Nos dernières chroniques...

Nos dernières chroniques...


mardi 1 mai 2018

Chronique : Sauveur & Fils - Saison 4 de Marie-Aude Murail

Sauveur & Fils - Saison 4 
Marie-Aude Murail

Editions : L’école des loisirs
Prix : 17€ (Partenariat)
Date de parution originale : 17 janvier 2018

Résumé : Comment résoudre tous nos problèmes ? On peut, comme Jean-Jacques, s’enfermer dans sa chambre et ne plus penser à rien en dégommant des terroristes sur son ordinateur. On peut, comme Gabin, s’enfoncer des écouteurs dans les oreilles et passer ses nuits en compagnie des zombis de The Walking Dead. On peut aussi, comme Frédérique, demander à une voyante de lire l’avenir, ou bien, comme Jérôme, s’enfuir en abandonnant femme et enfants. Mais on peut également consulter monsieur Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien, comme Solo, comme Margaux, comme Samuel, comme Ella, et regarder la vie en face. Le bonheur sera peut-être au rendez-vous.


  Je ne pense pas que ma chronique sera super longue. C’est un tome 4 et je ne vais pas en dire beaucoup. Pour ceux qui me connaissent, vous savez que j’apprécie cette série. Les tomes 1, 2 et 3 ont été des lectures fraiches qui m’ont fait un bien fou ! Marie-Aude Murail reprend tout ce qui a fait le succès de ses précédents ouvrages… et réussi à faire aussi bien, voir mieux ! Cette saison 4 a tenu toutes ses promesses.

  J’apprécie toujours autant les personnages. Qu’ils soient du côté médical de Sauveur ou du côté de sa vie privée. Toutes les personnes que l’on rencontre apportent ce petit quelque chose en plus qui rend le récit fascinant. On s’attache à eux, on les déteste parfois… mais ce qui est sûr c’est qu’on espère le meilleur pour chacun. Qu’ils aient des problèmes avec leurs enfants, dans leur couple ou de manière solitaire : je voulais qu’ils ressortent du cabinet de consultation un peu plus fort. Parce que Marie-Aude Murail a cette capacité à rendre empathique son lecteur. On l’est aussi avec la famille recomposée de Sauveur : Lazare son fils, Louise sa compagne et ses enfants Paul et Alice. C’est comme si l’auteur avait créé une énorme famille avec tous ses personnages. Et ça met du baume au cœur !

  L’histoire se lit vite… voir trop vite peut-être (à prendre comme une qualité !) Il y a beaucoup de dialogues ce qui permet de fluidifier l’ensemble du récit. On est constamment dans l’échange, dans l’introspection, la recherche de solutions. C’est une histoire avec laquelle on se sent bien. Avec laquelle on a toujours envie de revenir. Le gros point fort également c’est le rire. Que ce soient les enfants ou les adultes, certains personnages ont une sacrée répartie !! Et quand on me fait rire, c’est que je suis à fond dans l’histoire. Donc au final, c’est qu’elle me plait.

  Ce que j’apprécie aussi dans cette série, ce sont les divers thèmes abordés. La famille recomposée, l’identité familiale, la scarification, les problèmes d’école etc. Chaque adulte ou adolescent peut s’y reconnaître et avoir un questionnement sur un sujet particulier. La plume de l’auteur est super. L’histoire se lit hyper bien. Il n’y a pas de temps mort, ni de longues descriptions. On ne lâche pas le texte et c’est super dynamique. Bref vous l’aurez compris, j’adore cette série. N’hésitez pas à commencer par le 1er tome qui j’en suis sûr, saura vous convaincre !

Ma note : 8/10.

Merci à L’école des loisirs pour ce partenariat !

dimanche 29 avril 2018

Chronique : A la lumière du petit matin d'Agnès Martin-Lugand

À la lumière du petit matin
Agnès Martin-Lugand

Editions : Michel Lafon
Prix : 18,95€
Date de parution originale : 29 mars 2018

Résumé : À l’approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle est peu à peu gagnée par un indicible vague à l’âme qu’elle refuse d’affronter jusqu’au jour où le destin la fait trébucher. Mais ce coup du sort n’est-il pas l’occasion de raviver la flamme intérieure qu’elle avait laissée s’éteindre ?


LIVRE COUP DE CŒUR ! À chaque printemps, j’ai rendez-vous avec Agnès Martin-Lugand. Pas personnellement bien sûr, mais avec ses romans et grâce aux éditions Michel Lafon. Cette année ne fait donc pas exception à la règle. J’ai attendu d’être en vacances pour déguster son roman. D’être au calme pour apprécier chaque page, chaque phrase, chaque mot. Comme vous l’avez-vu c’est un coup de cœur. Comme ses romans précédents, je ne peux que vous les conseiller !

Le roman s’ouvre sur une scène touchante et triste : Hortense en recueillement au pied d’un arbre dans le sud de la France… là où reposent ses parents, partis 4 ans plus tôt. Notre protagoniste remonte après à Paris pour retrouver sa routine : son métier de professeur de danse ainsi que sa relation avec Aymeric, marié et père. On se doute donc qu’Agnès Martin-Lugand va aborder certains thèmes. Et qu’on n’en ressortira pas indemne.

Les personnages ont tous un côté qu’on aime… ou qu’on déteste. Hortense est une femme aimée mais pas de la bonne manière. Elle est empêtrée dans son quotidien de professeur de danse et de maitresse avec Aymeric. Je me suis attaché à elle et à sa situation. J’avais envie de la guider dans ses choix et de lui murmurer que La vie est facile ne t’inquiète pas. A la suite d’une blessure, elle va retourner dans le sud pour peu à peu se (re)découvrir. Aymeric n’a pas un capital sympathie élevé. Je l’ai vraiment détesté pour la relation qu’il entretient avec Hortense. De ne pas penser à elle, ni à sa femme et ses enfants. J’ai toujours été sur mes gardes avec lui, j’avais dans la tête qu’une relation comme celle-ci ne pouvait être que néfaste pour les deux protagonistes. Elias est également de la partie… mais je vous laisse le soin de découvrir cet homme. Un homme blessé par la vie, par ses proches, son métier et qui lui aussi souhaite se (re)trouver. Ces trois personnages sont secondés par Bertille, Sandro, Catie et Mathieu. Des personnages essentiels à l’histoire.

Le récit est entraînant : une partie sur Paris, l’autre dans le sud dans la maison familiale d’Hortense, la Bastide. On se plait à découvrir Hortense lorsqu’elle danse, puis lorsqu’elle fait maison d’hôte. Des dialogues intéressants et des introspections bien amenées. Très vite, on se rend compte que le roman est tourné sur les choix. Pour Hortense, faire des choix est nécessaire si elle ne veut pas qu’Entre ses mains le bonheur se faufile. On se sent de mieux en mieux à ses côtés, une renaissance est enclenchée… mais il faut franchir le cap de qui effraie : se l’avouer.

Il est également intéressant d’être du côté de la maîtresse et non de la femme trompée. L’auteur a je crois bien compris le paradoxe entre la femme qui espère quelque chose de cette relation… et celui qui, malgré ses sentiments, ne peut s’y engager. Une relation qu’on pourrait traduire par : Désolé, je suis attendu. J’ai aussi adoré le fait qu’Hortense soit danseuse. C’est un univers peu exploité dans la littérature pour adulte. Le roman aborde également le thème des secrets, de deux êtres déchirés par la vie et de la reconstruction progressive. Des thèmes qui m’ont beaucoup plu et qui sont abordés avec subtilité.

La subtilité, on la retrouve dans la plume d’Agnès Martin-Lugand. On sent que les mots sont choisis, qu’il n’y a pas de place à l’erreur et que tout est délicat : comme la personnalité de l’auteur. On se laisse embarquer par les personnages, par leur histoire et par les conséquences de leurs choix. Sans cesse, j’avais envie d’ouvrir à nouveau mon livre pour les retrouver. Pour retrouver Hortense et la réconforter, pour dire à Elias d’enfin s’exprimer ou pour dire à Aymeric de laisser Hortense vivre sa vie. Le seul point négatif, c’est que je n’ai pas été surpris sur le cheminement de l’histoire. J’ai su dès le début ce qu’il allait advenir. Mais ça ne m’a pas empêché d’adorer cette histoire. Agnès Martin-Lugand reste pour moi la Reine du roman contemporain. Par sa manière de raconter ses histoires, de les porter avec son cœur, de les transmettre avec délicatesse et subtilité. Et surtout, avec l’authenticité qui la caractérise. Vivement le prochain !

Ma note : 9,5/10.

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

dimanche 4 mars 2018

Chronique : L'autre soeur de Cylin Busby

L’autre sœur 
Cylin Busby
(Genre : Thriller, Jeunesse)

Editions : Milan
Prix : 14,90€ (Partenariat)
Date de parution originale : 24 janvier 2018

Résumé : Quand Sarah se volatilise, sa famille est dévastée. Nico, 11 ans, devient au collège la « sœur de la fille qui a disparu ». Derrière le chagrin, difficile d’admettre qu’elle est soulagée : Sarah n’est plus là pour se moquer de ses rondeurs et de ses goûts. Car sa sœur était une peste qui menait son entourage à la baguette. Un jour, enfin, Sarah réapparaît. Amnésique, mais vivante. Pareille et pourtant différente. Est-ce bien elle… ou est-ce une imposture ?


  En général, j’apprécie beaucoup les thrillers jeunesse des éditions Milan. Ils trouvent de bonnes traductions pour leurs lecteurs français. Celui-ci ne fait pas exception à la règle. L’autre sœur de Cylin Busby est un roman malsain dans lequel on a du mal à démêler le vrai du faux. C’est cette particularité qui dans cette histoire m’a beaucoup plu !

  Au début on fait la rencontre de Nico, qui travaille le soir dans une permanence téléphonique pour ados en détresse. Une jeune fille de 11 ans ultra surveillée par ses parents qui veut aider les autres à sa manière. J’ai eu envie d’en savoir plus dès le début parce qu’on a des chapitres sur sa sœur enlevée Sarah. Des chapitres relatant son enfermement et son enfer psychologique. Un récit à double voix qui m’a donc intrigué très vite.

  Nico est un personnage attachant. D’une part à cause de sa relation avec Sarah avant son enlèvement. Cette dernière était une vraie peste avec sa cadette… l’insultant et la rabaissant plus que nécessaire. On se prend d’affection pour cette fillette qui n’a rien demandé à personne et qui essaie d’être aussi jolie que sa sœur, en vain. En se mettant à la place de Nico, on ne sait pas si la Sarah revenante est la VRAIE Sarah. Des doutes on en a un paquet, pourtant on espère comme toute la famille. D’autres personnages interagissent comme les parents, Paula, Sarah la revenante ou encore les policiers. Chaque personnage a sa part de mystère et d’ombre. Les parents qui croient en cette nouvelle Sarah, les policiers qui ont des doutes mais dont les preuves sont irréfutables et puis Paula… une fille à découvrir.

  Le rythme est prenant grâce à l’alternance des points de vue entre Sarah et Nico. Mais aussi grâce à ce doute qui plane, comme un fil tendu au dessus de nos têtes prêt à craquer à tout moment. On se pose beaucoup de questions sur l’amnésie de Sarah, sur ses réelles « nouvelles capacités » et d’autres qu’elle aurait « perdus ». On veut croire en la bonté des gens et à leur sincérité. Mais le côté malsain du récit, à s’immiscer dans la vie d’une famille déchirée puis pleine d’espoir, est fascinant. Tout ces faits font qu’on lit sans retenu et avec grand plaisir.

  J’ai beaucoup aimé les révélations de l’auteur et comment tout est amené. Ce mystère qui plane une fois la révélation des personnages. Vous savez, après avoir refermé le livre, j’ai encore des questions qui subsistent. Je me demande comment cela est possible. Mais au fond, une 2e chance n’est-elle pas permise ? L’écriture de Cylin Busby arrive très bien à faire transparaître le côté malsain du récit… et jusqu’au bout. Je ne sais pas si j’ai apprécié ce final. D’un côté oui par rapport aux révélations et à l’intérêt porté à cette famille qui en redevient une. Mais de l’autre, je me sens très mal, avec mes questions, mes attentes de l’histoire et par le fait que ce ne soit pas juste… à méditer !

Ma note : 7,5/10

Merci à Sara et aux éditions Milan pour ce partenariat !

Chronique : L'atelier des souvenirs d'Anne Idoux-Thivet

L’atelier des souvenirs 
Anne Idoux-Thivet
(Genre : Contemporain)

Editions : Michel Lafon
Prix : 17,95€ (Partenariat)
Date de parution originale : 18 janvier 2018

Résumé : Lorsqu’elle hérite de la maison de sa grand-mère dans la Meuse, Alice décide de quitter sa vie de thésarde parisienne qui ne mène nulle part et de s’installer à la campagne. Elle se lance alors dans l’animation d’ateliers d’écriture dans deux maisons de retraite. Suzanne, Germaine, Jeanne, Elisabeth, Georges, Lucien… les anciens dont elle croise la route sont tous plus attachants les uns que les autres. Au fil des séances d’écriture, les retraités dévoilent des bribes de leur passé et s’attachent à la jeune femme, dont ils devinent la solitude. Bien décidée à lui redonner le sourire, la joyeuse bande de seniors se donne pour mission de l’aider à trouver l’amour !


  Le fabuleux destin d’Anne Idoux-Thivet ! Auteure autoéditée chez Librinova, elle a su se démarquer en numérique pour que son roman L’atelier des souvenirs soit publié chez Michel Lafon. J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer Anne au salon du livre de Paris en 2017. Et je suis donc encore plus content pour elle : bravo ! J’ai en plus beaucoup apprécié son roman que j’ai trouvé très doux et bienveillant.

  Les 1ers chapitres m’ont paru difficiles à appréhender, des textes en italiques censés représentés des lettres. Des personnages différents à chaque fois… je me suis demandé dans quoi je m’embarquais. Je déteste les histoires où il y a beaucoup de personnages. Je trouve qu’on s’y perd et que ça perd en authenticité. Pourtant, au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire toutes ces personnes forment un tout. Je me suis mis à les adorer tous autant qu’ils sont pour mon plus grand bonheur.

  Alice m’a beaucoup plu. Tant dans son travail, au contact de ces personnages âgées, que dans sa vie personnelle. Telle une chrysalide qui se transforme en papillon, on la voit évoluer dans les deux versants de sa vie avec un grand plaisir. Suzanne, Germaine, Jeanne… sont tous importants dans la métamorphose d’Alice. A leur contact, leur expérience de vie, leurs peines, joies et autres sentiments, la jeune femme va ressortir plus grande de cette aventure. Les petits vieux m’ont fait mourir de rire, de vrais gosses. Ils sont entreprenant, font des choses inattendues comme leur petite enquête… et c’est ce qui rend le récit plus riche : le petit conseil, le contact rassurant, l’étreinte douce. Un vraie bienveillance.

  Comme dit plus haut, si les chapitres m’ont paru bizarres au début, j’ai noté par la suite que c’est cette originalité qui rend le récit dynamique. J’avais envie d’être dans les souvenirs des « petits vieux » d’Alice. D’en savoir plus sur eux et sur leurs vies. L’originalité des personnalités, la diversité des personnages, c’est comme si le lecteur était propulsé au cœur de ce village de la Meuse. Invité à prendre part à ces ateliers d’écriture quelque soit son âge. Les chapitres sont en plus courts ce qui renforce le sentiment de fluidité lors de la lecture.

  J’ai beaucoup aimé la plume d’Anne Idoux-Thivet. Sincère, jouant avec les âges et les caractères de chacun. Cela ne doit pas être facile d’endosser tel ou tel personnage même si on les connait bien. L’auteure est un vrai caméléon, sachant s’adapter à toutes les situations. La rencontre entre les générations est une excellente idée dans le roman. Une histoire intergénérationnelle qui plaira au plus grand nombre, j’en suis sûr. Et puis cette fin… oh mon dieu, des frissons tellement c’était mignon. J’aurais bien aimé savoir ce qu’il se passait par la suite ! Je serai ravi de lire un autre roman d’Anne. De la voir avec une histoire avec moins de personnages et dans un autre contexte. Je suis sûr qu’elle ferait des merveilles !

Ma note : 8/10

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

Chronique : Rêver n'est pas un vilain défaut de Carole Cerruti

Rêver n’est pas un vilain défaut 
Carole Cerruti
(Genre : Comédie romantique)

Editions : City
Prix : 17,50€
Date de parution originale : 24 janvier 2018

Résumé : À bientôt 30 ans, Elisabeth a des rêves plein la tête. Elle aimerait être écrivain, voudrait être un peu moins enrobée et ne plus être l’éternelle célibataire que l’on regarde avec pitié. Mais voilà, elle fait partie des femmes qui passent inaperçues. Trop c’est trop ! Invitée à la soirée de gala des anciens étudiants (qu’elle n’a pas revus depuis 10 ans), elle décide qu’elle n’ira pas toute seule pour ne pas subir les moqueries de ses anciennes camarades. Il lui faut un petit ami, et vite. La seule solution ? Engager un acteur !


  Carole Cerruti est une auteure qui ne m’est pas inconnue. J’ai déjà lu son 1er roman autoédité Twenty Rules que j’avais A-DO-RÉ ! Quand elle m’a recontacté pour savoir si je voulais lire son 2e livre édité tout récemment : j’ai accepté avec plaisir. Encore merci pour ta confiance Carole ! Ce que je peux vous dire, c’est que j’ai vraiment aimé cette histoire. J’ai pris le temps de la savourer comme on savourerait un bon dessert, une belle douceur au chocolat.

  Dès le début on fait la rencontre d’Elisabeth qui rêve d’avoir une vie magique. Cependant, elle se trouve banale, un peu ronde, pas assez bien pour les autres et ne profite pas de la vie. Pourtant, une nouvelle va bouleverser son quotidien insignifiant… son ancienne fac fait une soirée pour les étudiants de sa promotion. Elle qui s’était jurée de revenir avec un métier qui assure, un mari et des enfants, c’est raté. Avec sa meilleure amie Kathleen, elles ont l’idée de payer un homme pour jouer son petit ami. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu.

  Elisabeth m’a beaucoup touché, notamment par sa façon de voir la vie, si négative. Avoir des rêves c’est bien, mais pouvoir les réaliser, c’est encore mieux. Au début du récit, j’avais envie de la secouer et de la réveiller. Grâce à Kathleen et à Damon, elle va évoluer, s’ouvrir aux autres et à sa vie. On la sent certes stressée mais aussi plus elle-même au fur et à mesure. Elle prend enfin le taureau par les cornes, se montre telle qu’elle est et c’est super pour le lecteur. On sent une Elisabeth qui vit sa vie pleinement. Damon est un personnage difficile à cerner. On ne sait pas s’il joue avec Elisabeth ou pas… Pourtant on espère au fond de nous que son métier soit relégué au second plan et qu’il soi lui-même. Kathleen c’est le personnage déjanté que tout le monde adore. Rentre dedans, franche, sur d’elle-même et de son corps. Une badass comme on les aime !

  Si le début est un peu lent, jusqu’à la commande d’Elisabeth et Kathleen, de l’acteur qui l’accompagnera au gala… la suite est bien plus intéressante. Le récit se veut plus dynamique entre les faux semblants et la « vraie » vie du couple. On ne sait jamais qui a des soupçons ou pas. Et tout ce pan de l’histoire dont on devine, qui se construit, est appréciable. Ajouté à cela des chapitres courts et des dialogues qui permettent une fluidité dans la lecture. Le livre se dévore sans que vous vous en rendiez compte.

  L’amour abordé dans cette histoire m’a plu. Premièrement parce que les personnages prennent leur temps. Elisabeth ne tombe pas raide dingue amoureuse de Damon au premier regard. Preuve en est, elle ne sait même pas qui il est. Ce que j’ai aussi apprécié c’est que tout par de Damon. Seuls ceux qui auront lu le livre sauront de quoi je parle. Mais pour une fois, c’est le mec qui se laisse avoir (si je puis dire) et pas la nana. Merci Carole Cerruti d’aller à l’encontre des clichés, ça fait plaisir.

  Enfin, la plume de l’auteur est entrainante, simple, fluide et le texte se laisse lire avec facilité. Quelques longueurs par-ci par-là ne gâchent pas le plaisir de retrouver l’histoire et les personnages. J’ai apprécié cette fin où jusqu’au bout, on ne sait pas s’ils vont vraiment finir ensemble. Je me suis posé pleins de questions et c’est très bon signe. Je vais m’arrêter ici pour la chronique. En espérant vous avoir convaincu de découvrir Rêver n’est pas un vilain défaut de Carole Cerruti. C’est assurément une auteure à suivre ! Encore merci Carole pour ta confiance ;)

Ma note : 8/10.

dimanche 25 février 2018

Chronique : Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain

Quand la nuit devient jour 
Sophie Jomain
(Genre : Contemporain)

Editions : J’ai Lu
Prix : 6,70€ (Partenariat)
Date de parution française : 10 janvier 2018

  Résumé : « On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse. Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois. Le 6 avril 2016. »


  Sophie Jomain s’est peu à peu fait une place dans le monde de la littérature francophone. J’ai pu la découvrir avec le tome 1 de sa série Les étoiles de Noss Head. Puis avec Felicity Atcock une saga avec une héroïne forte et barrée. Ici, avec Quand la nuit devient jour, Sophie écrit un roman contemporain fort et douloureux. Il traite d’un sujet encore tabou dans notre société : l’euthanasie. Dire que j’ai adoré ce roman serait bizarre par rapport au thème. Je peux vous dire que j’ai pris un coup de poing dans le ventre au fil de ma lecture.

  Le prologue d’une vingtaine de pages est déjà super dur à lire. On fait la connaissance Camille, de sa vie en tant qu’enfant jusqu’à l’âge adulte. On nous prend en pleine face ce qu’elle a vécu, ses traumatismes, ses pensées sévères envers elle-même… ça peut être choquant mais quand on est mal dans sa peau à ce point on ne sait pas comment on réagirait. Je me suis de suite attaché à elle et à ce qu’elle vivait. On a beau se dire qu’elle va essayer de s’en sortir, mais non… c’est toujours pour retomber. Cette douleur de vivre qu’elle ressent en elle m’a fait mal au cœur. On est derrière elle mais à cause de ce prologue, on sait que Camille a déjà pris sa décision. Elle veut mourir.

  L’écriture de Sophie Jomain est brute et forte. Elle secoue son lecteur jusqu’à le faire vaciller… et pleurer. Parce qu’on en veut aux gens qui ne comprennent pas Camille. Notamment ses parents qui n’acceptent pas son choix. C’est normal dans un sens, mais par ailleurs, il faut prendre le temps d’écouter son enfant. On va suivre Camille dans le centre qu’elle intègre pour se faire euthanasier quelques mois plus tard. Comment les médecins, et plus spécialement Marc, vont faire pour alléger ses souffrances jusqu’au jour J.

  J’ai trouvé l’histoire très réaliste. Et c’est normal puisque Sophie Jomain s’est renseignée pour écrire ce livre. Le travail de recherche est phénoménal et bien retranscrit : bravo ! On va donc suivre Camille dans ce quotidien : suivre ses bons moments comme ceux difficile ou plus terribles. C’est un livre qu’on ne parvient pas à lâcher malgré le fait qu’il soit si dur. On a toujours une lueur d’espoir, une petite lumière qui aimerait bien s’allumer afin que Camille… reste des nôtres.

  Traiter d’un sujet tel que l’euthanasie n’est pas une chose facile. Pourtant, Sophie Jomain l’a fait avec une délicatesse et une force qui se mêlent bien. Comme le dit la 4e de couverture, on accepte que Camille veuille mourir. Et ceux se mettant en travers de son chemin ne pourraient de toute façon pas la détourner de son but. D’autres sujets sont aussi liés à ce roman comme les différentes maladies psychiques et physiques que Camille s’inflige. Cela permet aussi d’alerter et c’est intelligent.

  Je n’en dirais pas plus sur ce roman. J’ai redécouvert Sophie Jomain avec ce texte et je continuerai à la suivre dans les romans contemporains. Sa plume sincère nous touche et nous emporte dans son histoire jusqu’à la dernière page. Autant vous dire d’ailleurs que l’épilogue est vraiment horrible. J’ai détesté l’auteur pour ça… Je ne m’y attendais pas du tout et pourtant, j’ai réussi à être surpris. Quand on y pense, c’est aussi logique une telle fin. Chaque débat possède une partie pour et une partie contre donc…

Ma note : 9/10.

Merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat !

mercredi 7 février 2018

Chronique : Absences de Lauren Oliver

Absences 
Lauren Oliver.
(Genre : Romance, Jeunesse).

Éditions : Livre de poche jeunesse
Prix : 6.90€ (Partenariat)
Date de parution poche : 14 juin 2017
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : Vanishing Girls

  Résumé : Dara et Nick étaient inséparables. Mais depuis l'accident de voiture qui a défiguré la belle Dara, les deux sœurs se sont sensiblement éloignées. La vie de Nick bascule définitivement quand sa sœur disparaît, laissant derrière elle un message énigmatique. En fouillant dans sa mémoire et dans le passé de sa sœur, Nick décide de mener l'enquête.


  J’ai été immédiatement attirée par le résumé de ce livre. Pour moi l’occasion parfaite de découvrir la plume de Lauren Oliver que je ne connais pas encore. Pourtant dans ma PAL m’attends bien sagement Délirium… Ne me jetez pas la pierre… Je crois qu’il fallait que je commence avec Absences, parce que j’ai adoré ma lecture !!

  Ce que j’ai particulièrement aimé avec Absences, c’est le côté enquête donné au récit. Ici, nous suivons l’histoire de Nick et Dara, deux sœurs déchirées par un évènement tragique. Chacune a sa propre personnalité, l’une est sage, l’autre beaucoup plus délurée.

  Je ne vous en dirais pas plus volontairement. Lorsque je me suis lancée dans cette lecture, je n’avais plus en tête les avis qu’avait suscités la sortie en grand format. J’ai pu découvrir l’histoire de Dara et Nick sans préjugé, ni attente particulière. C’est ce qui a contribué à mon plaisir de lecture et je n’ai pas pu refermer le livre avant de l’avoir terminé.

  L’alternance de point de vue entre Dara et Nick et toutes ces ellipses temporelles donnent au roman un rythme de dingue. Rajoutez-y les extraits des journaux intimes des deux sœurs et vous avez un combo génialissime. Lauren Oliver est très forte car même si la disparition de Dara n’intervient que tard dans le récit, elle prend le temps de nous conter l’histoire de ces deux sœurs. Leur complicité, leur rivalité (oui, c’est contradictoire mais ceux/celles qui ont une sœur comprendront que c’est une réalité) et y dissémine méticuleusement des indices. Et puis il y a la disparition d’une petite fille, Madeline, qui vient semer le trouble et se mêle à l’intrigue principale. Plus le lecteur avance plus il se pose des questions sur ce qui a bien pu se passer.

  Je dois vous avouer que j’ai senti arrivé la révélation, mais c’est certainement dû à toutes mes lectures de romans policier. Et cela n’a rien enlevé à mon plaisir, au contraire, je voulais avoir raison et je voulais savoir comment tout cela allait bien pouvoir se terminer.

  Avec Abscences, je découvrais la plume de Lauren Oliver et j’ai adoré ! Avec une histoire déjà très prenante, elle parvient avec ses mots et la construction de son récit à rendre encore plus addictive notre lecture. Je ne peux que vous conseiller ce roman.

Ma note : 8,5/10

Merci à Myriam et aux éditions Hachette pour ce partenariat !