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dimanche 4 mars 2018

Chronique : Rêver n'est pas un vilain défaut de Carole Cerruti

Rêver n’est pas un vilain défaut 
Carole Cerruti
(Genre : Comédie romantique)

Editions : City
Prix : 17,50€
Date de parution originale : 24 janvier 2018

Résumé : À bientôt 30 ans, Elisabeth a des rêves plein la tête. Elle aimerait être écrivain, voudrait être un peu moins enrobée et ne plus être l’éternelle célibataire que l’on regarde avec pitié. Mais voilà, elle fait partie des femmes qui passent inaperçues. Trop c’est trop ! Invitée à la soirée de gala des anciens étudiants (qu’elle n’a pas revus depuis 10 ans), elle décide qu’elle n’ira pas toute seule pour ne pas subir les moqueries de ses anciennes camarades. Il lui faut un petit ami, et vite. La seule solution ? Engager un acteur !


  Carole Cerruti est une auteure qui ne m’est pas inconnue. J’ai déjà lu son 1er roman autoédité Twenty Rules que j’avais A-DO-RÉ ! Quand elle m’a recontacté pour savoir si je voulais lire son 2e livre édité tout récemment : j’ai accepté avec plaisir. Encore merci pour ta confiance Carole ! Ce que je peux vous dire, c’est que j’ai vraiment aimé cette histoire. J’ai pris le temps de la savourer comme on savourerait un bon dessert, une belle douceur au chocolat.

  Dès le début on fait la rencontre d’Elisabeth qui rêve d’avoir une vie magique. Cependant, elle se trouve banale, un peu ronde, pas assez bien pour les autres et ne profite pas de la vie. Pourtant, une nouvelle va bouleverser son quotidien insignifiant… son ancienne fac fait une soirée pour les étudiants de sa promotion. Elle qui s’était jurée de revenir avec un métier qui assure, un mari et des enfants, c’est raté. Avec sa meilleure amie Kathleen, elles ont l’idée de payer un homme pour jouer son petit ami. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu.

  Elisabeth m’a beaucoup touché, notamment par sa façon de voir la vie, si négative. Avoir des rêves c’est bien, mais pouvoir les réaliser, c’est encore mieux. Au début du récit, j’avais envie de la secouer et de la réveiller. Grâce à Kathleen et à Damon, elle va évoluer, s’ouvrir aux autres et à sa vie. On la sent certes stressée mais aussi plus elle-même au fur et à mesure. Elle prend enfin le taureau par les cornes, se montre telle qu’elle est et c’est super pour le lecteur. On sent une Elisabeth qui vit sa vie pleinement. Damon est un personnage difficile à cerner. On ne sait pas s’il joue avec Elisabeth ou pas… Pourtant on espère au fond de nous que son métier soit relégué au second plan et qu’il soi lui-même. Kathleen c’est le personnage déjanté que tout le monde adore. Rentre dedans, franche, sur d’elle-même et de son corps. Une badass comme on les aime !

  Si le début est un peu lent, jusqu’à la commande d’Elisabeth et Kathleen, de l’acteur qui l’accompagnera au gala… la suite est bien plus intéressante. Le récit se veut plus dynamique entre les faux semblants et la « vraie » vie du couple. On ne sait jamais qui a des soupçons ou pas. Et tout ce pan de l’histoire dont on devine, qui se construit, est appréciable. Ajouté à cela des chapitres courts et des dialogues qui permettent une fluidité dans la lecture. Le livre se dévore sans que vous vous en rendiez compte.

  L’amour abordé dans cette histoire m’a plu. Premièrement parce que les personnages prennent leur temps. Elisabeth ne tombe pas raide dingue amoureuse de Damon au premier regard. Preuve en est, elle ne sait même pas qui il est. Ce que j’ai aussi apprécié c’est que tout par de Damon. Seuls ceux qui auront lu le livre sauront de quoi je parle. Mais pour une fois, c’est le mec qui se laisse avoir (si je puis dire) et pas la nana. Merci Carole Cerruti d’aller à l’encontre des clichés, ça fait plaisir.

  Enfin, la plume de l’auteur est entrainante, simple, fluide et le texte se laisse lire avec facilité. Quelques longueurs par-ci par-là ne gâchent pas le plaisir de retrouver l’histoire et les personnages. J’ai apprécié cette fin où jusqu’au bout, on ne sait pas s’ils vont vraiment finir ensemble. Je me suis posé pleins de questions et c’est très bon signe. Je vais m’arrêter ici pour la chronique. En espérant vous avoir convaincu de découvrir Rêver n’est pas un vilain défaut de Carole Cerruti. C’est assurément une auteure à suivre ! Encore merci Carole pour ta confiance ;)

Ma note : 8/10.

jeudi 29 octobre 2015

Chronique : Ils ont volé mon innocence de Toni Maguire avec Madeleine Vibert


Ils ont volé mon innocence de Toni Maguire avec Madeleine Vibert. (Genre : Témoignage).

Editions : City
Prix : 17,90€ (Partenariat)
Année de parution française : 2015
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : …

  Résumé : Un bâtiment gris, sombre. Effrayant. Dans les souvenirs de Madeleine, c’est ainsi qu’apparaît l’orphelinat où elle a été placée dès sa plus tendre enfance. A l’âge de cinq ans, le cauchemar est quotidien pour la petite fille sans défense. Le directeur de l’établissement abuse d’elle comme si elle était son jouer. « Ne dis rien, personne ne croira une sale gamine comme toi », dit-il à Madeleine qui, terrorisée, se tait. Pire encore : dans cet orphelinat de l’horreur, les enfants sont vendus à des hommes qui leur font subir les pires sévices. En toute impunité, sans que personne ne s’en émeuve, parce que ces enfants sans parents sont considérés comme des moins-que-rien…


  De Toni Maguire, j’avais lu il y a 2 ans « Ne le dis pas à maman » qui m’avait profondément bouleversé. J’étais ressorti de cette lecture très en colère de la situation qu’avait pu vivre l’auteure. Ici, ce n’est pas sa propre histoire mais celle de Madelaine Vibert. Un récit tout aussi dur m’ayant aussi révolté lors de ma lecture. La couverture me fait vraiment de la peine. Je ne sais pas si c’est vraiment la petite Madeleine mais ça reflète parfaitement l’histoire. Une prison dorée où la petite fille va devoir faire face à ses bourreaux… Je ne pourrais pas dire que j’ai apprécié lire le roman, parce qu’on ne peut pas aimer ce genre d’histoire. Mais ce sont des choses qui doivent être lues pour ne pas les oublier. Surtout pour ne plus que cela se produise.

  Les auteurs ont choisi de parler du passé en termes de souvenirs. En fait, Madeleine Vibert va se rendre au commissariat pour porter plainte. Ainsi lors des interrogatoires, elle va devoir se replonger dans ses souvenirs. Comment sa mère est partie de chez ses parents. Comment elle est tombée enceinte d’elle. Comment elle n’a pu obtenir la garde de sa fille… Le début est triste différemment puisqu’il n’y a pas les sévices. Cependant, ça reste quand même perturbant pour la famille. Et avec ça, on a envie de savoir si Madeleine va s’en sortir dans l’avenir.

  Madeleine, cette petite fille qui dès le début de sa vie va être placée dans une crèche parce que sa mère ne peut s’en occuper. Où comment chaque jour elle va espérer avoir une nouvelle maman et un nouveau papa. A la crèche, même si elle n’avait pas de parents, tout allait pour le mieux. On s’occupait bien d’elle et elle jouait avec les autres enfants. Lorsqu’il a fallu qu’elle aille à l’école, il a aussi fallu qu’elle change de pensionnat. Elle est donc allée à Haut-de-la-Garenne et là l’enfer a commencé. Madeleine est une petite fille courageuse. La naïveté, l’innocence qu’on a à 5 ans ne permet pas à un gosse de se défendre. Quand on pense aux adultes, on pense qu’ils sont là pour nous protéger. De plus, dans un nouvel endroit on veut être exemplaire pour ne pas se faire remarquer. Dès le premier jour, Madeleine a été exemplaire, et dès le premier jour, Madeleine a été abusée. Quand je pense à l’horreur des sévices qu’elle a vécus… malheureusement, il n’y avait pas qu’elle. J’ai toujours été derrière Madeleine lors de ma lecture. J’ai souffert avec elle, j’ai eu peur avec elle, j’ai espéré avec elle et j’ai compris très vite avec elle les mécanismes, les rouages de l’embrigadement… (rien que de l’écrire j’ai les frissons). Et tout ça m’a bien sûr révolté !

  Le rythme de l’histoire est vraiment bon. Même si ce qu’on lit est triste, on a envie de continuer pour savoir si Madeleine va s’en sortir. Je me suis posé un paquet de questions sur sa famille, sur les assistantes sociales. Tout comme sur les raisons qui poussaient les gens de l’orphelinat à agir de la sorte avec des enfants… Je n’ai évidemment pas compris. Les chapitres sont aussi courts ce qui amène au récit assez dense, une fluidité intéressante. Le rythme est aussi bon parce qu’on va suivre Madeleine au cours de toute sa vie. Son enfance, son adolescence, mais aussi son présent, lorsqu’elle a dépassée la quarantaine. On voit donc son évolution et comment son passé l’a en partie détruite.

  Je dois dire que le sujet de l’abus sexuel est toujours difficile à aborder. Notamment dans un livre autobiographique où il faut se dévoiler. C’est paradoxal de dire ça parce que je dis que c’est bien traité mais en même temps on aimerait ne pas lire ce genre de chose. C’est un livre à ne pas mettre entre toutes les mains. Il y a vraiment des scènes choquantes, avec des sévices odieux. Ce qui m’a le plus révolté en fait, c’était la presque passivité de la maman de Madeleine. Certes elle avait envie de sortir sa fille de l’orphelinat, mais elle n’agissait pas. Comment peut-on laisser sa fille à des gens qui font semblant de prendre soin d’eux ?

  Au-delà d’une autobiographie, le roman est bien écrit et les pages se tournent très vite. Les scènes sont précises malgré la mémoire de l’auteure qui fait parfois défaut. Et puis elle arrive à nous faire ressentir les émotions qu’elle percevait lors de son enfance. C’est ce qui peut rendre malade, cette peur viscérale de retourner à l’orphelinat. Ces moqueries à l’école des autres enfants. Cette envie inassouvie d’avoir un foyer comme les autres. Et surtout, l’envie d’être traitée normalement avec un peu d’amour. Pour les amateurs de témoignage, je vous le conseille. C’est une histoire qui se doit d’être lue pour ne pas qu’elle soit oubliée. Pour ne pas que ces sévices reprennent. Et pour peut-être faire agir des victimes qui n’osent pas en parler. Pour les autres abstenez-vous, c’est un livre choquant.

Ma note : - /10 (On ne peut noter)

Merci à Flora et aux éditions City pour ce partenariat !