Nos dernières chroniques...

Nos dernières chroniques...


jeudi 4 mai 2017

Chronique : À la place du cœur - Saison 2 d'Arnaud Cathrine


À la place du cœur – Saison 2 d’Arnaud Cathrine.
(Genre : Contemporain, YA).

Editions : Robert Laffont
Prix : 16,50€ (Partenariat)
Date de parution originale : 23 mars 2017

  Résumé :
La fin de l’année 2015 arrive à grand pas.
Je me suis souvent demandé ces derniers mois :
J’ai quoi à la place du cœur ? À la place du cœur, j’ai toi.


  La 1ère saison de À la place du cœur a été un énorme coup de cœur. J’avais tout adoré dans ce roman et j’avais ressenti énormément de choses. Il était évident pour moi de lire la suite lors de sa sortie. J’avais envie de voir comment Caumes allait évoluer. La couverture est toujours aussi belle même si personnellement, je n’aurais pas utilisé ces couleurs. Mais le travail réalisé est top ! Le résumé en dit peu mais ce n’est pas plus mal. Même si cette 2ème saison est bonne, je la trouve un petit peu en dessous de la saison 1. J’ai quand même passé un excellent moment de lecture !

  Au début, on fait la rencontre de Niels. L’auteur nous fait son descriptif et nous le présente comme très proche de son cousin : Caumes. Pourtant, ils ont eu beau être cul et chemise les années précédentes, deux événements ont marqué la vie de Caumes à jamais. J’ai de suite été curieux de voir si Niels allait pouvoir faire changer son cousin. Le ramener à la vie en quelque sorte, tout en sachant qu’il a un gros poids sur les épaules. Un début prometteur pour la suite.

  Niels est un personnage intéressant dans le roman. Lui qui a vécu loin des attentats et du traumatisme de Caumes, il ne comprend pas pourquoi son cousin a autant changé. Surtout qu’ils se voient seulement l’été en famille (ils ont des rituels). Du coup, il va y avoir tout un travail psychologique effectué par Niels. Une remise en question, un poids (comme dit précédemment) sur ses épaules mis par les parents de Caumes. Son introspection permet de le faire évoluer et c’est ce que le lecteur apprécie. L’autre personnage principal c’est Esther, la chérie de Caumes. Je n’en dirai pas plus sur elle et sur sa relation avec son 1er amour. Et ce sera pareil pour le dernier protagoniste : Caumes. Je ne voudrais pas spoiler pour les personnes n’ayant pas lu le tome 1. Ce sont en tout cas deux personnages touchants dans leur manière de penser, de faire et de voir les choses.

  Le rythme est juste top… et en même temps ça fait peur. Je m’explique : quand vous plongez votre nez dans le bouquin, vous ne pouvez pas en sortir. J’ai lu le roman en quelques heures seulement. Les chapitres sont courts, l’auteur divise en plus son livre en trois parties (pour les 3 protagonistes). Il y a du texte en format SMS, parfois en dialogue comme dans une pièce de théâtre. Cela amène de l’originalité dans la narration et en plus ça permet au lecteur de lire 2 fois plus vite. Arnaud Cathrine et son talent !

  Il y a une chose qui m’a gêné, j’aurais aimé avoir Caumes en personnage principal tout du long. Pas que Niels ou Esther ne soient pas intéressants à suivre, loin de là. Mais en connaissant la fin du tome 1… les pensées de Caumes étaient pour moi indispensables. De plus, je n’ai pas ressenti autant de choses pour Niels et Esther. Je ne suis pas non plus un sans cœur : j’ai été troublé, perplexe, je me suis senti délaissé ou encore en mal d’affection. Mais ce que j’ai vécu lors de ma lecture avec Caumes, c’était X10. Sinon l’auteur aborde des sujets très importants dans cette 2ème saison. Je ne vais pas en dire plus parce qu’ils sont dans la continuité du tome 1. C’est toujours fait avec tact, délicatesse, et intelligence. Et c’est ce que j’adore chez cet auteur.

  Enfin, Arnaud Cathrine a toujours un don pour les mots. Je n’ai pas pensé à relever des citations, mais il doit y en avoir un paquet. Il possède un style percutant. Le lecteur se laisse embarquer, berner (parce qu’il y a un twist qui m’a surpris) par ce qu’écrit l’auteur. La fin est juste horrible, j’en ai eu les frissons. Revivre ces scènes à travers d’autres yeux, c’était enclencher de nouveau le mode automatique pour essayer d’avancer. J’ai vraiment hâte de lire la saison 3 mais avant toute chose, vous devez absolument commencer ces bouquins. C’est plein de réalisme avec des personnages attachants et intéressants. En sortant de sa lecture, on se dit qu’il faut tout de même avoir foi en l’humanité.

Ma note : 8,5/10.

Merci à Margaux et à la Collection R pour ce partenariat !

mercredi 3 mai 2017

Chronique : Sauveur & fils - Saison 3 de Marie-Aude Murail


Sauveur & fils – Saison 3 de Marie-Aude Murail.
(Genre : Jeunesse, Contemporain).

Editions : L’école des loisirs
Prix : 17€ (Partenariat)
Date de parution originale : 1er mars 2017

  Résumé : Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kilos. Dans son cabinet de thérapeute, Sauveur reçoit des cas étranges comme ce monsieur Kermartin, qui pense que ses voisins du dessus ont installé une caméra de vidéosurveillance dans le plafond de sa chambre à coucher, ou comme Gervaise Germain, qui s’interdit de prononcer le son « mal » par crainte qu’il ne lui arrive un MALheur. Mais Sauveur reçoit surtout la souffrance ordinaire des enfants et des adolescents : Maïlys, 4 ans, qui se tape la tête contre les murs pour attirer l’attention de ses parents ; Ella, 13 ans, cyberharcelée par ses camarades de classe ; Gabin, 17 ans, qui ne va plus au lycée depuis qu’il passe ses nuits dans World of Warcraft ; Margaux, 15 ans, qui en est à sa deuxième tentative de suicide, ou sa sœur Blandine, 12 ans, que son père aimerait mettre sous Ritaline pour la « calmer »… Sauveur peut-il les sauver ? Il n’a que le pouvoir de la parole. Il n’est pas toujours à la fête. Mais il croit en l’être humain.


  C’est avec un immense plaisir que je vous présente la 3ème saison de « Sauveur & fils ». Ayant adoré les 2 premières, je ne pouvais pas passer à côté de cette suite. C’est toujours un plaisir de retrouver les personnages et cet univers frais que l’auteur a su construire. La couverture est à mon sens la plus réussie des 3. Elle a en tout cas le mérite d’attirer l’œil et ce n’est pas plus mal. Pour les tomes 3, je ne lis pas les résumés. J’avais juste hâte de me replonger dans ce récit. C’est ce que j’ai fait et j’ai passé un très bon moment de lecture !

  Le début commence avec le point de vue de la famille Kuypens dont Ella fait partie. Une manière originale d’aborder le récit puisque dans les tomes précédents, seul le point de vue de Sauveur était abordé. Ce n’est pas plus mal après tout. Cela permet de voir un peu l’autre côté de la barrière : la vie de famille des patients et comment leurs proches considèrent la thérapie. Très vite, Sauveur revient sur le devant de la scène pour notre plus grand plaisir. Et je me suis laissé embarquer dans le récit avec bonheur.

  Je ne dirai pas grand-chose sur les personnages et où ils en sont. Je ne voudrais pas spoiler ceux n’ayant pas lu le 1er tome. Mais retrouver tout ces gens m’a fait le plus grand bien. Sauveur et son fils Lazare, Louise et ses enfants, les patients de Sauveur et d’autres qui s’ajoutent au fur et à mesure. J’ai adoré retrouver le Sauveur psychologue et le Sauveur homme dans sa vie personnelle. Et surtout voir l’impact que peut avoir son métier dans sa vie privée. Il y a des gestes, des réflexes qui interviennent et sa remise en question est top. Ella, Alice, Louise, Gabin et Samuel m’ont beaucoup touché dans ce tome. De part leur vécu et par leur introspection. C’est quelque chose que j’apprécie chez des personnages. En tout cas ce beau monde m’enchante toujours autant.

  Le rythme est aussi super. Chaque semaine correspond à chaque chapitre et on voit ainsi le déroulé côté pro et côté vie privée de Sauveur. L’auteur n’hésite pas à se mettre d’un autre point de vue pour amener du dynamisme et de la curiosité chez son lectorat. Et puis avec toutes ces histoires, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Chacun a ses soucis, chacun veut les régler (avec ou sans Sauveur). On ne peut pas s’empêcher d’espérer que tout ira bien pour tout le monde. Pourtant, les utopies n’existent pas chez Marie-Aude Murail et c’est bien mieux comme ça.

  Ce qu’a créé l’auteur, c’est crédible et très ancré dans la réalité. Les gosses font des blagues douteuses, les adultes se cherchent (relation amoureuse ou familiale), les patients ont leurs soucis. On aborde divers thèmes comme le cyberharcèlement et ses conséquences, le suicide, la famille recomposée, le divorce, les liens peu importe d’où ils viennent. Tous sont bien abordés mais j’ai un doute sur le renouvellement de l’ensemble. Après trois tomes, j’ai peur que l’auteur ne puisse plus me surprendre. J’ai déjà l’impression qu’on prend les mêmes pour recommencer. Il faudrait, si 4ème tome il y a, que Marie-Aude Murail prenne le contrepied de ce qu’elle écrit. Que Sauveur parte en vacances avec Louise, en famille. Ce serait une belle façon d’approfondir leur relation.

  Sinon, la plume de l’auteur est toujours autant sympathique. J’ai ri comme un benêt à certains passages, tout comme j’ai été touché par d’autres. C’est la grande force de cette auteur… toucher en plein cœur et croire en l’humanité. J’admire le fait que Sauveur veuille tirer le meilleur en chacun de nous. Cette fin est particulièrement touchante. Bref, si vous n’avez pas encore commencé, foncez ! C’est une série qui en vaut largement le coup. J’espère que s’il y a un prochain tome, l’auteur va me surprendre. Je lui fais confiance.

Ma note : 8/10.

Merci à Coline et aux éditions l’école des loisirs pour ce partenariat !

mardi 2 mai 2017

Chronique : La Cave de Natasha Preston


La Cave de Natasha Preston.
(Genre : Thriller).

Editions : Hachette
Prix : 18€ (Partenariat)
Date de parution française : 19 avril 2017
Année de parution originale : 2014
Titre version originale : The Cellar.

  Résumé : Imaginez une maison comme n’importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées quatre filles. Avant, Lilas s’appelait Summer. Elle avait des parents, un frère insupportable, des copines, un petit ami. Elle fera tout pour les retrouver. Car contrairement aux autres filles, elle n’est pas prête à accepter son sort jusqu’à faner et dépérir…


  J’ai effectué cette lecture avec ma chroniqueuse Emilie, ainsi qu’avec Simi. C’était vraiment une super expérience de lire ce bouquin à trois et de se donner notre avis. C’est aussi hyper boostant et motivant pour ne pas être à la traîne. Je n’ai pas lu de thriller depuis longtemps. Dans celui-ci, tout m’attirait. La couverture ultra simple mais super efficace. On sent directement l’ambiance sombre qui se dégage. Et puis le résumé prometteur ! Au final, même si certaines choses ne sont pas abouties, j’ai passé un bon moment de lecture.

  On rentre directement dans le vif du sujet. On fait la rencontre de Summer, de sa famille et de son petit copain. Elle est prête à se rendre à une fête et y va à pied. Elle arrive à la soirée, part à la recherche d’une amie et se fait enlever par son ravisseur. Tout ça en 16 pages, chapeau ! La contextualisation se fait vite mais ça permet au lecteur d’être curieux. J’ai de suite eu envie de savoir comment allaient se dérouler les recherches. Comment Summer allait survivre dans cette cave. Pour moi, le début était top !

  Summer est une jeune fille attachante. On compatit lorsqu’elle se fait enlever, on est derrière elle lorsque rien ne va. J’ai adoré sa manière de se battre et de toujours y croire. C’est une fille très forte psychologiquement et sa volonté est impressionnante. J’ai ressenti beaucoup de choses à ses côtés. Du dégoût, de la peur, du stress, de la tristesse et parfois un peu de bonheur. Lewis, son petit ami, est un personnage à part entière. Il est déterminé à la sauver et je l’ai admiré pour ça. Sa force réside dans son amour et c’est tellement beau. Là où d’autres auraient abandonné (et j’aurais été le 1er à le faire), lui ne cesse de se relever et d’y croire encore. Enfin, Trèfle, le ravisseur de Summer et des 3 autres jeunes filles (Rose, Iris et Violette). C’est un homme maniaque, détraqué, dérangé, avec un passé qui l’a détruit. C’est un personnage approfondi par l’auteur. Et je regrette qu’il soit le seul à l’être vraiment. On connait quelques bribes du passé des autres, mais sans plus. Tous ces personnages donnent au récit sa force et son originalité.

  Le rythme est excellent. L’auteur mêle trois points de vue dans le roman. Ils apportent une bonne dynamique et une fluidité qu’on ne soupçonne pas. En effet, c’est un roman dense et étouffant. Pourtant la taille assez courte des chapitres permet de balayer les scènes dures pour en quelque sorte s’en échapper. De plus, lorsqu’on est du point de vue de Trèfle, l’auteur fait des retours dans le passé pour que le lecteur comprenne ses agissements. Elle revient sur les enlèvements et sur comment tout a commencé.

  Alors oui, ce roman est un thriller psychologique. Summer, bien que forte intérieurement, va se faire piéger malgré elle. C’est l’usure, la répétition, les rituels qui épuisent. Bravo à l’auteur pour cette surprise. La vie dans la cave est loin d’être bonne à la vue des atrocités qui s’y passent. Pourtant, j’aurais aimé que l’auteur aille plus loin. Que les raisons de Trèfle soient encore plus poussées. Que ses choix soient davantage justifiés. Il m’a manqué quelque chose pour que je fasse un wouah lors de ma lecture. Un détail qui aurait fait toute la différence.

  La plume de Natasha Preston est vraiment intéressante. D’un point de vue visuel elle permet de voir ce que visualisent les personnages. Summer voit la cave, Trèfle et les autres filles. Mais on ressent aussi son dégoût, son impuissance malgré sa volonté de sortir. Du côté de Lewis et Trèfle, on distingue aussi tout, d’une clarté incroyable. C’est un roman très visuel qui vous immergera lors de votre lecture. La fin est intéressante et m’a surpris sur un point. Ce point m’a fait repenser à l’ensemble du roman et je trouve ça bien joué de la part de l’auteur. En tout cas, je ne peux que vous recommander ce livre ! Une lecture addictive, originale et psychologique qui vous embarquera à coup sûr !

Ma note : 8/10.


  Lorsque j’ai vu ce livre dans la programmation Hachette, sa couverture m’a directement attiré. Je la trouvais très belle mais aussi sombre et inquiétante… Le résumé m’a convaincu que ce roman était fait pour moi !! Je remercie Net Galley et les éditions Hachette qui m’ont permis de le découvrir ! Avec le sujet abordé, ce livre se prêtait parfaitement à une lecture commune. C’est donc accompagné de Mathieu et Sandrine que je me suis plongée dans cet univers. Et nous avons aimé tous les trois !

  Attention ! Âmes sensibles, s’abstenir ! La cave n’est pas seulement la pièce où Trèfle garde précieusement ses « fleurs ». C’est également une sombre histoire d’enlèvements, de séquestrations, de viols et de meurtres. Summer vit dans une petite ville tranquille où rien ne se passe jamais… jusqu’au soir où son chemin croise celui de Trèfle. Sans comprendre ce qui lui arrive, elle se retrouve jetée au fond d’une cave aménagée en petit nid douillet. Trèfle la choisit, elle est sa Lilas ! Désormais elle fait partie de sa famille et il prendra soin d’elle. Comme il le fait déjà avec Rose, Violette et Iris.

  J’ai énormément aimé la montée progressive du suspense et de la tension dans lesquels nous plongeons avec Summer. Nous sommes totalement immergés dans les évènements. Petit à petit nous la voyons sombrer. L’atout principal de ce roman est la triple narration. Ses différents points de vue permettent d’aborder l’histoire dans sa globalité. Chaque narrateur entraine son lot d’émotions. Avec Summer, nous connaissons la peur, le courage, la lutte. Avec Lewis, son petit-ami, la persévérance, l’amour, l’espoir. Et avec Trèfle vient la colère, la rage, la folie. Habités par tous ses sentiments nous dévorons le roman, chapitre après chapitre, pour connaitre le sort réservé à Summer.

  J’ai été un peu déçue de la fin. Elle arrive trop vite et le coté psychologique à peine abordé. Vu les épreuves traversées par Summer, j’aurais préféré avoir plus de réponses. Là j’ai eu l’impression que certaines choses arrivaient comme un cheveu sur la soupe…

  Même si l’auteur nous épargne certains détails, ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Il est conseillé à partir de 16 ans par Lecture Academy et c’est justifié. La plume de Natasha Preston est agréable. Elle réussit à doser le suspense et capte l’intérêt du lecteur. Malgré les petits défauts de la fin, ce fut pour moi une très bonne lecture.

Ma note : 8/10

Merci à Myriam et aux éditions Hachette pour ce partenariat !

La chronique de Simi pour cette Lecture Commune : ICI.

jeudi 27 avril 2017

Chronique : Transférés de Kate Blair


Transférés de Kate Blair.
(Genre : Dystopie, Jeunesse).

Éditions Michel Lafon
Prix : 16.95€ (Partenariat)
Date de parution française : 13 avril 2017
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : Transferral

  Résumé : Dans un futur proche, l’humanité a trouvé le moyen de soigner toutes les maladies : les transférer aux criminels, dont la quasi-totalité vient des ghettos, maintenus au ban d’une société qui touche à la perfection. C’est dans ce monde qu’est née Talia Hale. À 16 ans, elle est la fille chérie d’un politique qui se voit déjà Premier ministre d’Angleterre. Atteinte d’un simple rhume, au plus grand dégoût de son entourage, elle doit subir son premier transfert. Mais à l’hôpital, Talia sauve une petite fille d’une agression. Une petite fille qui vit seule avec son grand frère, Galien, dans les ghettos. Grâce à Galien, Talia découvre l’envers du décor et l’horreur d’un système où seuls les plus riches ont le droit à la santé. Pour changer une société où la frontière entre bien et mal est plus floue que jamais, Talia devra briser le cocon doré dans lequel elle a grandi et combattre tout ce en quoi elle a toujours cru… y compris son propre père. Le monde parfait a un prix


  Quand j’ai lu le synopsis, j’ai eu très envie de découvrir cette dystopie. Ce nouvel univers dans le genre était prometteur. J’étais ravie de pouvoir le recevoir et je remercie Camille et les éditions Michel Lafon. Malheureusement, je n’ai pas été entièrement convaincue par cette lecture.

  Notre narratrice est Talia. Âgée de seize ans, elle vit à Londres avec son père qui est en pleine campagne politique afin de devenir le Premier ministre d’Angleterre. Son programme repose sur le renforcement de la lutte anti-criminalité déjà en place. En effet, dans cette dystopie, les criminels sont punis en fonction de la gravité de leur infraction par l’inoculation d’une maladie. Plus l’acte commis est grave, plus la maladie reçue le sera. Moins d’un mois avant les élections, Talia doit se rendre à l’hôpital pour transférer son rhume à un condamné. Moins d’une heure plus tard, alors qu’elle s’apprête à sortir complétement rétablie, un évènement va chambouler sa vie de privilégiée.

  Au début, j’ai trouvé que Talia était une jeune fille naïve et capricieuse. Comme une enfant trop gâtée, ses réflexions ne correspondaient pas du tout à son âge. Si l’auteur ne l’avait pas précisé, je ne lui aurais pas donné plus de 12 ou 13 ans. Heureusement petit à petit, elle enlève ses œillères. Elle finit par se défaire de sa cage dorée et elle s’aperçoit que le monde dans lequel elle vit n’est pas aussi rose qu’elle voulait bien le croire. J’ai beaucoup plus accroché au personnage masculin, Gallien. C’est à son contact que Talia murit, commence à réfléchir par elle-même et se forge ses propres opinions.

  Comme je le présentais, l’univers de l’auteur est très intéressant. Malheureusement il n’est ni assez développé, ni assez exploité à mon gout. C’est vraiment dommage parce que les thèmes abordés méritaient d’être plus approfondis. Si la rupture de cette société, entre riches et pauvres, ceux qui méritent ou non d’être soignés, avait été plus creusée, j’aurais certainement plus apprécié cette lecture. De plus, j’ai été très étonnée d’apprendre que cette dystopie n’était qu’un one-shot. En effet le roman est assez court, il ne fait que 262 pages. Mais en plus, beaucoup de longueurs font que le lecteur a du mal à entrer dans l’histoire. Ajoutez à ce début laborieux, le caractère insupportable de Talia et vous comprendrez pourquoi je ressors mitigée de cette lecture. Pourtant, l’auteur a une plume agréable et arrive à distiller quelques petits éléments qui nous donnent envie de poursuivre. Les événements s’accélèrent seulement durant les cent dernières pages.

  Je ne conseille pas cette lecture aux habitués du genre, ils seraient déçus. En revanche, les plus jeunes et ceux qui n’ont pas encore lu beaucoup de dystopie s’y retrouveraient davantage.

Ma note : 5/10

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

mardi 25 avril 2017

Chronique : Nos âmes jumelles - Tome 2 : Nos âmes rebelles de Samantha Bailly


Nos âmes jumelles – Tome 2 : Nos âmes rebelles de Samantha Bailly.
(Genre : Contemporain, Jeunesse).

Editions : Rageot
Prix : 12,90€
Date de parution originale : 17 février 2016

  Résumé : L’une écrit, l’autre dessine. La première est aussi solaire que populaire, la seconde timide et solitaire. Sonia finit son premier roman, Lou prépare le concours d’entrée des Gobelins. Car si toutes les deux passent le bac, elles ne rêvent que de partir à Paris étudier. D’ici là, elles développent ensemble sur leur blog BD, Trames jumelles, dont l’audience ne cesse de croître. Côté cœur, Sonia craque pour Gabriel tandis que Lou se demande ce qu’elle éprouve vraiment pour Vittore…


  Le 1er tome avait été un gros coup de cœur. Je me rappelle l’avoir avalé tellement j’avais adoré ! C’était d’une immense fraîcheur et d’un réalisme fou. Le deuxième tome est presque aussi bien que le 1er. Ce n’est pas un coup de cœur parce que je connaissais déjà les personnages : donc pas d’effet de surprises. La couverture est toujours top, ça change de ce qu’on peut voir en librairie. Pour le résumé, je n’ai pas eu besoin de le lire, j’avais juste envie de me délecter de la plume de Samantha Bailly et de retrouver Lou et Sonia. Au final j’ai passé un moment parfait !

  J’aime toujours autant ces petites phrases au début des chapitres. Cela permet de voir un peu le futur des protagonistes. Et c’est toujours plein de bonnes intentions et de connexions. Samantha Bailly nous fait un petit rappel de ce qui s’était passé dans son tome 1. Utile pour les personnes comme moi qui ont lu le 1er livre il y a plus d’un an. En parallèle, elle lance son intrigue avec Lou, Sonia, Mathieu et les familles de chacun d’eux. Vous savez quoi ? Retrouver tout ce petit monde m’a fait du bien.

  Lou et Sonia… deux jeunes filles avec une immense maturité. Elles sont tellement différentes dans leur vie mais en même temps elles se complètent à 100%. J’ai adoré les voir évoluer ensemble et séparément. Chacune a ses difficultés, qu’elles soient scolaires, familiales ou sentimentales. Lou et Sonia vont faire face aux difficultés de cette année de terminale : le bac, l’orientation, les choix pas toujours compris… L’auteur creuse les choses, va au bout des réflexions de ses personnages. Tout est réfléchi et dans l’envie de ce qu’on veut faire au plus profond de soi. J’ai adoré les suivre, voir leur évolution et leur art s’exprimer. Un autre personnage va être un peu plus creusé, c’est Mathieu. Il se révèle touchant derrière une carapace remplie d’humour. Un maelstrom de personnages au top permettant une histoire complète et bien ancrée dans la réalité.

  Comme dans le 1er tome, Samantha Bailly organise son histoire autour d’une année entière. Chaque chapitre correspond à un mois de l’année et aux deux voix des protagonistes : Lou et Sonia. C’est une façon habile de mener le lecteur à s’immerger auprès des personnages pendant 1 an. Cela donne un rythme soutenu et apporte une très bonne fluidité lors de la lecture. Personnellement j’ai été avide de savoir comment les choses allaient se passer. Le soir, lorsque je laissais mon roman pour dormir, j’avais hâte de le reprendre. C’est comme si je laissais deux amies vivre leur vie sans être avec elles.

  Dans ce roman, les sujets sont abordés avec délicatesse et tact. Tout est fait pour que le lecteur soit touché sur telle ou telle chose et ça marche. Même si je ne connais rien à l’écriture ou au dessin, j’aimais voir l’avancement des projets de Lou et Sonia. Leur période petit copain m’a rappelé le lycée et ma première girlfriend. Tout comme le Bac et ses résultats. J’en ai eu des frissons. Famille, amis, amour, lycée, orientation sexuelle, fac, l’avenir et son indécision… Grâce à Samantha Bailly, j’ai revécu mon année de terminale avec ses personnages et je l’en remercie !

  Sa plume est toujours aussi fluide. Elle vous emporte loin avec les personnages et on ressent beaucoup de choses. La fin m’a beaucoup plu, j’ai juste envie de lire le tome 3 ! Mais il va falloir attendre un petit moment. Le seul petit bémol c’est la taille du roman. Il est trop court et j’aurais aimé découvrir autre choses au fil des mois avec Lou et Sonia. En tout cas, c’est une série que je vous recommande chaudement. Vous allez rire, pleurer, revivre vos années lycée et bien sûr… vous allez avoir envie de vous mettre à l’écriture ou au dessin !

Ma note : 8,5/10.

lundi 24 avril 2017

Chronique : Creuse la mort de Paul Clément


Creuse la mort de Paul Clément.
(Genre : Thriller)

Éditions : Auto-édité (Post-Apo Éditions)
Prix : 3,99€ (ebook)
Date de sortie originale : 13 septembre 2016

  Résumé : Que feriez-vous si chaque nuit une fosse était creusée dans votre jardin ? Vous la rebouchez ; une nouvelle vous y attend le lendemain. Vous interrogez les autorités ; nul ne vous répond. C'est la situation à laquelle Frédéric, un banquier de province, est confronté lorsqu'il découvre un beau matin une mystérieuse fosse en plein milieu de sa pelouse. Décidé à en découvrir l’origine, il est loin de se douter de l'ampleur que les événements vont bientôt prendre. Et s'il creusait sa propre tombe ? Celles de sa famille et de ses proches ?


  En octobre dernier, je découvrais la plume de Paul Clément avec son premier roman : « Les décharnés, une lueur au crépuscule » (lien avis). Ce fut un tel coup de cœur qu’il me tardait de me replonger dans un nouvel univers de l’auteur. J’avais même profité de mon anniversaire pour me procurer la superbe édition collector, en hard-back illustré, de ce second roman. Avec « Creuse la mort », Paul Clément confirme son talent de conteur et décroche un nouveau coup de cœur !

  Un matin, juste avant de partir travailler, Frédéric découvre un trou dans son jardin. Cela pourrait être complètement anodin, mais la parfaite régularité de cette fosse laisse notre héros perplexe et mal à l’aise. Ne trouvant aucune explication dans l’immédiat, Frédéric prend le chemin de la banque pour affronter ses clients. Sur le point de franchir la porte de son bureau, contemplant la cage de verre dans laquelle il va s’enfermer pour la journée, c’est la révélation. Il met enfin le doigt sur ce qui le dérange depuis l’étrange découverte matinale : ce trou a tout d’une tombe ! Prêt à tout pour protéger sa femme et sa petite fille, Frédéric va progressivement plonger dans la paranoïa et sa vie va devenir un véritable enfer !

  Après s’être attaqué aux Zombies avec « Les décharnés », Paul Clément s’accapare le thriller horrifique. Il y ajoute une pointe de surnaturel et une bonne dose de tension psychologique. Le résultat est tout simplement bluffant. J’ai adoré ! Beaucoup comparent « Creuse la mort » à un bon roman du maître du genre : Stephen King ! Je me disais que c’était peut-être un peu exagéré… mais ça, c’était avant !!! Ce livre est une petite pépite !

  La plume de Paul Clément est toujours aussi addictive. Les événements et les émotions de nos personnages sont parfaitement décrits. La tension monte progressivement et nous entraîne avec Frédéric. Tout est mis en œuvre pour inciter le lecteur à ne pas lâcher l’histoire avant d’en connaître le point final. Les illustrations de la version collector apportent un réel plus à l’ambiance et collent parfaitement au récit. Finalement, je me suis tant attachée à Frédéric et sa famille que l’auteur a réussi à me tirer une larme. Oui, ça peut paraître bizarre, vu le genre, mais je vous assure que c’est bien le cas. Paul Clément est vraiment doué !! J’ai adoré me laisser surprendre par l’épilogue. J’ai refermé mon livre un sourire aux lèvres après avoir frissonné tout au long de ma lecture.

  Pour résumé, avec « Creuse la mort », vous lirez une histoire originale et captivante avec une ambiance oppressante et une intrigue rondement menée ! Je ne peux que vous conseiller les romans de Paul Clément.

Ma note : 10/10 – Coup de cœur !!

samedi 22 avril 2017

Chronique : Les Porteurs - Tome 1 : Matt de C. Kueva


Les Porteurs – Tome 1 : Matt de C. Kueva.
(Genre : Dystopie, YA).

Editions : Thierry Magnier
Prix : 14,90€ (Partenariat)
Date de parution originale : 5 avril 2017.

  Résumé : Gaëlle a choisi d’être femme, Flo hésite encore. Matt, lui, sait que dans trois mois, il deviendra un homme. Dans cette société, tous les enfants naissent hermaphrodites. À seize ans, les adolescents doivent choisir leur sexe. Tous, sauf ceux atteints d’une déficience qui les condamne à un autre destin. On les appelle les Porteurs. Matt découvre qu’il est l’un de ceux-là. Mais que cache vraiment la déficience des Porteurs ? Pourquoi l’État les tient-il sous haute surveillance ? Une formidable histoire de manipulation, de secret d’État, et bien entendu, d’amour.


  Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de dystopie. Je dois dire que j’en ai tellement lu que j’ai fini par me lasser. Pas assez originales ou déjà vues… je me suis tourné vers d’autres genres. Pourtant, « Les Porteurs » m’a attiré par son sujet : pouvoir choisir son sexe. De plus, le fait que ce soit une auteur française, ça m’a doublement tenté. J’aime beaucoup la couverture, comme une esquisse de deux personnes… devant faire un choix. Et puis ce résumé, accrocheur et mystérieux. Au final, j’ai passé un excellent moment de lecture.

 C. Kueva commence son histoire en nous présentant une carte de tarot. Carte qui aura son importance dans le reste du récit. A travers le regard de Matt, le lecteur fait la connaissance de ses amis collégiens, tout comme de sa famille. L’auteur place également le contexte de son histoire en évoquant les bases de cette société dystopique. J’ai de suite eu envie de continuer ma lecture. J’étais curieux de voir comment l’histoire allait basculer. J’avais beaucoup de questions en tête.

  Matt est un personnage (à défaut de pouvoir dire garçon ou fille) auquel on s’attache facilement. Il est déterminé à devenir un garçon parce qu’il s’est toujours senti homme. Pourtant, son statut de Porteur va le mettre en difficulté. Sa « Seza », cérémonie de choix du sexe, ne pourra s’effectuer à ses 16 ans. C’est là où Matt va devenir encore plus intéressant. Il va se poser d’innombrables questions. Il va évoluer et chercher des réponses sur son statut. Sa curiosité et sa soif de savoir le rend pour le lecteur important. Je l’ai adoré du début à la fin. On fait aussi la connaissance de Flo, sur le point de choisir son sexe. Un personnage tout aussi intéressant qui se pose des questions sur son identité et sur les conséquences de son choix. Gaëlle, Lou et d’autres vont intervenir dans l’histoire. Certains auraient mérité d’être plus développés mais je suis sûr que l’auteur le fera dans les prochains tomes.

  Le rythme est vraiment bon. L’auteur alterne entre différents points de vue, amenant de la fluidité et une bonne dynamique au récit. On est vite pris par l’intrigue qui se révèle encore plus complexe qu’il n’y parait. Les chapitres sont courts, le livre l’est tout autant. On arrive vite à la fin en tournant les pages à toute allure. Le lecteur voudra comme Matt en savoir plus sur ce qu’il se passe dans cette société. Sur les expérimentations des Porteurs, sur ce qu’ils sont vraiment. On se pose plein de questions. Et puis un personnage devient vite la clef pour Matt, c’est Lou. On ne sait pas si on doit lui faire confiance ou pas… à découvrir.

  Je regrette que l’univers ne soit pas plus développé dans ce 1er tome. On a des explications sur l’arrivée des premiers bébés hermaphrodites, mais cela fait à peine quelques pages. J’aurais aimé que l’auteur aille plus dans le détail, qu’elle creuse un peu plus sont récit. C’est dommage parce que cette dystopie est vraiment bien faite. On soulève des thèmes importants : le choix de son sexe, la bioéthique, le gouvernement totalitaire, les secrets d’une société manipulée. J’espère que l’auteur ira encore plus loin dans le 2ème tome. Elle tout de même le mérite de faire des révélations de folie.

  Sa plume est addictive, même si elle est simple. J’ai ressenti pas mal de choses au cours de ma lecture. J’ai été choqué, surpris, perplexe, désireux de connaître la vérité sur Matt et sur les Porteurs. C’est un style qui vous emporte dans un cocon, un univers bien pensé. Et cette fin, un truc de fou ! En fait, ce n’est pas véritablement la fin mais le 1er chapitre du tome 2 qui me reste en tête. L’auteur nous fait une énorme révélation ! J’espère qu’il arrivera vite parce que j’ai tellement hâte de le lire. Même s’il possède certains défauts, ce 1er tome m’a beaucoup plu ! Je vous le recommande vivement.

Ma note : 8/10.

Merci aux éditions Thierry Magnier pour ce partenariat !