lundi 7 mars 2016

Chronique : Les gens heureux lisent et boivent du café d'Agnès Martin-Lugand


Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand.
(Genre : Contemporain).

Editions : Pocket
Prix : 6,30€
Date de parution originale : 5 juin 2014

  Résumé : Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule. Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…


  En décidant de lire ce bouquin, je savais que je ne prenais pas de risque. Ayant déjà lu « Entre mes mains le bonheur se faufile » de la même auteure, je connaissais le potentiel. Ce roman m’a toujours attiré. Ne serait-ce que par son titre, sa couverture ou par les avis élogieux qu’il a eu. Il faut dire que le visuel du livre est aguicheur. Le titre lui… est comme une promesse qu’on nous chuchoterait à l’oreille. Au final, j’ai passé un excellent moment de lecture.

  Le lecteur est mis au pli dès le départ. On connait la situation de Diane et l’événement tragique subit par sa famille. L’auteur ne fait pas dans la dentelle au niveau des sentiments. On se les prend en pleine tête dans les premiers chapitres. L’auteure plante le décor tout en faisant part au lecteur des choix de Diane. Ceux qui sont parvenus après l’accident. Jusqu’à une décision clef de notre protagoniste, qui va nous rendre curieux pour la suite.

 Diane est un personnage auquel je me suis beaucoup attaché. La perte de sa famille, l’incompréhension de ses parents face à ses choix et sa solitude la rendent touchante. On se met à sa place, on s’identifie à elle et on essaie de ressentir ce gouffre qui s’est insinué au creux de son cœur. Si Diane est déchirée par cet événement, au fil du roman on va sentir une femme forte et plein de caractère. Son évolution, sa « reconstruction » est incroyable. Ses mots peuvent parfois être durs, blessant et cassant. Mais on aurait tous réagi de la même manière. Edward comment dire ? Est-il possible de détester un personnage à ce point ? Parce que là, Agnès Martin-Lugand nous a pondu un homme odieux. Bizarrement, Diane va peu à peu remonter la pente auprès de lui. Mais la perte de vitesse aura vite fait de la faire redescendre de la pente.

  Le rythme de l’histoire s’enchaîne bien. Même si les chapitres sont parfois longs, la narration à la première personne et les dialogues permettent d’obtenir de la fluidité. Je regrette parfois que l’auteure ait fait des petits bonds dans le temps (une semaine à quelques mois), sans l’écrire avant d’entamer un chapitre. Cela aurait permis au lecteur d’être directement informé. Sinon, avec l’intensité des sentiments et l’avancement de l’histoire : on ne peut pas s’ennuyer. En même temps, le roman fait seulement 285 pages. L’auteure se doit d’avancer vite et bien.

  Le thème de l’histoire peut être évocateur pour la plupart d’entre nous. La reconstruction d’une personne après un drame. Les sentiments éprouvés sur le moment et la prise de conscience de la perte… tout est bien décrit. Dans ce roman la réalité est criante. Rien n’est sur-joué, rien n’est faux. Les sentiments sont décrits avec parcimonie, justesse et intensité. Les choix que prend l’auteure concernant Diane sont censés et vrais. Ce sont des situations dans lesquelles ont pourrait se retrouver. Le roman nous pousse à réfléchir et c’est tout ce qui compte.

  Avec ce roman, j’ai retrouvé l’authenticité et la sincérité de la plume d’Agnès Martin-Lugand. C’est tout ce que j’aime avec les auteurs français, du vrai. Comme s’ils se livraient, comme s’ils se mettaient à nu pour leur lecteur, grâce à leurs histoires. Même si on ne s’attend pas à cette fin, je la comprends amplement. Elle est réfléchie et raisonnée, tout comme le sont les choix de Diane. Je me réjouis sincèrement de lire la suite de ce roman. De retrouver Diane et les autres personnages. Pour savoir si elle réussira sa reconstruction, avant que la vie ne frappe à sa porte une nouvelle fois.

Ma note : 8/10.

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