la genèse des deux familles que l’on va suivre. J’ai beaucoup aimé ce chapitre introductif. Même si j’ai eu peur de partir au final dans un roman historique. Mais il n’en est rien. Le récit est résolument contemporain, pour mon plus grand bonheur.

  Il y a beaucoup de personnages et j’ai appréhendé de ne pas savoir au fil de ma lecture qui pouvait être qui. Pourtant, Julie de Lestrange nous met à l’aise. Elle prend le temps de faire des rappels pour voir les différents liens et j’ai fortement apprécié cette attention. Je me suis beaucoup attaché à Alexandre, le personnage qu’on va le plus suivre. Amoureux, paumé, en transition, heureux, triste ou encore en phase avec sa vie… c’est un personnage complet que j’ai apprécié suivre. Un peu facétieux aussi, j’ai eu l’impression qu’il était le pivot de l’histoire et qu’avant de regarder son propre nombril, il voulait le bien des autres avant tout. Je ne pourrais pas m’arrêter sur tous les personnages mais je les ai tous apprécié. Un peu plus, un peu moins mais ce groupe d’amis m’a touché. Par la bienveillance qu’ils ont envers les autres et par les liens soudés qui les unissent depuis des années.

  Le roman se lit bien. Je trouve qu’il est bien équilibré entre les dialogues et les passages de narration. On a toujours envie de savoir comment les personnages vont évoluer et s’ils vont évoluer. J’ai trouvé le récit dynamique, bien construit et aussi touchant par moment. Quelques petites longueurs n’ont pas gâché mon plaisir lors de la lecture. J’ai aussi apprécié que l’histoire se déroule sur plusieurs années. Cela apporte une certaine profondeur et les personnages peuvent faire des pas plus grands.

  Julie de Lestrange ne raconte pas qu’une belle histoire d’amitié. C’est tout une fresque familiale, intergénérationnelle et sociale. Ça parle d’amour, de remises en question, de maladie, de mal être et de paraitre… les sujets sont traités avec justesse et j’ai aimé m’y plonger. L’auteur écrit aussi très bien. C’est fluide, on se laisse emporter par la vie de cette bande d’amis. J’ai maintenant hâte que le 2nd tome, Danser encore, sorte en poche pour le lire. Parce que oui, j’ai eu l’impression de faire partie de cette bande d’amis.

Ma note : 8/10.

Merci à Julie de Lestrange pour ce partenariat !



Chronique : The Rain - Tome 2 : Après l'apocalypse de Virginia Bergin

The Rain - Tome 2 : Après l’apocalypse
Virginia Bergin

Editions : Bayard
Prix : 15,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 14 mars 2018
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : The Rain, Book 2 : The Storm

Résumé : Je m’appelle Ruby Morris. Je déteste la pluie. Je vais vous dire un truc étrange au sujet des apocalypses, un truc que je ne savais pas avant d’en vivre une. Ça a l’air assez horrible, hein ? Faites-moi confiance… Ça peut toujours être pire. C’est ce qui arrive quand vous êtes seul, qu’il y a eu une apocalypse mondiale et que vous espérez l’arrivée de votre père comme il l’avait promis, mais qu’il ne se pointe pas. Alors qu’est-ce que vous allez devenir ? Et chaque jour, vous essayez de ne pas vous poser la question… Tout va bien se passer. Ou pas…


  J’avais beaucoup aimé le 1er tome. Je l’avais trouvé original tant par son univers que par le fait de suivre un seul personnage. L’humour inséré dans le livre le rendait moins dramatique pour mon plus grand plaisir. J’apprécie la couverture du tome 2. Elle retranscrit bien l’ambiance du roman. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j’ai lu ce 2nd tome sans vraiment l’aimer. Je trouve qu’il y a beaucoup de défauts, et c’est dommage.

  Ruby m’est apparue moins attachante que dans le tome 1. J’ai trouvé que l’auteur la mettait trop dans l’introspection et pas assez dans l’action. Elle se regarde le nombril et c’est vraiment dommage. Auparavant je la trouvais courageuse, battante, prête à tout affronter… ici, c’est comme si elle avait régressé, qu’elle réfléchissait trop et ça m’a dérangé. D’autres personnages interviennent également. Mais déjà que je me suis détaché de Ruby, je ne les ai pas trouvé hyper intéressants. Heureusement qu’ils ont des personnalités différentes et que ça crée des échanges coriaces. Sinon, je pense que je me serais ennuyé.

  Le rythme de l’histoire est cependant pas mal ! C’est assez dynamique, Ruby bouge beaucoup dans le récit en essayant de retrouver son père. Il se passe des choses intéressantes et parfois assez cruelles. Les chapitres ne sont pas longs ce qui permet d’amplifier davantage la fluidité apportée par la plume de l’auteur. J’aime également beaucoup l’univers original. Cette pluie mortelle, les gens essayant de la fuir par tous les moyens. Je n’ai cependant pas apprécié le traitement et les conséquences de cette pluie dans ce tome 2. Pour moi, l’apocalypse n’était pas là.

  Comme je l’ai dit plus haut, la plume de l’auteur est vraiment cool. C’est fluide, entrainant et dynamique. Malgré les grosses introspections de Ruby, il y a beaucoup de dialogues pour rendre l’histoire plus vivante. La fin est assez bizarre même si ça conclut ce diptyque d’une belle manière. Je pense que je retiendrai plus de choses du tome 1 que du 2. Peut-être n’ai-je pas été dans le mood pour lire cette suite. C’est en tout cas une série à découvrir si vous êtes fans de récit apocalyptique.

Ma note : 6,5/10.

Merci à Sara et aux éditions Bayard pour ce partenariat !

Chronique : Ready Player One d'Ernest Cline

Ready Player One 
Ernest Cline
(Genre : Science-Fiction, Young Adult)

Éditions : Michel Lafon
Prix : 17.95€ (Partenariat)
Date de parution : 5 Juillet 2017
Année de première parution française : 2013
Année de parution originale : 2011

Résumé : 2044. Sur une Terre surpeuplée, les ressources manquent et les conditions climatiques sont catastrophiques. Comme la majeure partie de l’humanité, Wade Watts passe son temps dans l’OASIS, un monde virtuel où chacun peut être tout ce qui lui chante. Et comme la majeure partie de l’humanité, Wade rêve de devenir l’héritier de James Halliday, le créateur de l’OASIS. Mort sans laisser de successeur, ce dernier a créé une véritable chasse au trésor qui guidera les plus doués vers le butin. Des millions de concurrents s’y sont cassé les dents. Mais quand Wade résout la première énigme, la partie reprend… Car les autres joueurs ne reculeront devant rien pour obtenir la victoire. Wade n’a plus le choix : pour survivre, il doit gagner.


  Je n’avais pas entendu parler de ce roman avant l’annonce de la sortie du film. Pourtant, initialement publié sous le titre Player One aux Éditions Michel Lafon en 2013, puis en 2015 aux Éditions Pocket, il aurait déjà atterri dans ma PAL depuis longtemps. Je ne pouvais donc pas passer à côté de cette nouvelle édition de Michel Lafon. Dès que je l’ai reçu, impossible d’attendre : je me suis plongée dedans !! Avec son univers basé sur la réalité virtuelle et les années 80, je m’attendais à beaucoup aimer ma lecture et je la termine avec un beau coup de cœur !

  Avec son titre en néon sur la couverture, j’ai immédiatement pensé à Tron, le film de Steven Lisberger sorti en 1982, mais aussi à Stranger Things, la série phénomène de Netflix. Aucune référence au premier (petite déception) mais beaucoup de clins d’œil faits par la série se retrouvent dans le roman (ou inversement ^^) pour le plus grand plaisir des nostalgiques des 80’s.

  Le roman débute lorsque James Halliday, sans héritiers, meurt soudainement et laisse un testament vidéo aux utilisateurs d'OASIS : celui qui dénichera le premier l’Œuf de Pâques qu’il a soigneusement dissimulé dans l’OASIS, héritera de toute sa fortune. S’en suit les explications de Wade Watts, notre narrateur et personnage principal. Il nous décrit un monde dans lequel virtualité, technologie et réalité sont entrelacées de manière quasiment inextricable et exagérée. Le monde est en ruine et une grande récession a pris le pas sur l’économie mondiale. Internet et la culture du jeu ont évolué avec la création révolutionnaire de James Halliday : l’OASIS, un jeu de simulation en ligne multi-joueurs massif. Peu onéreux et facile d’accès, tout le monde s’y connecte avec son avatar. Si bien que beaucoup perdent toutes notions de réalité.

  Je dois avouer que le début peut paraître un peu longuet, mais cette mise en place de la situation économique, réelle et virtuelle, est essentielle à l’histoire. Il faut attendre la centaine de pages passées pour que l’action soit véritablement lancée. Et à partir de là, vous ne pourrez plus lâcher le livre avant de connaître le dénouement final. C’est exactement ce qu’il m’est arrivé : imaginez ma tête de déterrée le lundi matin au travail, un vrai zombi.

« Trois clefs cachées ouvrent trois mystérieux portails
Où l'errant valeureux sera jugé de taille
Et tous ceux qui sauront surmonter ces dangers
Atteindront la Fin pour s’emparer du Trophée. »

  Au fil des péripéties virtuelles de Wade, nous rencontrons les amis qu’il a pu se faire au sein de l’OASIS. Ainsi, nous le voyons évoluer avec Aech, son meilleur ami, mais aussi Art3mis blogueuse dont il est complétement gaga. Quand la chasse à l’Œuf commence, ils rencontrent des « chassœufs » et tous n’ont pas l’esprit fair-play, à l’instar des « Sisxers » et notamment Sorrento. De par son histoire personnelle, je me suis très vite attaché à Wade. J’ai beaucoup aimé les raisons qui le pousse à connaître la culture Geek des 80’s qu’il n’a pas pu connaître. Aech est le boute-en-train qui ajoute une touche d’humour et de légèreté au récit. Art3mis apporte une pointe de rigueur à la quête et un poil de romance. Mais rassurez-vous, elle ne prend pas le pas sur l’intrigue. Quant aux méchants, on aime les détester et on attend qu’une seule chose : les voir mordre la poussière.

  Un petit bémol, j’ai trouvé que par moment, Ernest Cline nous balançait certains noms de jeux, ou de films, juste pour les placer là… sans qu’ils n’aient vraiment d’impact sur le déroulement de l’intrigue. Mais pour le reste, j’ai adoré toutes les références dont le livre est truffé, certaines explications n’étaient pas de trop, parce que je ne les connaissais pas toutes. Ernest Cline aborde avec subtilité le problème du jeu en ligne et conclut son roman avec une belle morale.

  J’ai été totalement fascinée par l’univers et saisie par les aventures de Wade ! Une chasse au trésor épique captivante et totalement addictive !! Et vous ? Êtes-vous prêts ?

Ma note : 9.5/10

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

mardi 1 mai 2018

Chronique : Sauveur & Fils - Saison 4 de Marie-Aude Murail

Sauveur & Fils - Saison 4 
Marie-Aude Murail

Editions : L’école des loisirs
Prix : 17€ (Partenariat)
Date de parution originale : 17 janvier 2018

Résumé : Comment résoudre tous nos problèmes ? On peut, comme Jean-Jacques, s’enfermer dans sa chambre et ne plus penser à rien en dégommant des terroristes sur son ordinateur. On peut, comme Gabin, s’enfoncer des écouteurs dans les oreilles et passer ses nuits en compagnie des zombis de The Walking Dead. On peut aussi, comme Frédérique, demander à une voyante de lire l’avenir, ou bien, comme Jérôme, s’enfuir en abandonnant femme et enfants. Mais on peut également consulter monsieur Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien, comme Solo, comme Margaux, comme Samuel, comme Ella, et regarder la vie en face. Le bonheur sera peut-être au rendez-vous.


  Je ne pense pas que ma chronique sera super longue. C’est un tome 4 et je ne vais pas en dire beaucoup. Pour ceux qui me connaissent, vous savez que j’apprécie cette série. Les tomes 1, 2 et 3 ont été des lectures fraiches qui m’ont fait un bien fou ! Marie-Aude Murail reprend tout ce qui a fait le succès de ses précédents ouvrages… et réussi à faire aussi bien, voir mieux ! Cette saison 4 a tenu toutes ses promesses.

  J’apprécie toujours autant les personnages. Qu’ils soient du côté médical de Sauveur ou du côté de sa vie privée. Toutes les personnes que l’on rencontre apportent ce petit quelque chose en plus qui rend le récit fascinant. On s’attache à eux, on les déteste parfois… mais ce qui est sûr c’est qu’on espère le meilleur pour chacun. Qu’ils aient des problèmes avec leurs enfants, dans leur couple ou de manière solitaire : je voulais qu’ils ressortent du cabinet de consultation un peu plus fort. Parce que Marie-Aude Murail a cette capacité à rendre empathique son lecteur. On l’est aussi avec la famille recomposée de Sauveur : Lazare son fils, Louise sa compagne et ses enfants Paul et Alice. C’est comme si l’auteur avait créé une énorme famille avec tous ses personnages. Et ça met du baume au cœur !

  L’histoire se lit vite… voir trop vite peut-être (à prendre comme une qualité !) Il y a beaucoup de dialogues ce qui permet de fluidifier l’ensemble du récit. On est constamment dans l’échange, dans l’introspection, la recherche de solutions. C’est une histoire avec laquelle on se sent bien. Avec laquelle on a toujours envie de revenir. Le gros point fort également c’est le rire. Que ce soient les enfants ou les adultes, certains personnages ont une sacrée répartie !! Et quand on me fait rire, c’est que je suis à fond dans l’histoire. Donc au final, c’est qu’elle me plait.

  Ce que j’apprécie aussi dans cette série, ce sont les divers thèmes abordés. La famille recomposée, l’identité familiale, la scarification, les problèmes d’école etc. Chaque adulte ou adolescent peut s’y reconnaître et avoir un questionnement sur un sujet particulier. La plume de l’auteur est super. L’histoire se lit hyper bien. Il n’y a pas de temps mort, ni de longues descriptions. On ne lâche pas le texte et c’est super dynamique. Bref vous l’aurez compris, j’adore cette série. N’hésitez pas à commencer par le 1er tome qui j’en suis sûr, saura vous convaincre !

Ma note : 8/10.

Merci à L’école des loisirs pour ce partenariat !

dimanche 29 avril 2018

Chronique : A la lumière du petit matin d'Agnès Martin-Lugand

À la lumière du petit matin
Agnès Martin-Lugand

Editions : Michel Lafon
Prix : 18,95€
Date de parution originale : 29 mars 2018

Résumé : À l’approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle est peu à peu gagnée par un indicible vague à l’âme qu’elle refuse d’affronter jusqu’au jour où le destin la fait trébucher. Mais ce coup du sort n’est-il pas l’occasion de raviver la flamme intérieure qu’elle avait laissée s’éteindre ?


LIVRE COUP DE CŒUR ! À chaque printemps, j’ai rendez-vous avec Agnès Martin-Lugand. Pas personnellement bien sûr, mais avec ses romans et grâce aux éditions Michel Lafon. Cette année ne fait donc pas exception à la règle. J’ai attendu d’être en vacances pour déguster son roman. D’être au calme pour apprécier chaque page, chaque phrase, chaque mot. Comme vous l’avez-vu c’est un coup de cœur. Comme ses romans précédents, je ne peux que vous les conseiller !

Le roman s’ouvre sur une scène touchante et triste : Hortense en recueillement au pied d’un arbre dans le sud de la France… là où reposent ses parents, partis 4 ans plus tôt. Notre protagoniste remonte après à Paris pour retrouver sa routine : son métier de professeur de danse ainsi que sa relation avec Aymeric, marié et père. On se doute donc qu’Agnès Martin-Lugand va aborder certains thèmes. Et qu’on n’en ressortira pas indemne.

Les personnages ont tous un côté qu’on aime… ou qu’on déteste. Hortense est une femme aimée mais pas de la bonne manière. Elle est empêtrée dans son quotidien de professeur de danse et de maitresse avec Aymeric. Je me suis attaché à elle et à sa situation. J’avais envie de la guider dans ses choix et de lui murmurer que La vie est facile ne t’inquiète pas. A la suite d’une blessure, elle va retourner dans le sud pour peu à peu se (re)découvrir. Aymeric n’a pas un capital sympathie élevé. Je l’ai vraiment détesté pour la relation qu’il entretient avec Hortense. De ne pas penser à elle, ni à sa femme et ses enfants. J’ai toujours été sur mes gardes avec lui, j’avais dans la tête qu’une relation comme celle-ci ne pouvait être que néfaste pour les deux protagonistes. Elias est également de la partie… mais je vous laisse le soin de découvrir cet homme. Un homme blessé par la vie, par ses proches, son métier et qui lui aussi souhaite se (re)trouver. Ces trois personnages sont secondés par Bertille, Sandro, Catie et Mathieu. Des personnages essentiels à l’histoire.

Le récit est entraînant : une partie sur Paris, l’autre dans le sud dans la maison familiale d’Hortense, la Bastide. On se plait à découvrir Hortense lorsqu’elle danse, puis lorsqu’elle fait maison d’hôte. Des dialogues intéressants et des introspections bien amenées. Très vite, on se rend compte que le roman est tourné sur les choix. Pour Hortense, faire des choix est nécessaire si elle ne veut pas qu’Entre ses mains le bonheur se faufile. On se sent de mieux en mieux à ses côtés, une renaissance est enclenchée… mais il faut franchir le cap de qui effraie : se l’avouer.

Il est également intéressant d’être du côté de la maîtresse et non de la femme trompée. L’auteur a je crois bien compris le paradoxe entre la femme qui espère quelque chose de cette relation… et celui qui, malgré ses sentiments, ne peut s’y engager. Une relation qu’on pourrait traduire par : Désolé, je suis attendu. J’ai aussi adoré le fait qu’Hortense soit danseuse. C’est un univers peu exploité dans la littérature pour adulte. Le roman aborde également le thème des secrets, de deux êtres déchirés par la vie et de la reconstruction progressive. Des thèmes qui m’ont beaucoup plu et qui sont abordés avec subtilité.

La subtilité, on la retrouve dans la plume d’Agnès Martin-Lugand. On sent que les mots sont choisis, qu’il n’y a pas de place à l’erreur et que tout est délicat : comme la personnalité de l’auteur. On se laisse embarquer par les personnages, par leur histoire et par les conséquences de leurs choix. Sans cesse, j’avais envie d’ouvrir à nouveau mon livre pour les retrouver. Pour retrouver Hortense et la réconforter, pour dire à Elias d’enfin s’exprimer ou pour dire à Aymeric de laisser Hortense vivre sa vie. Le seul point négatif, c’est que je n’ai pas été surpris sur le cheminement de l’histoire. J’ai su dès le début ce qu’il allait advenir. Mais ça ne m’a pas empêché d’adorer cette histoire. Agnès Martin-Lugand reste pour moi la Reine du roman contemporain. Par sa manière de raconter ses histoires, de les porter avec son cœur, de les transmettre avec délicatesse et subtilité. Et surtout, avec l’authenticité qui la caractérise. Vivement le prochain !

Ma note : 9,5/10.

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

dimanche 4 mars 2018

Chronique : L'autre soeur de Cylin Busby

L’autre sœur 
Cylin Busby
(Genre : Thriller, Jeunesse)

Editions : Milan
Prix : 14,90€ (Partenariat)
Date de parution originale : 24 janvier 2018

Résumé : Quand Sarah se volatilise, sa famille est dévastée. Nico, 11 ans, devient au collège la « sœur de la fille qui a disparu ». Derrière le chagrin, difficile d’admettre qu’elle est soulagée : Sarah n’est plus là pour se moquer de ses rondeurs et de ses goûts. Car sa sœur était une peste qui menait son entourage à la baguette. Un jour, enfin, Sarah réapparaît. Amnésique, mais vivante. Pareille et pourtant différente. Est-ce bien elle… ou est-ce une imposture ?


  En général, j’apprécie beaucoup les thrillers jeunesse des éditions Milan. Ils trouvent de bonnes traductions pour leurs lecteurs français. Celui-ci ne fait pas exception à la règle. L’autre sœur de Cylin Busby est un roman malsain dans lequel on a du mal à démêler le vrai du faux. C’est cette particularité qui dans cette histoire m’a beaucoup plu !

  Au début on fait la rencontre de Nico, qui travaille le soir dans une permanence téléphonique pour ados en détresse. Une jeune fille de 11 ans ultra surveillée par ses parents qui veut aider les autres à sa manière. J’ai eu envie d’en savoir plus dès le début parce qu’on a des chapitres sur sa sœur enlevée Sarah. Des chapitres relatant son enfermement et son enfer psychologique. Un récit à double voix qui m’a donc intrigué très vite.

  Nico est un personnage attachant. D’une part à cause de sa relation avec Sarah avant son enlèvement. Cette dernière était une vraie peste avec sa cadette… l’insultant et la rabaissant plus que nécessaire. On se prend d’affection pour cette fillette qui n’a rien demandé à personne et qui essaie d’être aussi jolie que sa sœur, en vain. En se mettant à la place de Nico, on ne sait pas si la Sarah revenante est la VRAIE Sarah. Des doutes on en a un paquet, pourtant on espère comme toute la famille. D’autres personnages interagissent comme les parents, Paula, Sarah la revenante ou encore les policiers. Chaque personnage a sa part de mystère et d’ombre. Les parents qui croient en cette nouvelle Sarah, les policiers qui ont des doutes mais dont les preuves sont irréfutables et puis Paula… une fille à découvrir.

  Le rythme est prenant grâce à l’alternance des points de vue entre Sarah et Nico. Mais aussi grâce à ce doute qui plane, comme un fil tendu au dessus de nos têtes prêt à craquer à tout moment. On se pose beaucoup de questions sur l’amnésie de Sarah, sur ses réelles « nouvelles capacités » et d’autres qu’elle aurait « perdus ». On veut croire en la bonté des gens et à leur sincérité. Mais le côté malsain du récit, à s’immiscer dans la vie d’une famille déchirée puis pleine d’espoir, est fascinant. Tout ces faits font qu’on lit sans retenu et avec grand plaisir.

  J’ai beaucoup aimé les révélations de l’auteur et comment tout est amené. Ce mystère qui plane une fois la révélation des personnages. Vous savez, après avoir refermé le livre, j’ai encore des questions qui subsistent. Je me demande comment cela est possible. Mais au fond, une 2e chance n’est-elle pas permise ? L’écriture de Cylin Busby arrive très bien à faire transparaître le côté malsain du récit… et jusqu’au bout. Je ne sais pas si j’ai apprécié ce final. D’un côté oui par rapport aux révélations et à l’intérêt porté à cette famille qui en redevient une. Mais de l’autre, je me sens très mal, avec mes questions, mes attentes de l’histoire et par le fait que ce ne soit pas juste… à méditer !

Ma note : 7,5/10

Merci à Sara et aux éditions Milan pour ce partenariat !

Chronique : L'atelier des souvenirs d'Anne Idoux-Thivet

L’atelier des souvenirs 
Anne Idoux-Thivet
(Genre : Contemporain)

Editions : Michel Lafon
Prix : 17,95€ (Partenariat)
Date de parution originale : 18 janvier 2018

Résumé : Lorsqu’elle hérite de la maison de sa grand-mère dans la Meuse, Alice décide de quitter sa vie de thésarde parisienne qui ne mène nulle part et de s’installer à la campagne. Elle se lance alors dans l’animation d’ateliers d’écriture dans deux maisons de retraite. Suzanne, Germaine, Jeanne, Elisabeth, Georges, Lucien… les anciens dont elle croise la route sont tous plus attachants les uns que les autres. Au fil des séances d’écriture, les retraités dévoilent des bribes de leur passé et s’attachent à la jeune femme, dont ils devinent la solitude. Bien décidée à lui redonner le sourire, la joyeuse bande de seniors se donne pour mission de l’aider à trouver l’amour !


  Le fabuleux destin d’Anne Idoux-Thivet ! Auteure autoéditée chez Librinova, elle a su se démarquer en numérique pour que son roman L’atelier des souvenirs soit publié chez Michel Lafon. J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer Anne au salon du livre de Paris en 2017. Et je suis donc encore plus content pour elle : bravo ! J’ai en plus beaucoup apprécié son roman que j’ai trouvé très doux et bienveillant.

  Les 1ers chapitres m’ont paru difficiles à appréhender, des textes en italiques censés représentés des lettres. Des personnages différents à chaque fois… je me suis demandé dans quoi je m’embarquais. Je déteste les histoires où il y a beaucoup de personnages. Je trouve qu’on s’y perd et que ça perd en authenticité. Pourtant, au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire toutes ces personnes forment un tout. Je me suis mis à les adorer tous autant qu’ils sont pour mon plus grand bonheur.

  Alice m’a beaucoup plu. Tant dans son travail, au contact de ces personnages âgées, que dans sa vie personnelle. Telle une chrysalide qui se transforme en papillon, on la voit évoluer dans les deux versants de sa vie avec un grand plaisir. Suzanne, Germaine, Jeanne… sont tous importants dans la métamorphose d’Alice. A leur contact, leur expérience de vie, leurs peines, joies et autres sentiments, la jeune femme va ressortir plus grande de cette aventure. Les petits vieux m’ont fait mourir de rire, de vrais gosses. Ils sont entreprenant, font des choses inattendues comme leur petite enquête… et c’est ce qui rend le récit plus riche : le petit conseil, le contact rassurant, l’étreinte douce. Un vraie bienveillance.

  Comme dit plus haut, si les chapitres m’ont paru bizarres au début, j’ai noté par la suite que c’est cette originalité qui rend le récit dynamique. J’avais envie d’être dans les souvenirs des « petits vieux » d’Alice. D’en savoir plus sur eux et sur leurs vies. L’originalité des personnalités, la diversité des personnages, c’est comme si le lecteur était propulsé au cœur de ce village de la Meuse. Invité à prendre part à ces ateliers d’écriture quelque soit son âge. Les chapitres sont en plus courts ce qui renforce le sentiment de fluidité lors de la lecture.

  J’ai beaucoup aimé la plume d’Anne Idoux-Thivet. Sincère, jouant avec les âges et les caractères de chacun. Cela ne doit pas être facile d’endosser tel ou tel personnage même si on les connait bien. L’auteure est un vrai caméléon, sachant s’adapter à toutes les situations. La rencontre entre les générations est une excellente idée dans le roman. Une histoire intergénérationnelle qui plaira au plus grand nombre, j’en suis sûr. Et puis cette fin… oh mon dieu, des frissons tellement c’était mignon. J’aurais bien aimé savoir ce qu’il se passait par la suite ! Je serai ravi de lire un autre roman d’Anne. De la voir avec une histoire avec moins de personnages et dans un autre contexte. Je suis sûr qu’elle ferait des merveilles !

Ma note : 8/10

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !