Nos dernières chroniques...

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mardi 21 février 2017

Chronique : Une place pour l'espoir de Virginie Coëdelo


Une place pour l’espoir de Virginie Coëdelo.
(Genre : Contemporain, Romance).

Editions : Librinova.
Prix : 2,99€ (ebook)
Date de parution originale : 7 novembre 2016

  Résumé : Claire et Julien Delorme ont tout pour être heureux. Mariés, deux enfants, ils sont propriétaires d’un café-restaurant dans le sud de la France, L’Espoir. Mais derrière ce bonheur se cache le drame de Claire, avec lequel elle a appris à vivre, qu’elle est parvenue à surmonter tant bien que mal : son premier mari est mort dans l’explosion d’une bombe. Des années plus tard, l’enquête sur cette explosion, demeurée non élucidée, se rouvre, grâce à un témoin, et Claire va devoir se replonger dans un cauchemar qu’elle pensait définitivement derrière elle.


  Si je n’avais pas été en stage chez Librinova, je pense que je n’aurais pas lu « Une place pour l’espoir ». Je serais donc passé à côté d’un livre et d’une auteur à découvrir. Tout me parlait avec ce bouquin : le titre, le résumé et la couverture vraiment sublime. Pour un livre autoédité, je dois dire que j’ai été surpris… dans le bon sens du terme. Je suis ressorti conquis de ma lecture !

  Dès le début, l’auteur y va fort. On rentre dans le vif du sujet et sur l’événement qui a bousculé la vie de Claire. Pourtant, on est ici à la place de la personne ayant déposé la bombe. On est directement pris dans l’histoire avec cette écriture saccadée, vive et rythmée. Ça percute, ça donne mal au cœur et pourtant, on est curieux de voir le lien entre ce 1er chapitre et la suite de l’histoire. L’auteur a donc très bien su démarrer son récit !

  Je me suis fortement attaché à Claire. Un personnage que la vie n’a pas épargné et qui a su se reconstruire auprès de son nouveau mari. Grâce à lui et ses enfants, Claire sort la tête de l’eau et trouve une nouvelle raison de vivre. C’est une femme forte, pleine de volonté et d’optimisme… presque admirable ! On ne sait même pas dans quel état on serait à sa place. Quelle leçon de courage. Claire évolue d’une belle manière. Julien est un personnage plus mystérieux, en retrait. Mais on l’admire presque autant que Claire parce qu’il a su lui redonner la force de vivre sa vie. Serge, l’inspecteur, est aussi un personnage à découvrir. Il joue un rôle important dans l’histoire.

  Le livre fait 170 pages du coup, il n’y a aucun temps mort. On ne s’ennuie pas une seule seconde et Virginie Coëdelo mène le lecteur par le bout du nez. Elle alterne entre le présent, un peu de passé et aussi du futur. Cela donne un relief intéressant à l’histoire et on est toujours curieux de découvrir la suite… et les liens entre ces temporalités. Et puis à un moment donné, l’auteur nous fait une révélation qui casse toute la félicité retrouvée de Claire. Je dois dire que c’est assez bien joué et ça redonne une bonne dynamique au récit.

  Même si le schéma de l’histoire n’est pas tellement original, l’auteur s’en sort à merveille. La petite enquête est bien menée. Les sentiments amoureux sont bien exploités et les émotions qu’on ressent à la lecture sont assez fortes : amour, joie, peine, tristesse, colère, stress, incompréhension et surtout l’espoir et le pardon. Je regrette juste que l’histoire ne prenne pas plus son temps. Ou que les personnages ne soient pas davantage approfondis : qu’on connaisse plus leur passé.

  La plume de Virginie Coëdelo est exquise. C’est une auteur qui sait écrire et qui avec son style fait passer des émotions et des messages. Peut-être devrait-elle juste épurer sa manière de construire les phrases par moment. Tout lecteur sait que parfois, la simplicité est la manière la plus efficace de le satisfaire. J’ai adoré la dernière scène finale. Elle est tellement belle et porteuse de messages forts. Un bonheur qui fait plaisir à voir et qui est amplement mérité. Je ne peux que vous conseiller « Une place pour l’espoir ». Un livre autoédité avec une auteur pleine de talent.

Ma note : 8/10.

mardi 11 octobre 2016

Chronique : Moka de Tatiana de Rosnay


Moka de Tatiana de Rosnay.
(Genre : Contemporain, Drame).

Editions : Le livre de poche
Prix : 6,90€
Date de parution originale : 1er avril 2009

  Résumé : Justine mène une petite vie tranquille entre son mari, ses deux enfants et son boulot de traductrice free-lance. Mais un mercredi après-midi, tout bascule. Un chauffard renverse son fils en plein Paris, et prend la fuite à bord d’une berline couleur moka. Malcolm sombre dans le coma, l’enquête piétine… Seule contre tous – ou presque –, Justine veut découvrir la vérité. Jusqu’au bout. Et à n’importe quel prix.


  Tatiana de Rosnay n’est pas une auteure inconnue pour moi. J’avais lu d’elle « Elle s’appelait Sarah », que j’avais adoré… qui m’avait ému et dont l’adaptation cinématographique est excellente ! Du coup, lors de ma virée librairie au mois de septembre, je suis tombé sur « Moka ». J’ai d’abord hésité et je me suis laissé tenter par la couverture du film. Le résumé m’a accroché et je savais que la plume de l’auteure me conviendrait. Mon instinct de lecteur ne m’a pas trompé puisqu’au final, j’ai adoré cette lecture.

  L’auteure n’y va pas avec le dos de la cuillère. Elle plonge directement son lecteur au cœur du sujet, au cœur de l’accident de Malcolm… on se sent touché par les réactions de son entourage. Surtout par ses parents Justine et Andrew. Encore plus par Justine, personnage principal. Très vite les choses se mettent en place (une soixantaine de pages environs). La tristesse laisse place à la détermination. J’ai vraiment été curieux de savoir qui avait pu commettre cet accident tragique. L’enquête sur la vérité pouvait alors commencer.

  Justine est un personnage très attachant et touchant. On comprend cette mère qui voit sa vie rangée, basculée du jour au lendemain. C’est une femme forte qui essaie de gérer les événements tant bien que mal. Son évolution dans le roman est remarquable. On sent au départ sa tristesse, son désarroi face à la situation. Puis au fil de l’enquête policière et de sa faible avancée, elle devient obsédée par la découverte de la vérité. Justine est un personnage bien travaillé et réaliste. J’aurais aimé avoir son courage pour affronter ces situations si difficiles. Son mari, Andrew, reste au second plan mais il a une place importante. Il réagit d’une autre manière que Justine. Triste lui aussi mais laissant faire le travail des enquêteurs. Ce qui m’a également attristé c’est la relation de couple qui se dégrade. Comme si l’accident de Malcolm avait arrêté le temps, comme s’il rendait les gestes du quotidien plus difficiles. Je vous laisse découvrir les autres personnages secondaires.

  Le rythme est assurément bon. Les événements s’enchaînent bien, les chapitres ne sont pas longs. La narration ainsi que les dialogues sont maîtrisés par Tatiana de Rosnay. Une fluidité s’installe naturellement dans la lecture tout comme la curiosité que peut éprouver le lecteur. On est derrière Justine, derrière sa recherche de vérité et son envie d’accélérer les choses. On aimerait que Malcolm sorte du coma, que le coupable soit retrouvé. C’est un roman avec lequel on ne peut pas s’ennuyer. Entre les émotions, le parcours de Justine et l’enquête en parallèle… l’intrigue est bien ficelée et l’histoire bien mise en place.

  Je connaissais Tatiana de Rosnay dans le genre historique… c’est maintenant chose faite pour le policier. Je trouve que l’auteure s’en sort à merveille. Avec très peu d’éléments elle arrive à construire une belle histoire. Justine chipe des indices par-ci par-là pour mener sa propre enquête. L’intrigue est bien menée, on se pose beaucoup de questions… et jusqu’à la fin, on ne se doute pas une seule seconde de qui cela peut être. J’ai également beaucoup aimé le fait qu’on aborde également la famille dans son intégralité lorsqu’un drame survient. Ce n’est pas cliché, c’est assez réaliste et ça m’a bien plu. J’ai aussi adoré les touches anglaises disséminées dans le roman. C’est un plaisir de découvrir les origines de l’auteure.

  La plume de Tatiana de Rosnay m’a énormément plu. Un style assez brut qui vous percute. Les phrases de l’auteure sont courtes, mettant une cadence excellente au récit. J’ai trouvé que cela amplifiait les ressentis et c’était vraiment super. J’ai adoré la fin… je ne vous dirai rien bien sûr. Je ne peux que vous conseiller de lire « Moka ». Il m’a manqué ce petit quelque chose pour que ce soit un coup de cœur. Mais il s’en est rapproché, vraiment. Si vous aimez les enquêtes, les relations familiales et le « franglish »… alors n’hésitez surtout pas à lire ce bouquin !

Ma note : 8,5/10.

dimanche 22 mai 2016

Chronique : First Love de James Patterson & Emily Raymond


First Love de James Patterson & Emily Raymond.
(Genre : Romance, Jeunesse).

Editions : Hachette
Prix : 15,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 27 avril 2016
Année de parution originale : 2014
Titre version originale : First Love.

  Résumé : Axi, seize ans, est une fille bien sage et bonne élève. Surtout pas du genre à s’attirer d’ennuis. Alors, forcément, quand elle propose au beaucoup moins raisonnable Robinson, son meilleur ami, de sécher les cours et fuguer pour traverser les Etats-Unis, il n’en croit pas ses oreilles. Il se laisse finalement convaincre quand il comprend que le projet de son amie est mûrement réfléchi : des étapes sont prévues, elle a rassemblé du matériel et surtout économisé depuis cinq ans en faisant du baby-sitting pour payer les trajets d’autocar et les dépenses courantes. Robinson, secrètement amoureux, accepte…


  Ce qui m’a au départ fait craquer pour cette lecture, c’est l’objet livre en lui-même. Une couverture attirante et originale, une 4ème intéressante et quand je l’ai reçu… j’ai eu le plaisir de découvrir que le bouquin était parsemé d’images. Les éditions Hachette ont fait un super travail éditorial, il faut le souligner. Le résumé m’avait en plus convaincu : un road-trip entre meilleurs amis… avec une petite histoire d’amour. J’ai passé un moment agréable avec ce livre. Juste quelques défauts.

  On est très vite plongé dans l’aventure d’Axi et Robinson. On se retrouve sur la route avec eux, à la découverte des villes des Etats-Unis. C’est une bonne chose que l’auteur rentre dans le vif du sujet rapidement. En même temps on fait peu à peu la connaissance de nos protagonistes. Deux personnes totalement différentes. C’est ce décalage qui rend le roman intéressant. La jeune fille sage avec le beau mec un peu casse-cou.

  Axi est une jeune adolescente rangée, sans histoire et bonne élève. Sa situation familiale est un peu chaotique puisqu’elle vit seule avec son père. Sa décision de partir en road-trip la surprend elle-même et c’est bien. C’est la décision qui va déclencher son évolution à travers le récit. Sa manière de voir les choses, de réfléchir ou même d’imaginer son futur va radicalement changer. On s’attache à elle, à son histoire, ses peurs et ses doutes. On s’attache à la petite Axi fragile et à celle qui se révèle au fil du récit. Dommage que la relation avec son père ne soit pas plus creusée… de même avec celle de sa sœur. Robinson c’est le mec mystérieux au possible, du moins au début du récit. Avec la deuxième partie il va se révéler et on va en apprendre plus sur lui et son contexte familial. Tout comme Axi, j’aurais aimé en apprendre davantage sur certains pans de sa vie. Mais les romans jeunesses sont parfois survolés, c’est mon seul regret. On est beaucoup concentré sur la relation Axi/Robinson.

  L’histoire est addictive. Vous n’allez pas lâcher le livre du début à la fin. Les chapitres sont courts, les images dans le livre aident vraiment à tourner les pages sans s’en rendre compte. On sent bien la séparation entre la première et la deuxième partie. Comme si d’un côté tout était rose, et de l’autre tout était noir. Dans la 2ème moitié ce qui m’a gêné c’est le comportement de Robinson. Avec la révélation du livre, il fait des choix insensés et j’ai levé les yeux au ciel pas mal de fois. Cet entêtement… digne d’un ado. Comme je suis un adulte ça m’a énervé mais d’un autre côté, les ados qui liront comprendront les choix de Robinson.

  L’histoire d’amitié puis d’amour est mignonne. L’auteure table sur nos premières expériences : notre 1er baiser, notre 1ère caresse, la 1ère confidence, la 1ère fois. Les ados pourront facilement s’identifier aux personnages. C’est aussi un roman abordant un drame, signe que dans la vie, tout n’est pas tout rose. Je trouve que c’est bien fait même si ça arrive de manière assez soudaine. Ça nous fait réfléchir, relativiser et apprécier la vie d’autant plus. On peut croire que le roman est léger par son titre et sa couverture mais la 2ème partie nous démontre le contraire. Ça reste mignon par moment mais on sent cette épée de Damoclès au dessus de nos personnages. Ah l’amour…

  L’écriture n’est pas très recherchée, pour le public visé elle est efficace. Pour les adultes, elle reste simple même si on est quand même touché par ce qu’il se passe. La fin est un peu précipitée mais j’ai adoré l’épilogue. Cette manière de relativiser, d’avoir appris de cette histoire et d’en être ressorti grandi… Axi m’a épaté ! Un roman parfait pour cet été, au bord de la mer ou de la piscine. Les ados vont ressortir charmés par ce road-trip entraînant. Pour ma part il m’a juste manqué le petit truc en plus qui aurait fait la différence.

Ma note : 7,5/10.

Merci à Aurélie et aux éditions Hachette pour ce partenariat !

dimanche 25 octobre 2015

Chronique : Pictural de Matthieu Biasotto


Pictural de Matthieu Biasotto. (Genre : Romance).

Editions : Matthieu Biasotto
Prix : 2,99€ en e-book (Partenariat)
Année de parution originale : 2015

  Résumé : Entre grosses tuiles et petites galères, ma vie ressemble à de la survie. Ni plus, ni moins. Je suis Astrid Dufrene. Je suis un paradoxe de la tête au pied. Je n’avance pas, puisque je passe mes journées à douter. L. Dattello est l’artiste peintre le plus doué de sa génération. Mondialement connu, excentrique, mystérieux et dangereusement attirant. Profane en matière d’Art, je n’ai jamais entendu parler de lui. Mon niveau artistique avoisine le zéro. Pour moi, Picasso n’existe qu’en version diesel ou essence. Et j’exagère à peine. Lorsque nos trajectoires totalement opposées se croisent, nos destins vont se confondre autour du secret qu’il garde jalousement. Ce qu’il attend de moi ? Ce qu’il me trouve ? Je l’ignore. Tout comme ce que je suis prête à faire pour lui.


  Il y a des fois, quand vous acceptez de lire des livres d’auteur auto-publiés, vous pouvez avoir de mauvaises surprises… tout comme des bonnes. « Pictural » fait partie des bonnes surprises, j’ai eu raison de faire confiance à mon instinct de lecteur. Si jamais on en a un bien sûr ! La couverture m’avait beaucoup plu et elle a une signification dans le livre, alors c’est encore mieux. Lorsque Matthieu Biasotto m’a contacté, il avait dû me parler de son histoire, mais avec le temps, j’avais oublié le résumé. Ça n’en était que mieux ! Au final, j’ai passé un bon moment même si j’ai quelques défauts à soulever.

  Au début, on se retrouve avec Astrid, dans sa galère et dans son quotidien miséreux. Elle enchaîne les mauvaises passes et c’est limite si elle arrive à s’acheter à manger. Des loyers impayés depuis plusieurs mois… la galère. L’auteur installe son histoire en présentant son personnage principal. Et puis finalement, la rencontre entre Léo et Astrid va très vite arriver. Ce qui n’a pas été pour me déplaire. Une très bonne entame où l’auteur a su me rendre Astrid très vite attachante… même si c’est avec son humour de beauf et sa vie pas toujours facile.

  Elle, elle est belle mais pauvre, lui, il est beau et riche… Astrid et Léo vont se rencontrer lors d’une exposition d’Art. Elle sans savoir qui il est, et lui, sans vraiment savoir la vie qu’elle mène. Astrid est donc une fille qui a toujours voulu être autonome depuis l’âge adulte. Même si elle a un fort caractère, elle a aussi sa part de sensibilité dans les situations les plus difficiles. Etre entretenue par un homme, très peu pour elle. Elle tient à son indépendance et ce n’est pas un riche peintre lui faisant des cadeaux qui l’arrêtera… Pourtant, Astrid baisse doucement sa garde, pour tomber sous le charme de Léo. Peut-être finalement à ses risques et périls. Léo est un peintre dont la renommée n’est plus à faire. Seule Astrid ne le connaît pas ! Il est mystérieux, intrigant, et inaccessible pour les femmes… sauf avec celles qu’il veut avoir dans son lit. Mais quand il rencontre Astrid, tout change en lui et d’un simple échange verbal, il a l’intuition que cette femme peut devenir quelqu’un. Matthieu Biasotto a su rendre ses personnages attachants. Davantage Astrid puisque c’est elle la protagoniste. Léo reste très sombre et mystérieux. Mais leur relation est loin d’être toute rose…

  Le rythme est très bon. Les chapitres sont courts, il se passe beaucoup de choses dans le roman. L’auteur n’hésite pas à casser le rythme par des révélations sur l’artiste. Des secrets dévoilés au fur et à mesure qui rendra le lecteur curieux d’en découvrir plus. Les personnages bougent aussi beaucoup et cela apporte une fluidité intéressante pour le roman. Bien sûr, les questions que se posent Astrid sur Léo, ne font que renforcer l’intérêt que peut avoir le lecteur pour lui. Comme pour elle puisqu’on se met à sa place et on prend peur. Après peut-être que la partie « 2 ans plus tard » aurait pu être plus développée sur certains points. Notamment la toute fin, mais la course contre la montre et les questions qu’on se pose rend le tout positif.

 L’histoire d’amour entre Léo et Astrid m’a au départ semblé fausse et bizarre. Qu’un riche et célèbre peintre tombe amoureux de la petite pauvre qui vit dans un quartier modeste. Même Astrid se questionne. Cependant, même si ça va vite, les quelques pics qu’amène Matthieu Biasotto refrène Astrid, ce qui rend leur relation plus vraie. Elle se méfie de lui, tout comme le lecteur. Après, quand on sait le pourquoi du comment. On sent que l’auteur a tracé un trame de fond pour que l’amour et l’art se confonde parfaitement. Parce que Léo a ses raisons, Léo ne veut pas perdre une seconde, il veut aimer quelqu’un et combler cette personne. L’art prend aussi une place importante dans le roman. Je trouve qu’il est bien retranscrit. L’auteur a fait un travail d’écriture sur le visuel des toiles, des couleurs etc.

  Il n’y a aucun doute, Matthieu Biasotto écrit très bien. Il cherche ses mots, construit ses phrases. Mais ce n’est pas un style qui a su m’emporter dans les sentiments que pouvait éprouver les personnages. Je suis resté un peu extérieur à leur relation malgré l’intensité du sentiment amoureux entre eux. C’est d’ailleurs pour ça que ma note sera bonne, mais pas exceptionnelle. La fin m’a beaucoup plu, l’auteur a su jouer avec mes nerfs… En tout cas une fois qu’on a fini le roman, on n’a plus de questions, tout est expliqué et on ressort ravis de notre lecture. Franchement, je ne pensais pas apprécier autant ce roman. Même si la plume ne m’a pas convaincu (et c’est purement personnel), l’histoire en elle-même est très belle. Tout comme l’amour entre Astrid et Léo. Un amour compliqué mais qui au final a ses raisons… comme si tout était écrit sur une toile.

Ma note : 7,5/10.

Merci à Matthieu Biasotto pour ce partenariat !

mardi 22 septembre 2015

Chronique : Tous nos jours parfaits de Jennifer Niven


Tous nos jours parfaits de Jennifer Niven. (Genre : Jeunesse).

Editions : Gallimard Jeunesse
Prix : 17,50€ (Partenariat)
Année de parution française : 2015 (Sortie le 17 septembre)
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : All the bright places.

  Résumé : Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la « bête curieuse » de l’école. Il oscille entre les périodes d’accablement, dominées par des idées morbides et les phases « d’éveil » où il déborde d’énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s’est isolée et s’est laissée submerger par la culpabilité. Pour Violet et Finch, c’est le début d’une histoire d’amour bouleversante : l’histoire d’une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.


  « Tous nos jours parfaits » est un roman qui se rapproche du coup de cœur. Je ne pourrais pas vous mentir en vous disant que je n’ai pas apprécié le livre alors que c’est totalement le contraire. Pourtant, sa comparaison avec « Nos étoiles contraires » a vite fait de me refroidir. Lorsque je me suis lancé dans la lecture, je me suis rendu compte dès le début qu’il n’allait en rien pouvoir être comparé à l’œuvre de John Green. Le roman de Jennifer Niven est unique dans le traitement d’un sujet sensible : le suicide. La couverture est magnifique, je me serai sans hésiter retourner dessus en librairie. Et le résumé… je ne l’avais pas lu, pour avoir de la surprise lors de la lecture. J’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, un très bon bouquin !

  Dès le départ j’ai su que j’allais adorer. L’auteure nous place directement là où ça fait mal, n’hésite pas à mettre Violet et Finch dans une situation cocasse. Un saut et ça en est fini pour eux. Pour ceux qui ne se connaissent pas encore mais qui se retrouvent pourtant en haut de ce clocher au même moment. La vie est parfois faite de hasard et de conséquences. Ce qui est sûr, c’est que la rencontre entre Violet et Finch va amener des conséquences pour l’un et pour l’autre. L’auteure pose ses bases, nous présente ses personnages, leurs environnements, leurs vies et leurs problèmes. Avoir une vision d’ensemble est important dans ce roman pour bien comprendre les enjeux. Jennifer Niven a réussi à le faire, d’une manière aussi simple qu’efficace.

  Les personnages sont vraiment le cœur du récit. Ce sont eux qui le portent, qui le soulèvent pour l’exploiter et le rendre plus beau. D’un côté on a Violet, la jeune fille qui était avant populaire et aimée de tous. Depuis l’accident de voiture de sa sœur, elle voit la vie comme un long tunnel où il est difficile de sortir. Sa sœur était tout pour elle et l’avoir perdu l’a mise plus bas que terre. Puis il y a Finch, ce mec déluré, un peu timbré par ce qu’il entreprend. Quand on connaît son histoire, sa famille, son père… on comprend pourquoi il y a cette ambivalence chez lui. Pourquoi il peut-être aussi bien solaire que ténèbres. Pourquoi il cache son côté suicidaire. Finch est un garçon sensible et altruiste qu’il peut parfois cacher derrière son côté bizarre. Ce mec m’a parfois fait pouffer de rire et m’a parfois fait peur. J’aurai adoré avoir un ami comme Finch. Violet à son contact va évoluer au fil de l’histoire et se rendre compte que peut-être… d’une certaine manière, la vie vaut la peine d’être vécue. Entre eux, ce duo, ce couple est complémentaire. Chacun va apprendre de l’autre, chacun va tirer des enseignements de l’autre. Une complémentarité qui met en avant une relation humaine avant d’être une relation amoureuse.

  Le rythme est vraiment bon. Vous lisez, vous lisez et vous lisez encore sans butter sur aucun mot. Sans comprendre pourquoi les phrases coulent de source. C’est comme si cette histoire était faite pour moi, comme si elle me happait de l’intérieur. Je peux vous dire qu’il y a des passages où mon petit cœur a failli s’arrêter tellement j’avais mal. Les chapitres ne sont pas très longs, l’auteure alterne entre le point de vue de Finch et celui de Violet. On les comprend donc chacun de leur côté. Et on aimerait les aider chacun de leur côté. Le thème développé par Jennifer Niven est dur. Parler du suicide dans un livre est difficile, mais sachant que l’auteure a pu vivre ce qu’a vécu Violet. On sait qu’elle est faite pour raconter son histoire. On sait qu’on peut se fier aux sentiments qu’elle décrit et au ressenti qu’elle a pu éprouver. Le traitement de ce thème a été fait avec brio, sans chichi, sans superflu. Ça va droit au but, c’est efficace et ça fait réfléchir. C’est un des meilleurs romans sur ce thème que j’ai pu lire.

  Le style de Jennifer Niven est juste magnifique. Une fluidité incroyable. Les situations choisies permettent de mettre en scène les mots et elle a su les choisir avec une grande délicatesse. Je ne regrette pas d’avoir pu lire sa prose, d’avoir été au plus près de ses personnages. Et du même fait, de ce qu’elle a pu vivre. La fin est juste… je ne saurai qualifier la fin sans vous spoiler. Mais une chose est sûre, Finch a pensé à tout. Et quand je vous disais que ce gars-là est complètement altruiste, je pense que j’avais raison. Le petit bémol qui ne fait pas du livre un coup de cœur, quelques longueurs vers le milieu du roman. J’ai trouvé qu’on ralentissait un peu. Mais franchement à part ça, lisez ce roman, plongez vous dans les vies si tourmentés de Violet et Finch. Vous n’allez pas être déçus.

Ma note : 8,5/10.

Merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour ce partenariat !

mercredi 24 juin 2015

Chronique : Les Déviants de Westley Diguet


Les Déviants de Westley Diguet. (Genre : Amour, Drame).

Editions : Westley Diguet
Prix : 10€
Année de parution originale : 2015

  .Résumé : Paris, France, 2022, Tyler et Alexandre vivent en couple depuis plusieurs années lorsque le Lord arrive au pouvoir. La France s’assombrit et bientôt l’Europe toute entière sombre dans un chaos indescriptible. « Les Déviants » sont fichés, interpellés, privés de leurs droits et petit à petit, on voit leur nombre diminuer. « Les Déviants » sont les hommes qui aiment les hommes, les femmes qui aiment les femmes… Ils sont devenus des cibles, des sous-hommes, et la traque a déjà commencé. Fuir est une possibilité, mais le secret que les deux jeunes hommes gardent dans leur cœur, les retient dans l’ancienne Ville Lumière… Prêts à tout pour le protéger, ils mettront leur vie en danger. Pour l’Amour, contre l’Injustice.


  .Lorsque Westley a sur sa page parlé de son action pour l’association « Le Refuge », je n’ai pas hésité à commander son roman. Si lire peut amener à faire un petit geste, je suis pour. De plus, c’était l’occasion pour moi de découvrir sa plume. « Les Déviants » possède une magnifique couverture, tellement représentative du bouquin. L’illustrateur a totalement cerné l’intensité de la scène se déroulant dans le roman… franchement chapeau ! Le résumé, je l’avais lu en avril, lors de ma commande… mais je n’avais plus tous les détails en tête. J’ai passé avec ce court roman de 144 pages, une lecture incroyable !

  .Le prologue m’a de suite happé dans cette histoire. L’auteur rentre dans le vif du sujet dès le départ. Il met en relief la différence de nos personnages. Une différence qui fait mal et qui ronge. Une différence qu’on marque d’un tissu de couleur rose… comme avec l’étoile juive pendant la 2nde Guerre Mondiale. Le parallèle ne cessera d’être fait durant le roman. Et j’ai trouvé l’idée incroyable bien qu’elle soit très extrême. Je ne doute pas que ma chronique sera contradictoire. Parce que je vais vous dire que j’ai aimé et adoré… Mais dans l’autre sens, les personnages vivent des choses horribles et Westley Diguet n’hésitent pas à pousser au maximum ses idées.

  .Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé avec les personnages. Ils m’ont profondément touché et ému. D’une manière incroyable, forte et sincère. Tyler est le personnage qu’on va suivre. A travers son regard, on voit l’amour qu’il porte à Alexandre. Un amour inconditionnel et profond. C’est un jeune homme qui ne cessera de se battre pour sa cause. Il est courageux, bon et altruiste. Un homme profondément porteur de valeurs humanistes. Quant à Alexandre, il possède les qualités de Tyler. Mais comme le dit si bien ce dernier, il est encore plus brave et courageux que lui. Parce qu’à la différence de Tyler qui veut se rebeller, Alexandre se tait et rentre dans le rang. C’est un couple uni et soudé, dont l’auteur a parfaitement réussi à nous montrer l’intimité. Même celle la plus profonde. Je regrette qu’on ne connaisse pas plus leur passé… Mais ils restent des personnages attachants au possible. Je me contenterai de ces personnages, parce que je veux vous laisser la surprise de la découverte.

  .Le rythme de l’histoire et de l’intrigue est dingue. En 144 pages, il se passe énormément de choses. Alors certes, tout n’est pas expliqué dans le détail. Difficile de raconter une histoire complète avec si peu de pages. Mais sincèrement, je m’en moque. L’auteur va à l’essentiel, narre ce qui compte réellement. Et on ne peut pas s’arrêter de tourner les pages. Les chapitres ne sont pas longs ce qui amène une fluidité supplémentaire au récit. Rien n’est superflu, tout est à prendre et à assimiler… parce que ce simple roman est porteur de messages et de valeurs importantes.

  .A travers cette petite dystopie, les homosexuels sont traqués pour être éradiqués. L’idée fait réfléchir, surtout que l’histoire se déroule en 2022… pas si loin de nous au final. J’aurai aimé que Westley Diguet nous explique plus l’ascension au pouvoir du Lord, qu’il nous explique plus en détails la mise en place de ce régime. Après, je sais qu’en peu de pages, il est difficile de tout décrire. Mais j’ai trouvé son idée extrêmement culottée et forte, bien qu’elle soit choquante aussi. Parce que dans son monde, l’auteur ne fait pas dans la demi-mesure. C’est oppressant, heurtant, violent et surtout déchirant. Un futur que le lecteur réussi à assimiler et à comprendre. Et on veut évidemment se battre pour sauver les droits des « Déviants ».

  .Le style de l’auteur m’a énormément plu. Il a une manière d’écrire qui est très touchante et sincère. C’est un style qui m’a immergé dans l’histoire. Sa description des scènes est remarquable et je peux vous dire que j’ai eu ma petite larme. Il y a une telle sincérité dans son écriture, qu’on sent que ça vient du cœur. Les émotions sont fortes, vous ne ressortirez pas indemne de votre lecture. Autant dans les émotions positives que négatives. Ce combat mené par Tyler et Alexandre m’a vraiment mis mal au ventre parce que c’est beau. La fin m’a énormément plu, surtout l’épilogue ! Je ne peux que vous recommander ce bouquin. Parce que Westley Diguet décrit l’amour dans ce qu’il est, dans son plus simple appareil.

.Ma note : 9/10.

Les exemplaires des « Déviants » seront disponibles à l’achat au Salon du Livre de Poitiers et à la Japan Expo. Si après ces événements, il reste des exemplaires à l’auteur, il les mettra en vente sur Amazon. Merci de votre compréhension.

dimanche 21 juin 2015

Chronique : Hate List de Jennifer Brown


Hate List de Jennifer Brown. (Genre : Drame, Jeunesse).

Editions : Albin Michel
Prix : 15€ (Lecture Commune)
Année de parution française : 2012
Année de parution originale : 2009
Titre version originale : Hate List.


Littérature

Hate List, la fusillade de l’incompréhension

Le roman jeunesse sorti en 2012 aborde à travers le personnage de Valérie le thème de la reconstruction de soi.

  Sorti en 2012 aux éditions Albin Michel, Hate List est un roman d’actualité tant par son thème que par les valeurs retranscrites dans l’histoire. Il a été élu meilleur livre de l’année par la School library journal et par l’American library association. Ce roman qui fait étrangement écho à la loi sur le port d’armes aux Etats-Unis. Jennifer Brown y aborde le sujet d’une fusillade dans un lycée. Autour de ce thème, l’histoire invite à s’interroger sur la psychologie du personnage principal, Valérie. A la fois torturée moralement, humiliée et incomprise, elle va devoir réapprendre à vivre après le drame qu’a connu son lycée.

  « C’est moi qui ai eu l’idée de la liste. Je n’ai jamais voulu que quelqu’un meure. Est-ce qu’un jour on me pardonnera ? » C’est ce que pense Valérie, effondrée après la tuerie inexplicable survenue au lycée Garvin où elle étudie. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu’ils ont écrite pour s’amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l’établissement. Certains sont blessés. Beaucoup sont morts. Et Nick s’est suicidé, emportant son secret pour toujours. Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses. Jusqu’au matin, où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée…

  Comment cette jeune fille va-t-elle faire pour reprendre goût à la vie ? Blessée elle aussi dans la tuerie, certains pensent qu’elle est une victime. D’autres disent encore qu’elle est aussi responsable que Nick de ce drame. Valérie est l’instigatrice de la « liste de la haine », certains déduisent rapidement qu’elle doit être inculpée de tous ces meurtres. Pourtant Valérie n’a jamais voulu mettre à exécution ses paroles morbides. Elle ne pensait pas que son amoureux irait aussi loin. Qu’il passerait à l’acte d’une manière aussi brutale. Valérie et Nick ont des ennemis parce qu’ils sont considérés comme des loosers. Cependant elle s’accommode de sa petite vie. De ses amis aussi loosers qu’elle et de sa famille soudée. Tout porte à croire qu’après la tuerie, elle ne réussira pas à se relever. Pourtant la rencontre avec un psychologue va la faire avancer.

  Jennifer Brown aborde des thèmes qui touchent les adolescents. Le deuil d’un être cher qui nous hante. La reconstruction de soi après un traumatisme majeur. Le déchirement d’une famille qui était jusque là unie. Les a priori, les doutes, les apparences, le dépassement de sa personne et l’espoir d’un bonheur prochain. L’intrigue est construite entre le passé et le présent. Le passé pour décrire le drame connu par les élèves du lycée de Garvin. Pour savoir si Valérie a oui ou non, joué un rôle de complice. Le présent permet au lecteur de voir l’évolution de la jeune fille. Comment les autres la perçoivent. Comment une ennemie peut se révéler être celle qui l’aide à se sentir mieux. Comment ses propres parents eux peuvent avoir des doutes…

  Ce roman fonctionne comme une thérapie. Le lecteur voit à travers le point de vue de Valérie sa réinsertion dans la société. De quelle manière cet oisillon va trouver un courage exceptionnel pour prendre ses ailes et s’envoler. Comment grâce à une rencontre, sa vie bascule de manière positive. Un roman où le style de l’auteure met en valeur les sentiments. Des sentiments bruts, sincères et profonds même dans le malheur. Des sentiments qui ne vous laisseront pas indifférents.

Mathieu M

Ma note : 8,5/10.

La chronique de Guillaume pour cette lecture commune : ICI.

jeudi 15 janvier 2015

*Vidéo* : Mon Carnet Livresque #34


Bonjour les amis !

Aujourd'hui une petite vidéo pour faire le point sur mes lectures :) J'en ai pas mal à vous présenter et certaines ont vraiment été excellentes ! Du bon, du bon je vous le dis *-* En tout cas j'espère vous tenter un petit peu ^^ Bon visionnage !

Enjoy <3

Mes lectures passées :
  
  

Ma lecture en cours :

Mes lectures futures :
 

Chronique : Un garçon si gentil / Les carcérales de Magali Wiéner


Un garçon si gentil / Les carcérales de Magali Wiéner. (Genre : Jeunesse, Drame).

Editions : Milan
Prix : 12,50€ (Partenariat)
Année de première parution : 2010
Année de dernière parution : 2014

  .Résumé : La soirée s’annonce bien pour Rodrigues, ce garçon si gentil : fête de la Musique, bière et rock’n’roll. Et puis ce concert avec Aurélie, qui semble ne chanter que pour lui. Des regards qui s’échangent, l’alcool qui fait du bien, des envies plein les yeux… Une nuit qui tient ses promesses. Rodrigues est heureux. Jusqu’au lendemain matin, où le cauchemar commence…


  .Où comment une couverture ne rend pas du tout service au livre. Telle est la phrase qu’on pourrait clamer. Franchement, en regardant la couverture, je n’ai pas du tout eu envie de m’attarder sur cette histoire. Je pense que si les éditions Milan ne me l’avaient pas envoyé, je serai passé à côté d’une belle tragique histoire. J’ai tellement d’images dans ma tête qui pourraient rendre justice au design du bouquin. Mais ne vous fiez pas aux apparences, parce que ce récit est tellement réaliste qu’il en devient obsédant.

  .Le début est tout en douceur, tout en légèreté. C’est la promesse d’une belle soirée pour notre protagoniste. L’auteure ne prend pas forcément le parti de présenter Rodrigues ou même sa famille, mais on s’en moque. Ici, c’est l’écriture de l’auteure qui nous pousse à continuer. Je dirai même qu’elle ne nous pousse pas, on continue sans s’en rendre compte. On va vite arriver à ce qui se passe dans le résumé pour avoir le plaisir de découvrir une histoire qui s’ancre tellement dans la réalité que ça en devient dérangeant.

  .Rodrigues, notre personnage principal est un jeune homme qui m’a beaucoup touché. Je n’ai cessé d’être à ses côtés durant toute sa galère. C’est un jeune homme sans histoire qui va devoir faire face à tellement de choses. Et puis ses sentiments sont très bien retranscrits par Magali Wiéner. Incompréhension, doute, colère, renfermement, repli sur soi… ça nous touche, ça nous percute et on se sent affreusement mal pour lui. On va apprendre à le connaître au fil des pages. On va s’attacher d’autant plus à lui. Et ça fend le cœur. Je dirai que Rodrigues est vraiment le pion autour duquel tout va s’articuler. Aurélie ne fera que de brèves apparitions, mais je ne l’ai pas du tout aimé. Il y aura aussi la mère de Rodrigues, Wall, Azziz et bien d’autres. Qu’on veuille du bien ou du mal à Rodrigues tous porteront son histoire.

  .Le rythme est quelque chose qui m’a obsédé dans ce roman. Le texte est découpé en plusieurs parties qui retracent la vie, le parcours de Rodrigues. Elles sont de longueur variable mais elles n’empêchent pas l’intrigue d’être percutante et prenante. Les pages, les paragraphes, les phrases, les mots, tout se lit tellement vite. L’histoire est aussi entraînante parce que Rodrigues va subir et faire énormément de choses. On va le suivre chez lui, à la gendarmerie en garde-à-vue, à la prison des mineurs et lors de son passage devant la cour d’assises. Et j’en viens au point le plus important du récit.

  .Je fais des études de droit et je peux vous dire que l’auteure a très bien su transposer la réalité dans son récit. Les procédures, les interrogatoires, la garde-à-vue, la détention, la prison, la cour d’assises… tout est bien expliqué, tout paraît tellement réel qu’on en prend plein la tête. On sent une sincérité, une authenticité dans ce qu’elle écrit. L’auteure transmet des messages sur les victimes, les auteurs d’agression, sur la justice et la prison. Elle met en avant ce qu’on résume souvent par : « ce sera sa parole contre la tienne. » Parce que ce roman c’est ça. On se sent incompris, on doute des choses. On se remet totalement en question, on essaie d’avancer, de se relever et de se battre contre ce qu’on pense être un mensonge ou une vérité selon le point de vue.

  .L’écriture de l’auteure est tellement exceptionnelle ! Elle est percutante, incisive, prend aux tripes, fait accélérer notre lecture. C’est un style qui nous dépasse et qui nous permet de ressentir les émotions d’une manière forte. Des phrases courtes, voir des phrases avec un seul mot. Si la fin m’a permis d’espérer au dernier moment une chose, j’ai regretté qu’elle soit vite expédiée. C’est la seule chose que je pourrais reprocher au roman. Franchement, n’hésitez pas et ne vous arrêtez pas sur la couverture. Ce bouquin est un vrai page-turner qu’il faut mettre entre toutes les mains. Et surtout entre les mains des plus jeunes. Pour leur faire comprendre qu’un dérapage est si vite arrivé.

.Ma note : 9/10.

Merci à Elodie et aux éditions Milan pour ce partenariat !