jeudi 29 octobre 2015

Chronique : Ils ont volé mon innocence de Toni Maguire avec Madeleine Vibert


Ils ont volé mon innocence de Toni Maguire avec Madeleine Vibert. (Genre : Témoignage).

Editions : City
Prix : 17,90€ (Partenariat)
Année de parution française : 2015
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : …

  Résumé : Un bâtiment gris, sombre. Effrayant. Dans les souvenirs de Madeleine, c’est ainsi qu’apparaît l’orphelinat où elle a été placée dès sa plus tendre enfance. A l’âge de cinq ans, le cauchemar est quotidien pour la petite fille sans défense. Le directeur de l’établissement abuse d’elle comme si elle était son jouer. « Ne dis rien, personne ne croira une sale gamine comme toi », dit-il à Madeleine qui, terrorisée, se tait. Pire encore : dans cet orphelinat de l’horreur, les enfants sont vendus à des hommes qui leur font subir les pires sévices. En toute impunité, sans que personne ne s’en émeuve, parce que ces enfants sans parents sont considérés comme des moins-que-rien…


  De Toni Maguire, j’avais lu il y a 2 ans « Ne le dis pas à maman » qui m’avait profondément bouleversé. J’étais ressorti de cette lecture très en colère de la situation qu’avait pu vivre l’auteure. Ici, ce n’est pas sa propre histoire mais celle de Madelaine Vibert. Un récit tout aussi dur m’ayant aussi révolté lors de ma lecture. La couverture me fait vraiment de la peine. Je ne sais pas si c’est vraiment la petite Madeleine mais ça reflète parfaitement l’histoire. Une prison dorée où la petite fille va devoir faire face à ses bourreaux… Je ne pourrais pas dire que j’ai apprécié lire le roman, parce qu’on ne peut pas aimer ce genre d’histoire. Mais ce sont des choses qui doivent être lues pour ne pas les oublier. Surtout pour ne plus que cela se produise.

  Les auteurs ont choisi de parler du passé en termes de souvenirs. En fait, Madeleine Vibert va se rendre au commissariat pour porter plainte. Ainsi lors des interrogatoires, elle va devoir se replonger dans ses souvenirs. Comment sa mère est partie de chez ses parents. Comment elle est tombée enceinte d’elle. Comment elle n’a pu obtenir la garde de sa fille… Le début est triste différemment puisqu’il n’y a pas les sévices. Cependant, ça reste quand même perturbant pour la famille. Et avec ça, on a envie de savoir si Madeleine va s’en sortir dans l’avenir.

  Madeleine, cette petite fille qui dès le début de sa vie va être placée dans une crèche parce que sa mère ne peut s’en occuper. Où comment chaque jour elle va espérer avoir une nouvelle maman et un nouveau papa. A la crèche, même si elle n’avait pas de parents, tout allait pour le mieux. On s’occupait bien d’elle et elle jouait avec les autres enfants. Lorsqu’il a fallu qu’elle aille à l’école, il a aussi fallu qu’elle change de pensionnat. Elle est donc allée à Haut-de-la-Garenne et là l’enfer a commencé. Madeleine est une petite fille courageuse. La naïveté, l’innocence qu’on a à 5 ans ne permet pas à un gosse de se défendre. Quand on pense aux adultes, on pense qu’ils sont là pour nous protéger. De plus, dans un nouvel endroit on veut être exemplaire pour ne pas se faire remarquer. Dès le premier jour, Madeleine a été exemplaire, et dès le premier jour, Madeleine a été abusée. Quand je pense à l’horreur des sévices qu’elle a vécus… malheureusement, il n’y avait pas qu’elle. J’ai toujours été derrière Madeleine lors de ma lecture. J’ai souffert avec elle, j’ai eu peur avec elle, j’ai espéré avec elle et j’ai compris très vite avec elle les mécanismes, les rouages de l’embrigadement… (rien que de l’écrire j’ai les frissons). Et tout ça m’a bien sûr révolté !

  Le rythme de l’histoire est vraiment bon. Même si ce qu’on lit est triste, on a envie de continuer pour savoir si Madeleine va s’en sortir. Je me suis posé un paquet de questions sur sa famille, sur les assistantes sociales. Tout comme sur les raisons qui poussaient les gens de l’orphelinat à agir de la sorte avec des enfants… Je n’ai évidemment pas compris. Les chapitres sont aussi courts ce qui amène au récit assez dense, une fluidité intéressante. Le rythme est aussi bon parce qu’on va suivre Madeleine au cours de toute sa vie. Son enfance, son adolescence, mais aussi son présent, lorsqu’elle a dépassée la quarantaine. On voit donc son évolution et comment son passé l’a en partie détruite.

  Je dois dire que le sujet de l’abus sexuel est toujours difficile à aborder. Notamment dans un livre autobiographique où il faut se dévoiler. C’est paradoxal de dire ça parce que je dis que c’est bien traité mais en même temps on aimerait ne pas lire ce genre de chose. C’est un livre à ne pas mettre entre toutes les mains. Il y a vraiment des scènes choquantes, avec des sévices odieux. Ce qui m’a le plus révolté en fait, c’était la presque passivité de la maman de Madeleine. Certes elle avait envie de sortir sa fille de l’orphelinat, mais elle n’agissait pas. Comment peut-on laisser sa fille à des gens qui font semblant de prendre soin d’eux ?

  Au-delà d’une autobiographie, le roman est bien écrit et les pages se tournent très vite. Les scènes sont précises malgré la mémoire de l’auteure qui fait parfois défaut. Et puis elle arrive à nous faire ressentir les émotions qu’elle percevait lors de son enfance. C’est ce qui peut rendre malade, cette peur viscérale de retourner à l’orphelinat. Ces moqueries à l’école des autres enfants. Cette envie inassouvie d’avoir un foyer comme les autres. Et surtout, l’envie d’être traitée normalement avec un peu d’amour. Pour les amateurs de témoignage, je vous le conseille. C’est une histoire qui se doit d’être lue pour ne pas qu’elle soit oubliée. Pour ne pas que ces sévices reprennent. Et pour peut-être faire agir des victimes qui n’osent pas en parler. Pour les autres abstenez-vous, c’est un livre choquant.

Ma note : - /10 (On ne peut noter)

Merci à Flora et aux éditions City pour ce partenariat !

4 commentaires:

  1. ça a l'air d'être une histoire terrible...mais effectivement, c'est le genre de récit qui se transmet.

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    1. Super dur oui :/
      Mais comme tu le dis il faut que ça se transmette !

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    2. je viens de finir ce livre et j'ai pleuré ma life
      Ça m'a vraiment mis en colère

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