dimanche 4 mars 2018

Chronique : L'autre soeur de Cylin Busby

L’autre sœur 
Cylin Busby
(Genre : Thriller, Jeunesse)

Editions : Milan
Prix : 14,90€ (Partenariat)
Date de parution originale : 24 janvier 2018

Résumé : Quand Sarah se volatilise, sa famille est dévastée. Nico, 11 ans, devient au collège la « sœur de la fille qui a disparu ». Derrière le chagrin, difficile d’admettre qu’elle est soulagée : Sarah n’est plus là pour se moquer de ses rondeurs et de ses goûts. Car sa sœur était une peste qui menait son entourage à la baguette. Un jour, enfin, Sarah réapparaît. Amnésique, mais vivante. Pareille et pourtant différente. Est-ce bien elle… ou est-ce une imposture ?


  En général, j’apprécie beaucoup les thrillers jeunesse des éditions Milan. Ils trouvent de bonnes traductions pour leurs lecteurs français. Celui-ci ne fait pas exception à la règle. L’autre sœur de Cylin Busby est un roman malsain dans lequel on a du mal à démêler le vrai du faux. C’est cette particularité qui dans cette histoire m’a beaucoup plu !

  Au début on fait la rencontre de Nico, qui travaille le soir dans une permanence téléphonique pour ados en détresse. Une jeune fille de 11 ans ultra surveillée par ses parents qui veut aider les autres à sa manière. J’ai eu envie d’en savoir plus dès le début parce qu’on a des chapitres sur sa sœur enlevée Sarah. Des chapitres relatant son enfermement et son enfer psychologique. Un récit à double voix qui m’a donc intrigué très vite.

  Nico est un personnage attachant. D’une part à cause de sa relation avec Sarah avant son enlèvement. Cette dernière était une vraie peste avec sa cadette… l’insultant et la rabaissant plus que nécessaire. On se prend d’affection pour cette fillette qui n’a rien demandé à personne et qui essaie d’être aussi jolie que sa sœur, en vain. En se mettant à la place de Nico, on ne sait pas si la Sarah revenante est la VRAIE Sarah. Des doutes on en a un paquet, pourtant on espère comme toute la famille. D’autres personnages interagissent comme les parents, Paula, Sarah la revenante ou encore les policiers. Chaque personnage a sa part de mystère et d’ombre. Les parents qui croient en cette nouvelle Sarah, les policiers qui ont des doutes mais dont les preuves sont irréfutables et puis Paula… une fille à découvrir.

  Le rythme est prenant grâce à l’alternance des points de vue entre Sarah et Nico. Mais aussi grâce à ce doute qui plane, comme un fil tendu au dessus de nos têtes prêt à craquer à tout moment. On se pose beaucoup de questions sur l’amnésie de Sarah, sur ses réelles « nouvelles capacités » et d’autres qu’elle aurait « perdus ». On veut croire en la bonté des gens et à leur sincérité. Mais le côté malsain du récit, à s’immiscer dans la vie d’une famille déchirée puis pleine d’espoir, est fascinant. Tout ces faits font qu’on lit sans retenu et avec grand plaisir.

  J’ai beaucoup aimé les révélations de l’auteur et comment tout est amené. Ce mystère qui plane une fois la révélation des personnages. Vous savez, après avoir refermé le livre, j’ai encore des questions qui subsistent. Je me demande comment cela est possible. Mais au fond, une 2e chance n’est-elle pas permise ? L’écriture de Cylin Busby arrive très bien à faire transparaître le côté malsain du récit… et jusqu’au bout. Je ne sais pas si j’ai apprécié ce final. D’un côté oui par rapport aux révélations et à l’intérêt porté à cette famille qui en redevient une. Mais de l’autre, je me sens très mal, avec mes questions, mes attentes de l’histoire et par le fait que ce ne soit pas juste… à méditer !

Ma note : 7,5/10

Merci à Sara et aux éditions Milan pour ce partenariat !

Chronique : L'atelier des souvenirs d'Anne Idoux-Thivet

L’atelier des souvenirs 
Anne Idoux-Thivet
(Genre : Contemporain)

Editions : Michel Lafon
Prix : 17,95€ (Partenariat)
Date de parution originale : 18 janvier 2018

Résumé : Lorsqu’elle hérite de la maison de sa grand-mère dans la Meuse, Alice décide de quitter sa vie de thésarde parisienne qui ne mène nulle part et de s’installer à la campagne. Elle se lance alors dans l’animation d’ateliers d’écriture dans deux maisons de retraite. Suzanne, Germaine, Jeanne, Elisabeth, Georges, Lucien… les anciens dont elle croise la route sont tous plus attachants les uns que les autres. Au fil des séances d’écriture, les retraités dévoilent des bribes de leur passé et s’attachent à la jeune femme, dont ils devinent la solitude. Bien décidée à lui redonner le sourire, la joyeuse bande de seniors se donne pour mission de l’aider à trouver l’amour !


  Le fabuleux destin d’Anne Idoux-Thivet ! Auteure autoéditée chez Librinova, elle a su se démarquer en numérique pour que son roman L’atelier des souvenirs soit publié chez Michel Lafon. J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer Anne au salon du livre de Paris en 2017. Et je suis donc encore plus content pour elle : bravo ! J’ai en plus beaucoup apprécié son roman que j’ai trouvé très doux et bienveillant.

  Les 1ers chapitres m’ont paru difficiles à appréhender, des textes en italiques censés représentés des lettres. Des personnages différents à chaque fois… je me suis demandé dans quoi je m’embarquais. Je déteste les histoires où il y a beaucoup de personnages. Je trouve qu’on s’y perd et que ça perd en authenticité. Pourtant, au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire toutes ces personnes forment un tout. Je me suis mis à les adorer tous autant qu’ils sont pour mon plus grand bonheur.

  Alice m’a beaucoup plu. Tant dans son travail, au contact de ces personnages âgées, que dans sa vie personnelle. Telle une chrysalide qui se transforme en papillon, on la voit évoluer dans les deux versants de sa vie avec un grand plaisir. Suzanne, Germaine, Jeanne… sont tous importants dans la métamorphose d’Alice. A leur contact, leur expérience de vie, leurs peines, joies et autres sentiments, la jeune femme va ressortir plus grande de cette aventure. Les petits vieux m’ont fait mourir de rire, de vrais gosses. Ils sont entreprenant, font des choses inattendues comme leur petite enquête… et c’est ce qui rend le récit plus riche : le petit conseil, le contact rassurant, l’étreinte douce. Un vraie bienveillance.

  Comme dit plus haut, si les chapitres m’ont paru bizarres au début, j’ai noté par la suite que c’est cette originalité qui rend le récit dynamique. J’avais envie d’être dans les souvenirs des « petits vieux » d’Alice. D’en savoir plus sur eux et sur leurs vies. L’originalité des personnalités, la diversité des personnages, c’est comme si le lecteur était propulsé au cœur de ce village de la Meuse. Invité à prendre part à ces ateliers d’écriture quelque soit son âge. Les chapitres sont en plus courts ce qui renforce le sentiment de fluidité lors de la lecture.

  J’ai beaucoup aimé la plume d’Anne Idoux-Thivet. Sincère, jouant avec les âges et les caractères de chacun. Cela ne doit pas être facile d’endosser tel ou tel personnage même si on les connait bien. L’auteure est un vrai caméléon, sachant s’adapter à toutes les situations. La rencontre entre les générations est une excellente idée dans le roman. Une histoire intergénérationnelle qui plaira au plus grand nombre, j’en suis sûr. Et puis cette fin… oh mon dieu, des frissons tellement c’était mignon. J’aurais bien aimé savoir ce qu’il se passait par la suite ! Je serai ravi de lire un autre roman d’Anne. De la voir avec une histoire avec moins de personnages et dans un autre contexte. Je suis sûr qu’elle ferait des merveilles !

Ma note : 8/10

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

Chronique : Rêver n'est pas un vilain défaut de Carole Cerruti

Rêver n’est pas un vilain défaut 
Carole Cerruti
(Genre : Comédie romantique)

Editions : City
Prix : 17,50€
Date de parution originale : 24 janvier 2018

Résumé : À bientôt 30 ans, Elisabeth a des rêves plein la tête. Elle aimerait être écrivain, voudrait être un peu moins enrobée et ne plus être l’éternelle célibataire que l’on regarde avec pitié. Mais voilà, elle fait partie des femmes qui passent inaperçues. Trop c’est trop ! Invitée à la soirée de gala des anciens étudiants (qu’elle n’a pas revus depuis 10 ans), elle décide qu’elle n’ira pas toute seule pour ne pas subir les moqueries de ses anciennes camarades. Il lui faut un petit ami, et vite. La seule solution ? Engager un acteur !


  Carole Cerruti est une auteure qui ne m’est pas inconnue. J’ai déjà lu son 1er roman autoédité Twenty Rules que j’avais A-DO-RÉ ! Quand elle m’a recontacté pour savoir si je voulais lire son 2e livre édité tout récemment : j’ai accepté avec plaisir. Encore merci pour ta confiance Carole ! Ce que je peux vous dire, c’est que j’ai vraiment aimé cette histoire. J’ai pris le temps de la savourer comme on savourerait un bon dessert, une belle douceur au chocolat.

  Dès le début on fait la rencontre d’Elisabeth qui rêve d’avoir une vie magique. Cependant, elle se trouve banale, un peu ronde, pas assez bien pour les autres et ne profite pas de la vie. Pourtant, une nouvelle va bouleverser son quotidien insignifiant… son ancienne fac fait une soirée pour les étudiants de sa promotion. Elle qui s’était jurée de revenir avec un métier qui assure, un mari et des enfants, c’est raté. Avec sa meilleure amie Kathleen, elles ont l’idée de payer un homme pour jouer son petit ami. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu.

  Elisabeth m’a beaucoup touché, notamment par sa façon de voir la vie, si négative. Avoir des rêves c’est bien, mais pouvoir les réaliser, c’est encore mieux. Au début du récit, j’avais envie de la secouer et de la réveiller. Grâce à Kathleen et à Damon, elle va évoluer, s’ouvrir aux autres et à sa vie. On la sent certes stressée mais aussi plus elle-même au fur et à mesure. Elle prend enfin le taureau par les cornes, se montre telle qu’elle est et c’est super pour le lecteur. On sent une Elisabeth qui vit sa vie pleinement. Damon est un personnage difficile à cerner. On ne sait pas s’il joue avec Elisabeth ou pas… Pourtant on espère au fond de nous que son métier soit relégué au second plan et qu’il soi lui-même. Kathleen c’est le personnage déjanté que tout le monde adore. Rentre dedans, franche, sur d’elle-même et de son corps. Une badass comme on les aime !

  Si le début est un peu lent, jusqu’à la commande d’Elisabeth et Kathleen, de l’acteur qui l’accompagnera au gala… la suite est bien plus intéressante. Le récit se veut plus dynamique entre les faux semblants et la « vraie » vie du couple. On ne sait jamais qui a des soupçons ou pas. Et tout ce pan de l’histoire dont on devine, qui se construit, est appréciable. Ajouté à cela des chapitres courts et des dialogues qui permettent une fluidité dans la lecture. Le livre se dévore sans que vous vous en rendiez compte.

  L’amour abordé dans cette histoire m’a plu. Premièrement parce que les personnages prennent leur temps. Elisabeth ne tombe pas raide dingue amoureuse de Damon au premier regard. Preuve en est, elle ne sait même pas qui il est. Ce que j’ai aussi apprécié c’est que tout par de Damon. Seuls ceux qui auront lu le livre sauront de quoi je parle. Mais pour une fois, c’est le mec qui se laisse avoir (si je puis dire) et pas la nana. Merci Carole Cerruti d’aller à l’encontre des clichés, ça fait plaisir.

  Enfin, la plume de l’auteur est entrainante, simple, fluide et le texte se laisse lire avec facilité. Quelques longueurs par-ci par-là ne gâchent pas le plaisir de retrouver l’histoire et les personnages. J’ai apprécié cette fin où jusqu’au bout, on ne sait pas s’ils vont vraiment finir ensemble. Je me suis posé pleins de questions et c’est très bon signe. Je vais m’arrêter ici pour la chronique. En espérant vous avoir convaincu de découvrir Rêver n’est pas un vilain défaut de Carole Cerruti. C’est assurément une auteure à suivre ! Encore merci Carole pour ta confiance ;)

Ma note : 8/10.